davinciA force d’écrire uniquement sur de la chicklit ( lectures pour gonzesses que même un môme de CE1 il trouve que c’est facile à lire ) la blogo allait finir par croire que La Lu est une écervelée de la littérature, une sorte de nana qui se la pète en rédigeant des avis littéraires mais pas fichue de lire autre chose que des histoires de pouffe qui ne pensent qu’à courir les boutiques et se vernir les ongles.

Je me devais de mettre à mal une éventuelle réputation de cruchasse et donc de lire un bouquin plus consistant. Du coup quand Musclor m’a proposé de me prêter son Da Vinci Code paru aux éditions JC Lattès , je me suis empressée de lui demander de quoi avait l’air le bouquin : un gros pavé? Avec le regard de la Joconde en couverture?

Ouais je prends ! Ca a un look plus intello que mes lectures habituelles !

( Il s’est avéré que dès la première page, j’ai déchanté immédiatement. Je ne vais certainement pas passer pour une intello mais pour une myope, ça oui ! C’est écrit GROS, très gros. Grumpf )

Avant d’entamer mon article sur cette lecture, je tenais à préciser une chose très importante : j’avais vu le film éponyme avant .
Ouais je sais c’est crétin. Ouais je sais faut toujours lire le bouquin avant de mater son adaptation cinématographique, parce qu’on est forcément déçu sinon, et gnagnagna.
Alors déjà sachez que je ne respecte aucune règle dans le domaine. Et toc. Je visionne et bouquine au gré de mes envies. D’ailleurs, il arrive très souvent que je cinémate ( ® moi ) avant de m’apercevoir que l’histoire est tirée d’un roman. Et le film, quand il est très bon, me pousse alors à découvrir la version originale sur papier ( comme il fut le cas pour Shutter Island par exemple )
J’avais donc visionné le Da Vinci Code avec Tom Hanks et Audrey Tautou en personnages principaux lors d’une diffusion téloche. Et ouais, en plus je n’avais même pas découvert ce film au ciné. Mandieu. Les puristes devraient me fouetter avec des orties fraîches pour me punir.
Moi c’est comme ça : plus on me dit qu’un film est trop bien et qu’il déchire, plus on me dit que ça va rester dans les annales ( aïe ), moins j’ai envie de le regarder. Les choses qui font l’unanimité, c’est pas vraiment ma tasse de thé ( sauf quand ça concerne des produits de beauté, j’avoue j’avoue…).

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Donc revenons à nos moutons : le film je l’avais maté il y a des lustres. Par contre il avait marqué mon esprit positivement donc je dois dire qu’en général, je me rappelle parfaitement de l’histoire et du déroulement. Flûte.
Comment je peux oublier de payer une facture fraîche et me souvenir aussi bien d’un film et ses moults détails vus il y a des années? Encore un mystère de mon cerveau de pouffe.
Musclor et sa maman étaient unanimes : le livre est crocro bien, dix fois mieux que le film et je vais me régaler. Nan mais vraiment. Il a même été traduit en 35 langues et vendu à plus de dix millions d’exemplaires . Rien que ça.
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Un soir où je dormais chez Musclor et que j’avais oublié mon bouquin de pouffe, j’entrepris alors de commencer le pavé de 570 pages.
Je fus très vite absorbée, non pas parce que le suspense était intense, mais parce que je connaissais déjà l’histoire et n’avais donc aucun problème de compréhension ( je veux bien qu’on me prenne pour une truite parfois, mais bon là quand même ! ).
Déjà la première de couv’, je l’aime bien. Je trouve qu’elle est à l’image du bouquin, même si l’illustration du regard de la Joconde est assez simpliste. Un gosse de 5 ans comprendra l’allusion. En même temps, un bouquin qui s’appelle Da Vinci Code aurait difficilement pu avoir comme image de couv’ une paire de Stiletto ( me demandez pas le rapport – mes bouquins de chicklit me manquent ! ).

Le détail intéressant, c’est qu’on nous indique bien sous le titre qu’ il s’agit d’un roman . Et ça prend toute son importance, croyez-moi…

L’histoire est toute bête au départ mais devient vite alambiquée.

En gros, le conservateur du musée du Louvre se fait buter un soir dans les allées d’exposition. Mais alors qu’il est sensé agoniser pendant ses dernières minutes parmi les vivants, les enquêteurs découvrent le lendemain une inscription bizarroïde que le défunt a pris soin d’écrire avec son sang, à côté de son cadavre. Non. Pas «Omar m’a tuer». Un truc plus complexe avec des séries de chiffres, une phrase chelou et en post-scriptum, il indique qu’il faut trouver un type nommé Robert Langdon ( oh pitin le prénom de chiotte…).

Naturellement, les enquêteurs sont des crétins et vont immédiatement soupçonner le fameux Robert d’avoir commis ce crime. Plutôt que d’aller le chercher dans sa chambre d’hôtel, ils préfèrent la jouer sournoise et l’invitent cordialement sur les lieux de l’assassinat, en prétextant que comme il est spécialiste des symboles religieux et qu’accessoirement il avait rendez-vous avec le défunt le lendemain, bah ils pourraient peut-être les aider.

Mais tout ne va pas se passer comme prévu et la cryptographe envoyée par la police au Louvre pour analyser le message du mort , Sophie Neveu, va entraîner le Robert dans une histoire de dingue. Elle va l’aider à fuir la police et surtout l’aider à connaître l’histoire de sa propre famille. Et croyez-moi sur parole, l’histoire n’est pas toute simple surtout quand viennent se greffer sur ces entrefaits des histoires religieuses et surtout l’incommensurable quête du Graal.
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Normalement je ne vous ai rien gâché du plaisir puisque vous apprenez tout cela dès les premières pages. Je n’avais jamais rien lu de Dan Brown par le passé, mais l’écrivain ne fait pas vraiment dans la dentelle quand il s’agit de planter l’action. Contrairement à la trilogie du Seigneur des Anneaux où j’ai dû pioncer des dizaines de fois en pleine lecture des descriptions, le Da Vinci Code démarre au quart de tour.

La première page d’introduction au roman, intitulée «les faits», m’a déjà laissée dubitative. L’auteur y présente en quelques lignes la société secrète du Prieuré de Sion, et l’organisation catholique controversée ( puisqu’adepte des châtiments corporels et fervent défenseur de la supériorité de l’Homme sur la Femme – tout ce que j’aime quoi… ) appelée l’Opus Dei.
Celui-ci ne manque pas de nous asséner que «toutes les descriptions de monuments, d’oeuvres d’art, de documents et de rituels sacrés sont avérées».
Je trouve la formule carrément pompeuse, et me dit déjà que Dan Brown ne se prend pas pour le dernier des abrutis. J’aurais aimé qu’on me présente ça plus humblement et pas qu’on me jette «je sais tout» en pleine poire. Mais bon, soit.
Si les faits sont avérés, la lecture va certainement se révéler plus prenante.

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Bon.
Effectivement si vous avez vu le film avant de lire le roman , vous risquez de vous emmerder un tantinet .
Pourquoi?
Car le film a dû être super bien adapté puisque malgré les nombreux rebondissements, je me souvenais de tout. Je n’ai pas pris beaucoup de plaisir à «découvrir» le fil de l’histoire, puisque le scénario ressemble trait pour trait à l’adaptation cinématographique ( en fait c’est l’inverse mais vous m’avez comprise ^^ ).
Et quand je dis que Dan Brown ne fait pas dans la dentelle au début de son roman, en nous balançant directement le meurtre du Directeur du Louvre, j’aime autant vous dire qu’après ça se tasse sévère. Ou plutôt c’est carrément inégal et ça m’a pas mal décontenancée.

D’une part, les chapitres ne font JAMAIS plus de huit ou dix pages !!! 
C’est peu. Monsieur Brown s’égare dans le déroulement des évènements, et je suis sûre que tout ces enchevêtrements de situations tantôt avec Sophie et Robert ( m’y ferai jamais …), tantôt avec l’albinos de l’Opus Dei, tantôt avec le Maître, tantôt avec le commissaire Fache, tantôt là ou tantôt ci, auraient gagné en clarté en CONDENSANT les actions.

 

Petite parenthèse imagée…

( Pour vous illustrer la chose, c’est comme si je vous racontais qu’à 8h00 ce matin, dans ma salle de bains, je me lave les pieds pendant que Musclor pionce. Paf chapitre suivant. A 8h00 dans la chambre jouxtant la salle de bains, Musclor commence à émerger, me cherche en tâtant l’oreiller et panique puisque je ne suis pas à ma place. Paf chapitre suivant. A 8h05 tandis que Musclor commence à avoir l’idée de mettre un pied par terre, je déboule dans la salle de bains toute pimpante et les pieds frais. Paf chapitre suivant. Musclor est bien content de voir sa Princesse revenir dans la chambre, les pieds sentant bon la lavande. Etc etc… )
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Bref au début je trouvais ça plutôt pratique car je pouvais m’arrêter quasiment à tout moment de bouquiner ( avaler un chapitre de 4 pages, ça prend pas des plombes ), mais à force j’ai trouvé ça carrément relou. Et le pavé devient vite mensonger : déjà que c’était écrit gros, mais là avec la moitié de pages blanches pour cause de saut de chapitres, c’est carrément l’arnaque hein ! Monsieur Brown il pense à la planète et aux économies de papier quand il divise ses 570 pages en…105 chapitres ??!!

D’autre part, Monsieur Brown peut te glisser une action sensée quand même te prendre aux tripes ( genre poignarder quelqu’un par inadvertance ) en deux lignes, alors que juste avant il te décrit un truc moins important en deux pages.
Quand Soso et Roro ( … ) sont dans une église en train de fouiller un truc, ça peut prendre des heures ou au contraire trois lignes pis tout à coup y’en a un qui va avoir un éclair de génie que même un 200 de QI aurait mis une plombe à piger.
Ou alors, comme au début du roman, une anagramme qu’un gamin de CP aurait pu déchiffrer en un éclair ( même moi j’ai réussi ) et que eux mettent des pages à entraver. Bref c’est archi inégal et parfois je ne comprenais pas bien si les personnages étaient réellement intelligents , ou simplement teubés avec quelques connaissances en théologie.

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Mais je vais arrêter de faire ma langue de pute et vous parler des points positifs de ce roman.

Déjà j’adore le principe d’écorner ou de toucher à certains mythes religieux, particulièrement quand il s’agit de faire une pichenette en pleine poire au Vatican. Et détrompez-vous, ce n’est pas parce que je suis athée, c’est parce que comme toute religion, elle a son histoire au fil des siècles, ses côtés sombres et mystérieux, ses relations bizarres, son lot d’affaires étouffées….
Que quelqu’un ose remettre en question la quête du Graal ( ou sa nature…) en s’appuyant sur un récit romancé mais des faits parfois avérés, ça me branche.

De plus, même si je suis athée, la théologie m’intéresse vachement et du coup j’ai appris pas mal de choses en lisant ce roman.. ( mais ça a aussi ses mauvais côtés et je vous en parle plus loin )

Ce que j’aime également, c’est que par sa nature assez digeste et facile à lire , Dan Brown a certainement réconcilié des milliers d’individus avec la lecture. Et ça, c’est plutôt un point positif. Moi je sais que je n’ai pas trouvé beaucoup de rebondissements surprenants à cause du film trop fidèle au roman, mais nul doute qu’un vierge du Da Vinci Code y trouvera son compte niveau suspense.

Je n’aime pas taper sur les best-sellers parce que ce sont des best-sellers. Bien au contraire, j’aime tous les livres qui rameutent le plus de gens en librairies ou en bibliothèques. Donc croyez-moi sur parole : malgré ses défauts , ce livre se lit d’une seule traite et même si j’ai parfois tiré la langue devant des explications sur des points de théologie un peu alambiqués, l’ensemble reste digeste et accessible au plus grand nombre.

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Mais j’en viens au défaut qui me hérisse le poil.

Ce livre avait tout pour me plaire : de l’action couplée à des faits avérés dans une quête mystérieuse et une histoire familiale derrière sans oublier de se cultiver en apprenant beaucoup sur l’histoire de l’Art ou tout plein de choses en rapport avec les sciences théologiques.
Le problème, c’est que souvent je n’ai pas réussi à démêler le vrai du faux . J’aurais aimé qu’à la place de sa première page trop concise qui nous balance en gros «ces deux points sont des faits, j’ai raison et ferme ton clapet» , Dan Brown parvienne à nous détailler en dernière page les points de théologie qui sont avérées, les preuves qui existent formellement etc etc…
Car au final, légendes et évènements réels se mêlent et on ne sait plus trop ( surtout moi, mais en même temps je n’ai jamais fait de catéchisme et je suis une vraie buse en théologie ) ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas.

Et du coup, si d’habitude je suis curieuse et vais vérifier quelques articles sur Internet, là il y a vraiment trop de choses à corroborer ou non et je m’en tiendrais donc à ma lecture, sans chercher plus loin.
Mais ça m’a vraiment gonflée.
J’aurais aimé savoir si je m’étais vraiment cultivée sur l’histoire du catholicisme ( et donc pouvais me la péter ) ou au contraire si je m’étais fourvoyée avec un romancier plein d’imagination.
Au final je n’en saurais rien.

Pour conclure et malgré les défauts que je lui ai trouvés , je vous conseille la lecture de ce Da Vinci Code, si ce n’est déjà fait ! 
Toutefois, vous risquez fort de ne prendre presque aucun plaisir à dévorer ses pages si vous avez vu le film éponyme avant : en effet, l’oeuvre cinématographique est bien trop fidèle au roman. Du coup les suspenses sont amoindris et les quêtes moins captivantes.

Par contre, pour les autres, je vous conseille vivement ce roman mêlant enquête policièreénigmes et théologie . 
Malgré quelques invraisemblances , l’ensemble se tient pour offrir 570 pages de plaisir au lecteur.

J’ignore si je retenterai l’aventure Dan Brown dans le futur car ce roman souffre trop d’un rythme complètement inégal, entre passages où l’action est décrite en deux lignes et la résolution d’un mystère suivant en trois pages, parfois à la limite du remplissage ! ( l’éditeur avait-il imposé un nombre de pages à produire? ) 
La corollaire, c’est que j’ai eu un mal fou à m’attacher aux personnages car je les trouve assez bizarres dans leurs raisonnements. De plus nous balancer une histoire d’amour naissante dans les dernières pages, je trouve ça vraiment trop facile et surtout inutile !
Selon moi tout ceci manque cruellement de profondeur
Je n’ai pas ressenti le côté «humain» des protagonistes et j’ai trouvé que, captivant ou non, ce roman avait un gros défaut : outre ses deux pages par chapitre ( bonjour l’économie de papier… ) qui marquent des changements trop fréquents de situation, Dan Brown mélange sans sourciller faits romancés et faits avérés .
Au final, le lecteur ne sort pas grandi de cette lecture, mais peut-être bien abêti car rien ne va l’empêcher d’aller raconter sur les toits les faits inventés comme faits acquis. Je sais pas. Ca me dérange vraiment de ne pas avoir mis les choses au clair à la fin du livre….D’autant que Dan Brown en avait la possibilité : il a écrit deux pages de remerciements ( -c’est là qu’on se rend compte qu’il s’est très bien entouré et carrément documenté- ) et il avait encore de la place !

Toutefois je reste nuancée dans mes critiques puisque Dan Brown nous fournit ici un best-seller qui aura réconcilié des milliers de personnes avec la lecture et ça je trouve que c’est une grande victoire . Parce que c’est facile à lire et digeste, le romancier a su attirer les foules avec une histoire écornant un peu…. beaucoup …. le Vatican, et moi j’adore cette prise de risque ! L’histoire est sans doute captivante pour qui n’a pas visionné le film avant…

Au final, je vous recommande chaudement ce livre si vous n’avez pas pris connaissance du film homonyme. Si vous êtes dans mon cas, alors j’émets plus de réserves : attendez d’avoir complètement zappé l’histoire pour vous pencher sur le cas du bouquin. Votre lecture n’en sera que plus jouissive ! 

Satisfaction : 5 / 10

Et maintenant Musclor me tanne pour que je lise un autre pavé : Jack l’Eventreur

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A force d’écrire uniquement sur de la chicklit ( lectures pour gonzesses que même un môme de CE1 il trouve que c’est facile à lire ) la blogo allait finir par croire que La Lu est une écervelée de la littérature, une sorte de nana qui se la pète en rédigeant...
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