( Le journal de Carrie – C. BUSHNELL ) Ex & the City ou l’adolescence de Carrie Bradshaw

journal0Les lectures qui me branchent le plus depuis quelques temps, ce sont les romans qui te fatiguent pas le neurone . Et comme l’été arrive, que les pouffes débarquent en masse sur les plages et ont envie de se détendre du cervelet, je pense qu’elles ne pourront que se satisfaire de la pléthore de billets que je prévois de balancer . De la chicklit , uniquement de la chicklit !

Pour ceux qui ne connaîtraient pas (encore) ce genre littéraire dont l’expansion fut fulgurante au cours des 10 dernières années, la chicklit signifie littéralement «littérature pour poulettes» . Autrement dit, de la bonne grosse vieille lecture de gonzesses. Mais attention à ne pas confondre avec les romans à l’eau de rose !

Dans ce genre de bouquins, on traite beaucoup plus de plans fesses que de grandes histoires d’amour ( même si au fond, c’est toujours le but des héroïnes de trouver leur prince charmant ^^ ) on parle mode, on cancanne, on voyage….
Bref les personnages sont finalement assez caricaturaux puisqu’il s’agit souvent de :

  • nanas
  • qui bossent dans les médias et s’ennuyent dans leur boulot
  • changent de mecs presque aussi souvent que de string
  • aiment passer des soirées entre nanas à parler boulot/mecs/strings.

Mais figurez-vous qu’avec LE JOURNAL DE CARRIE , on ne rentre pas trop dans ce registre.

Et d’ailleurs, si le nom de Candace Bushnell ne vous dit absolument rien, il est presque nécessaire de vous faire un petit topo succinct.

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Le petit topo suc…seins

roaaaa c’était faciiiile ! )

Candace Bushnell n’est autre que la maman de la chicklit en général, et de l’héroïne ultra-connue Carrie Bradshaw en particulier . Si ce nom ne vous dit rien non plus ( à part des visites contrariantes chez le dentiste – hu hu la blague pourrie ! ) je peux pas faire grand-chose pour vous : il va falloir se cultiver un peu à grands coups d’épisodes de SEX & THE CITY dans la face.

Ouais, Carrie c’était le personnage principal de cette série légendaire diffusée pendant des années sur M6. Cette série qui osait tout ( en tout cas qui osait en parler, mais pas le montrer pour ne pas tomber dans le vulgaire ) en 20 minutes par épisode.

Avant d’être une série à succès donc, l’héroïne Carrie était l’héroïne des romans de Candace Bushnell et avant les romans, Candace tenait une chronique dans le New York Observer appelée Sex & The City dès 1994. Vous suivez toujours? L’auteur a avoué que Carrie était en fait son alter ego ( elles ont même leurs initiales en commun ! )

Pour ma part, j’ai découvert la série quand j’étais ado. Je n’ai pas accroché tout de suite ( je pense que j’avais surtout honte de mater un truc qui parlait de sexe ^^ ) mais j’y suis revenue quelques temps après, pour ne plus jamais décrocher. J’avais ensuite lu le bouquin éponyme avec grand-peine mais c’était toujours la version télévisée que j’adulais.

Parmi les romans de Candace ( ouais j’ai l’impression que c’est une intimeje l’appelle par son prénom ), j’ai lu récemment Cinquième Avenue qui m’a énormément déçue et je m’étais juré d’attendre un peu pour découvrir un nouveau roman de son crû. Je ne me rabaisserais pas à recopier sa bibliographie ici : non seulement vous pouvez la trouver en 2 clics surWikipédia , mais vous la trouverez aussi en première page de ce roman !

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Alors que je cherchais désespérément une nouveauté côté chicklit dans les rayons de la Fnac, je suis tombée sur LE JOURNAL DE CARRIE . J’ai fait fi de mes déceptions antérieures et ai déboursé les 7,10€ nécessaires à l’acquisition de ce roman de 430 pages au format Poche .

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Vous avez compris que le roman est centré autour de Carrie Bradshaw . Mais il ne s’agit pas de chroniques tournant autour des mille et un moyens de pratiquer les galipettes ou de rencontrer des hommes presque charmants. En fait, dans LE JOURNAL DE CARRIE on fait un énorme bond en arrière dans les années 80’s , pour découvrir ce qu’a été l’adolescence de notre héroïne .

A cette époque, la miss cultivait déjà sa différence en osant les leggings à rayures, en customisant son sac à mains, en fumant des pétards et en évitant la traditionnelle bande d’ados «à la mode».
Elle était entourée de deux supers amies, Lali et Maggie, avec qui elle «faisait les 400 coups.» Je mets entre guillemets car finalement, «Brad» ( le diminutif de Carrie Bradshaw pour les intimes ) est en réalité assez sage. Elle est en terminale, elle n’a pas de petit ami en début d’année et surtout elle n’a jamais couché ( couchera ou couchera pas avant la fin du roman? Ca je vous laisserait le découvrir ^^ ).
Ce qui l’intéresse par-dessus tout, c’est d’écrire des romans, peu importe le sujet et de s’installer dans la fabuleuse ville de New-York…Mais pour l’instant, elle a encore une année de lycée à torcher à Castlebury. Pendant ces 430 pages, on découvre donc ce qui se passe durant cette période-charnière.
Finalement rien de bien bandant.

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Sauf que, si on est un peu fan de la série Sex & The City , on prend plaisir à découvrir pourquoi Carrie Bradshaw est devenue ce qu’elle est en tant qu’adulte : écrivain et auteure de chroniques pour un journal dans la Grande Pomme. Et surtout comment elle y est arrivée, du haut de ses talons et du fin fond de sa cambrousse.
Les évènements qui se produisent dans ce roman ne méritent pas une série ( et encore moins un film ) mais vers les cinquante dernières pages, en gros, on comprend mieux la psychologie de l’héroïne renommée. On pige mieux pourquoi elle se comporte de telle ou telle façon avec les hommes, ce qu’elle a pu vivre comme «traumatismes» ( pareil, je mets entre guillemets parce que finalement les trucs qu’elle a vécus au lycée ne sont pas si énormes que ça, je suis même persuadée que la moitié de la population a connu ce genre d’émois, de trahisons, et de copinages… ). Mais on replace quand même le personnage dans un contexte qu’on ne soupçonnait pas. Par exemple, saviez-vous que la maman de Carrie était décédée alors qu’elle était très jeune, et que c’est son Papa qui l’a élevée avec ses deux soeurs, Dorrit et Missyouais les pauvres ! LOL)?
Tout ça et bien d’autres choses encore, vous les découvrirez le long des pages de ce bouquin !

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Je pense que ça méritait bien un paragraphe.

Autant j’avais adoré toute la série télévisée, qui ne tombait jamais dans la vulgarité mais osait parler de sexe ( et de ses satellites ) sans tabous, autant j’avais vraiment détesté le roman Cinquième Avenue tant il possédait de passages crus, à base de «bites», «nichons» et «couilles» qui n’apportaient strictement RIEN à l’histoire, si ce n’est de la vulgarité déplacée.

Dans LE JOURNAL DE CARRIE , j’ai apprécié retrouver l’héroïne dans un contexte qui ne se prête pas à un déchaînement de cochonneries ( pourtant il en faut beaucoup pour me choquer, croyez-moi !!! ) : elle est au lycée, elle ne connaît rien au sexe mais elle vit ses premiers émois amoureux, se pose des questions d’ordre général ( je précise «général» parce qu’après vient la période des interrogations plus précises LOL ) sur le sexe en général, et assiste aux élucubrations de ses camarades, tous plus différents les uns que les autres. Certains entretiennent des relations à distance, d’autres vont se vautrer dans la luxure suite à des déceptions, d’autres encore se découvrent une sexualité qu’ils ne s’avouaient pas…. Mais tout ceci sans la moindre once de vulgarité . Je ne crois même pas avoir croisé le mot «bite» ou «queue» une seule fois !
Le style global de l’auteure est vraiment fluide , sans aucune lourdeur ni passage incompréhensible et les péripéties s’enchaînent à bon train, sans risque de s’ennuyer .
Les chapitres sont nombreux puisqu’ils ne comptent qu’une dizaine de pages chacun : parfait pour interrompre sa lecture quand on a les orteils dans le sable 🙂
En gros on ne s’ennuie pas, mais l’intérêt des évènements est plutôt limité, sauf vers la dernière centaine de pages où on comprend mieux la psychologie de Carrie et que les prémisses de son échappée de Castlebury se dessinent…

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LE JOURNAL DE CARRIE est un roman agréable à lire , sans prise de tête , parfait pour se détendre du bulbe .
On y découvre la dernière année de lycée de l’héroïne méga-connue Carrie Bradshaw et comment son virage vers le monde de l’écriture et la ville de New-York s’est amorcé . La cerise sur le gâteau : les derniers mots sont en fait le nom de son contact quand elle arrive à New-York , une personne qu’elle n’avait encore jamais vue , mais qui fera parti de son trio d’amies . C’est très futé de la part de Candace Bushnell de relier ainsi les morceaux de vie de Carrie ( et vous allez passer les jours qui viennent à savoir qui de Samantha, de Charlotte ou de Miranda il s’agit. Gniark gniark je suis une grosse sadique ! )

Un roman qu’on lit très facilement grâce à un style d’écriture simple et fluide , des personnages auxquels on s’attache ( même si on a du mal à s’identifier à un groupe d’adolescents…à nos âges… ^^ ) et des péripéties en chaîne.
TOUTEFOIS l’intérêt de ce roman de 430 pages reste malgré tout limité pour qui n’est pas fan de la série Sex & The City . En effet , le gros point positif et le fil conducteur de ce livre , c’est la compréhension du rapport que Carrie a aux hommes , tant par sa relation avec son père qu’avec ses amis ou amoureux . Donc tout le monde peut le lire puisqu’il n’y a pas BESOIN de connaître la série , mais tout le monde n’y trouvera pas son compte tant l’histoire peut paraître sans intérêt au premier abord .

Pour la fans de la série , je ne peux que vous conseiller de vous procurer ce roman au format Poche pour environ 7€ . Vous le dévorerez en quelques heures au bord de la piscine ou au fond de votre lit !

Satisfaction : 7,5 / 10

PS : Sinon moi aussi j’étais sage en Terminale … C’est après que ça a dérapé 😀

PS2 : Les éditions Poche sont totalement à côté de la plaque, tant pour la première de couverture qui représente une coiffeuse jonchée de maquillage ( Carrie n’apparaît jamais spécialement coquette dans le roman ) que pour le synopsis en 4ème de couverture qui fait l’apologie d’une héroïne déjà glamour et sexy lors de son année de terminale….Tssss porte nawak !!!

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0 Commentaires

  • Jean-Baptiste Messier
    22 mai 2013 16 h 10 min

    Marrant de lire ce genre d’articles quand on est un homme, j’ai l’impression d’observer une autre planète, la planète femme à bon compte et sans être vu (enfin jusqu’à ce que j’écrive ce com’).

    • lalutotale
      22 mai 2013 20 h 16 min

      lol ! Bienvenue chez moi alors 🙂 J’adoooore avoir des lecteurs masculins ( Musclor est mon premier fan )

      • Jean-Baptiste Messier
        23 mai 2013 9 h 50 min

        Vous connaissez Musclor ?
        C’est pas banal ! 😉

        • lalutotale
          23 mai 2013 10 h 38 min

          Je suis pas très banale comme fille ^^

          • Jean-Baptiste Messier
            23 mai 2013 14 h 22 min

            Faut que je vois ça, euh que je lise ça, de plus près. 😉

  • tequiladrenaline
    22 mai 2013 11 h 06 min

    Je crois que je vais en rester à la série que je trouve déjà un peu trop « jeune » donc pas le roman pour moi !

    • lalutotale
      22 mai 2013 11 h 31 min

      j’allais publier mon billet sur Summer & The City à l’instant mais Hellocoton buggue chez moi !

  • crudiusarah
    20 mai 2013 11 h 44 min

    J’ai vu les premier épisode trop teenager à mon goût, on ne retrouve pas la magie et l’humour de sex and the city dedans – après le SPINOFF n’a pas fait fureur à USA.. ^^

  • Psycho
    17 mai 2013 18 h 12 min

    Trop long, j’ai lu en diagonale mais t’as aimé la série ? Perso j’ai adoré !

    • lalutotale
      18 mai 2013 18 h 50 min

      non pas vu la série, ça me tentait pas trop !

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