samantha-bonne-rien-J’estime à une quinzaine de lectures ma boulimie de chicklit en quelques semaines. Je me shootais au fond de mon lit, mais j’encourage vivement les ( sales petites ) veinardes à profiter des bienfaits de cette littérature jouissive les orteils bien calés dans le sable, un mojito à la main.

Pendant ces quelques semaines, j’ai découvert des romans pas franchement transcendants mais aussi des petites pépites de chicklit.

Et comme je suis de bon poil aujourd’hui, je préfère vous causer d’un de ceux que j’ai apprécié, et son auteure ne vous est sûrement pas inconnue puisqu’il s’agit de Sophie Kinsella. En tout cas, moi je la connais et notre histoire d’amour dure depuis le début de l’année 2011!

Sophie a la trentaine et elle a de belles dents. Ca on le voit en ouvrant la toute première page du bouquin où trône un portrait souriant. On apprend aussi qu’elle est devenue une véritable star outre-manche, sans doute grâce à sa série de l’ Accro

Et je ne peux résister à l’envie de vous fournir sa courte bibliographie ( peut-être qu’elle vous sert à rien, mais pour moi c’est une sorte de liste de courses ) :

Sous le nom de Sophie Kinsella
  • Très chère Sadie, 2010
  • Mini Shopaholic, 2010
  • Lexi Smart a la mémoire qui flanche, 2009
  • L’ Accro du shopping attend un bébé , 2008
  • SAMANTHA BONNE A RIEN FAIRE , 2007
  • L’Accro du shopping a une sœur , 2006
  • Les petits secrets d’Emma, 2005 
  • L’Accro du shopping dit oui , 2004
  • L’accro du shopping à Manhattan , 2003
  • Confessions d’une accro du shopping , 2002 – Lu et avis à venir !
Sous le nom de Madeleine Wickham
  • Un week-end entre amis, 2007
  • Des vacances inoubliables, 2002
  • Drôle de mariage , 2001
  • Une maison de rêve, 1999
  • La madone des enterrements, 1999

Dans mon article sur LES PETITS SECRETS D’EMMA, je vous faisais part de mon envie folle de me procurer la bibliographie complète de Sophie Kinsella. J’ai quasiment tenu ma parole en quelques semaines, puisque j’ai boulotté tous ses romans d’affilée. Une véritable drogue !

J’ai même acheté le DVD de l’adaptation cinématographique des aventures de Becky Bloomwood ( notre fameuse ACCRO ) qui s’est révélé…euh…un peu beaucoup merdique ^^
Pour l’instant, ma seule déception dans les romans de Sophie fut DRÔLE DE MARIAGE paru sous son pseudonyme Madeleine Wichkam. Heureusement que je n’avais pas débuté mes lectures Kinsella par celui-ci car sinon j’aurais boudé l’auteure et raté cette série de l’ ACCRO !
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Comme d’habitude, je vous laisse découvrir en photo jointe à l’avis le synopsis officiel de la 4ème de couverture que je trouve inutile de recopier ici.
Je préfère laaargement vous fournir ma version des faits.
Heureusement les éditions Pocket ( qui commercialisent le bouquin 7 euros ) n’ont pas commis l’énorme bourde qui me restera à jamais en travers de la gorge : ils avaient révélé au dos du roman un évènement capital mais tardif dans le livre LA CELIBATAIRE de Carrie Adams.
Ici le synopsis remplit son rôle, à savoir donner envie de lire le roman ! Ceci dit, le journaliste d’Ouest France qui a écrit qu’il prodiguait « deux réjouissantes heures de lecture » se la pète.
Oui il se lit vite, mais en deux heures, euh….Je lis déjà à un train d’enfer, mais je n’en suis pas venue à bout aussi rapidement !

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Samantha est une brillante avocate à La City, suivant les traces de sa mère depuis l’âge de 14 ans. Elle n’a pas eu un seul jour de congé depuis des siècles, travaille nuit et jour pour accomplir son plus grand rêve : devenir associée du cabinet où elle bosse.

Cette vie lui convient tout à fait, et elle se convainc que son boulot sera moins harassant le jour où elle atteindra son Saint Graal, sa raison de vivre : sa promotion officielle.

Ce jour arrive enfin, mais pas de bol : une erreur monumentale de sa part met l’un de ses clients dans le plus gros des pétrins financiers. Quand elle s’en aperçoit, seule dans son bureau, elle entre dans un état second : elle sait que sa carrière est foutue, elle part à pieds, en transe…et finit dans la campagne profonde. Dans ce trou paumé, elle viendra toquer à la porte d’un autochtone pour obtenir un verre d’eau et sur un énorme malentendu , elle devient la «bonne à tout-faire» d’un couple de nouveaux riches .
Pour elle qui n’a jamais cuisiné de sa vie ( pas le temps ), qui croit qu’un plumeau est une race d’oiseau, qui trouve que les consignes d’utilisation d’un lave-linge sont mille fois plus obscures que les clauses des contrats de ses anciens clients, la vie va alors basculer.
Comment va-t-elle réussir à tromper le couple d’anglais pour qui elle travaille?
Va-t-elle réussir à cuire des pâtes? 
Comment va réagir son cabinet d’avocats?
Va-t-elle s’acclimater à cette nouvelle vie ou fuir à nouveau?
Autant de questions qui trouveront des réponses au fil de ces 409 pages.
Le suspense est insoutenable non? ^^

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Cette histoire semble un peu abracadabrante, mais le roman s’est pourtant révélé très savoureux. Alors quels sont les ingrédients qui font de cette Samantha une héroïne qu’il faut découvrir à tout prix?

Selon moi, le meilleur type de narration pour les romans de chicklit reste le récit à la première personne . Il permet de vraiment fouiller les tréfonds des pensées du personnage principal avec comme corollaire direct de s’y attacher beaucoup plus facilement.

Ici, Sophie Kinsella parvient à nous faire aimer son héroïne, à nous faire partager ses difficultés domestiques, à nous plonger dans ses doutes existentiels quand viendra le moment de choisir sa propre vie. Car entre bonniche et avocate d’affaire, il y a quand même une sacrée marge hein.

Comme d’habitude avec cette romancière, le récit est fluide . Le vocabulaire employé est simple et sans chichis.
J’avoue, j’ai pas tout entravé aux subtilités qui concernent les contrats liant le cabinet aux clients. Mais peut-être est-ce voulu de la part de Kinsella de vouloir rendre cette partie un peu rébarbative et chiante pour mieux savourer la vie simple qu’offre la campagne et un boulot de «petites mains»?…

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Même si j’ai tiqué devant le quiproquo qui mènera Samantha à devenir gouvernante, assez peu crédible dans la «vraie vie» ( en même temps , quand je me penche sur la question , je m’aperçois que peu des histoires de chicklit sont véritablement crédibles dans certains passages farfelus ), le scénario est finalement tout simple mais Sophie parvient à nous tenir en haleine jusqu’au bout du roman.

Et c’est tout ce qui compte dans la chicklit : un scénario tout bête facile à suivre.
Là où Kinsella a vraiment du génie, c’est que derrière cette histoire de femme qui cherche sa voie en tapant dans les extrêmes, elle a réussi à m’ouvrir les yeux, à me faire faire une petite introspection sur mes buts.

Je n’avais aucun apriori sur ce que certains considèrent comme des «sous-métiers» ( j’ai été serveuse et caissière pendant mes périodes de chômage , et j’ai réussi à clouer le bec à plus d’un bourge qui se croyait supérieur à moi ) mais j’avais une vision assez idyllique de la vie d’un grand avocat d’affaire qui selon moi, naviguait entre voitures de luxe, villas luxueuses, voyages magnifiques et surtout un temps de repos important pour un salaire de dingue.
J’ai découvert une partie de ce monde obscur, et le tableau n’est pas si beau qu’il n’y paraît.
J’ai vraiment adoré être immergée tantôt dans le vacarme citadin de Londres et de sa vie à cent à l’heure , tantôt dans le calme paisible des campagnes anglaises. Et finalement, ce scénario tout simple est vraiment un prétexte tout trouvé pour que le lecteur s’interroge sur le mode de vie qu’il préfère, avec ses travers et ses qualités.

 

Je m’étais tellement bidonnée avec LES PETITS SECRETS D’EMMA qu’il paraît difficile de le surpasser.
Effectivement, les aventures de Samantha sont moins drôles.
Ca veut pas dire qu’on s’ennuie à mourir, loin de là, mais l’héroïne est carrément moins gaffeuse que sa compatriote.
Par contre, elle est dotée d’un potentiel énorme…de mauvaise foi !
J’ignore si c’est réellement le terme mais je vais expliquer ce que j’entends par là. En gros, quand sa patronne lui dit de faire un truc, elle dit «bien sûr Madame» en oubliant volontairement de préciser qu’elle ne sait pas faire ce truc, donc elle se tait et tente de se dépatouiller toute seule. Cela donne lieu à de bien belles scènes à base de farine, de lessive ou de meubles récurés qu’il ne fallait surtout pas récurer…. Et pour éviter de se faire griller par la patronne, Samantha va user de bien des ficelles pour rattraper toutes ses bourdes ^^

Dès le début du livre, on sentait de toute façon que l’histoire allait donner lieu à de grands sourires hébétés devant nos pages tournées..Samantha ne connaît rien à rien, habituée à se nourrir de café, à s’habiller en tailleur cintré, chignon solide sur le dessus de la tête et surtout à ne jamais se reposer.. Comment une telle femme peut soudain devenir gouvernante et surtout SURTOUT réussir à tromper son monde?

Vous allez adorer le découvrir !
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La réussite de ce roman réside aussi dans la capacité qu’a Kinsella à nous faire aimer ou au contraire détester les personnages de l’histoire.

On ne pourra qu’aimer Samantha grâce au récit à la première personne. Mais on se surprend aussi à apprécier le couple de nouveaux riches qui l’emploie :Trish et Eddie sont des employeurs attachants malgré leurs travers…ils seront pas mal dupes aussi, mais c’est avec délice qu’on dévore le passage où ils découvrent le pot aux roses…
Leur nièce par contre est une fieffée connasse, qui traite Samantha comme de la merde et n’aspire qu’à devenir avocate…Samantha découvre avec horreur qu’elle était comme ça à Londres…

Vous découvrirez aussi Nathaniel, le jardinier du couple qui s’occupe de fournir à Samantha les légumes dont elle a besoin pour ses tambouilles…et qui percera vite son secret ! Pas né de la dernière pluie, cet homme d’allure modeste mais vachement sympa prendra de plus en plus d’importance au fil des pages. Sa maman sera d’un grand secours à Samantha, lorsqu’elle se rendra compte que sans aide extérieure, elle ne pourra jamais faire cuire une tarte toute seule.

Du côté de la City, on apprendra à détester la mère de Samantha , une grande avocate divorcée qui fera tout pour que sa fille lave son honneur ( et le sien par la même occasion ) et réintègre une grande firme. Elle ne vit que pour son boulot, n’a jamais donné d’amour maternel à ses deux enfants, leur préférant les livres sterling et les contrats juteux.

Et il y a tous les collègues de Samantha, ceux qui lui prédisaient un bel avenir et ceux ( peu nombreux ) qui ne croyaient pas en elle. Bizarrement, tout le monde va lui tourner le dos, y compris Guy, son charmant collègue avec qui elle avait raté le coche des années auparavant, et qui par la suite ne manquera pas de tout faire pour que Samantha revienne au cabinet…

Dans les 50 dernières pages, je n’avais qu’une envie : choper Samantha par le colbac et lui hurler « mais tu vas te décider bordel?»

J’ai adoré cette dernière partie où tout se joue pour l’héroïne : son avenir n’appartient qu’à elle et elle changera plusieurs fois de décisions…Avant de choisir la bonne dans les dix dernières pages ^^
Et même si ça m’a un peu exaspérée cette attente, avec le recul je me dis que j’aurais mis environ 3000 pages à me décider moi, si j’avais eu affaire à un tel choix.
J’ai donc vraiment apprécié que le suspense soit bien conservé jusqu’au dernier moment, et surtout que les péripéties s’enchaînent à bonne vitesse vers le milieu du roman. Car évidemment, on ne pouvait pas se contenter de 400 pages de «Samantha découvre la campagne» ou alors on se serait sérieusement emmerdés.

Il va se passer quelque chose qui va relancer toute l’intrigue…Mais évidemment je ne vous en toucherai pas un traître mot, hihihi !

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Un EXTRAIT pour vous donner envie !

Page 94.

Samantha effectue sa première journée de travail comme gouvernante chez ses nouveaux patrons , Trish et Eddie Geiger . Elle est convaincue que c’est sa première et dernière journée et qu’elle rentrera à Londres le soir venu …

— Merci, Samantha, dit Trish en inclinant la tête d’un mouvement gracieux. Ce sera tout pour l’instant.
J’ai l’impression d’être tombée dans un film historique de James Ivory, genre Les Vestiges du jour ou Retour à Howards End . Sauf qu’au lieu de costumes d’époque, les protagonistes portent un jogging rose et des tenues de golf.
— Euh… comme Madame voudra, dis-je en jouant mon rôle.
Puis, machinalement, je fais une révérence.
Le temps s’ arrête. Les Geiger me contemplent, éberlués.
— Samantha… vous venez de… me faire la révérence ? s’étonne Trish.
Je la regarde, paralysée.
Ca va pas la tête? Pourquoi ai-je fait un truc pareil ? On n’est pas dans Gosford Park non plus.
Ils continuent à me regarder comme une bête curieuse. Il faut que je dise quelque chose.
— Les Edgerly aimaient que… je fasse la révérence. J’en ai pris l’habitude. Désolée, Madame, je ne recommencerai pas.
J’ai le visage en feu.
Trish, elle, m’examine comme si elle tentait de me percer à jour. Elle doit se rendre compte que tout est bidon, elle doit…
— Ca me plaît, finit-elle par dire, et elle hoche la tête en signe de satisfaction. Oui, ici aussi, vous pouvez faire la révérence.

Hein?
Nous sommes au XXIème siècle. Et je dois faire la révérence à une bonne femme qui s’appelle Trish?
Je suis sur le point de protester – mais je la ferme.
Aucune importance. Rien n’est réel. Je peux faire la révérence le temps d’un matin.

samantha - 1

Sophie Kinsella m’a une fois de plus charmée avec l’histoire de Samantha , l’histoire d’une femme confrontée malgré elle à des choix de vie qu’elle n’aurait jamais soupçonnés avant de commettre une erreur monumentale. Le récit à la première personne m’a plongée directement dans le ciboulot de cette jeune trentenaire célibataire qui se cherche .
Par ailleurs, le style simple et épuré du roman vous fera dévorer cette histoire de 400 pages en seulement quelques heures, un gage de véritable qualité pour moi qui n’ai pas réussi à m’en détacher les trois jours où il faisait office de livre de chevet 🙂
L’humour même s’il n’est pas omniprésent est assez jubilatoire , surtout lorsqu’il s’agit des difficultés domestiques que rencontre Samantha . Et un truc que j’adore : l’histoire est simple mais bien ficelée et imprévisible jusqu’aux dernières pages !

Au final , si vous avez envie de découvrir Sophie Kinsella autrement que par sa saga de l’ACCRO ( soit parce qu’elle ne vous branche pas, soit parce que vous l’avez déjà dévorée  ) je vous conseille fortement de découvrir SAMANTHA BONNE A RIEN FAIRE , encore un petit bijou de l’auteur , peut-être sur un sujet plus grave que les déboires financiers de Becky Bloomwood , mais qui reste indubitablement jouissif !
Tout le long du roman , je me disais que ce roman serait un petit régal à adapter au cinéma … Quel producteur prendra le risque?

Satisfaction : 8 / 10

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J’estime à une quinzaine de lectures ma boulimie de chicklit en quelques semaines. Je me shootais au fond de mon lit, mais j’encourage vivement les ( sales petites ) veinardes à profiter des bienfaits de cette littérature jouissive les orteils bien calés dans le sable, un mojito à la main. Pendant ces...
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