( Un amour vintage – I. Wolff ) Le billet bon chicK bon genre.

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Mon arrêt du tabac fut prétexte à plein de dépenses superficielles en 2011 : évidemment le maquillage, les fringues et les chaussures en ont fait parti mais il est un domaine où j’ai tenu à renflouer mon stock : les bouquins. Et oui, la pouffe ne lit pas qu’en été !

En allant farfouiller du côté de la littérature la plus intellectuelle qui soit, autrement dit la chicklit, j’ai malheureusement constaté que ça se battait pas franchement du côté des nouveautés ( à part STILETTO BLUES A HOLLYWOOD  de Lauren Weisberger dont j’attendais à l’époque l’édition au format Poche ). J’ai donc écumé le rayon Poche dans l’espoir d’une jolie découverte et soudain l’avis d’Astrid a surgi dans mon esprit et ai donc cherché les parutions d’ Isabel Wolff.

Je n’en ai trouvé qu’une seule sur les étagères de la petite librairie où je pourrais passer mes journées tellement ça sent bon à l’intérieur, et grand bien m’en fasse, il s’agissait d’ UN AMOUR VINTAGE .

Evidemment la psychorigide des étagères de bibliothèque bien alignées que je suis s’est procuré l’édition Poche du roman. D’ailleurs elle dénote plutôt bien dans le paysage chicklitien puisque sa couverture est d’un beau bleu pétant, couleur trop souvent dénigrée dans la littérature de gonzesse au profit du rose, beaucoup plus pouffy.

On y voit une petite nénette, aiguille à coudre dans la main en train d’habiller d’un gros coeur ( rose évidemment ) un mannequin déjà vêtu d’une jupe ( rose bien sûr ). J’aime beaucoup cette illustration toute simple à la Penelope Bagieu qui annonce direct, au cas où on en douterait, que le héros du roman sera une héroïne.

Avant tout achat, j’aime consulter la 4ème de couverture et j’ai immédiatement accroché avec cette intrigue liée à une fringue en particulier… Evidemment noyée au milieu de problèmes de mecs, de mère frappadingue, de père en pleine crise mais aussi de tas de fripes puisque le métier de notre héroïne, Phoebe, est en rapport direct avec le monde de la mode : elle vient d’ouvrir sa propre boutique de vêtements vintage ( entendez par là des vêtements d’un certain âge, déjà portés, cousus par des grands créateurs ) et tisse ( hihihi ) des liens avec fournisseurs, couturières mais aussi journalistes et vieilles dames vendant leurs vieilles sapes.

C’est bien simple : je me suis enfilée les 469 pages de ce roman aussi vite qu’un bon ballon de Montagne Saint Emilion . Et pour l’avoir parfaitement digéré depuis ma lecture, je suis en mesure de dire que ce roman n’est pas un vrai bouquin de chicklit…il est bien plus et c’est tant mieux !

Pour comprendre mon point de vue, il suffit de se référer au résumé «officiel» du roman :

«Phoebe Swift vient d’ouvrir une boutique de vêtements d’occasion à Blackheath. Pour sur-monter sa tristesse due à la mort de sa meilleure amie Emma, elle se réfugie dans son métier: rendre à ces merveilleuses pièces vintage leur splendeur passée et leur offrir une nouvelle vie. Un jour, Phoebe rencontre Thérèse, une vieille dame française qui souhaite lui vendre quelques tailleurs et costumes élégants. Parmi sa garde-robe, Phoebe découvre un manteau d’enfant bleu ciel, datant des années 1940. Dans un premier temps, Thérèse préfère garder le secret sur l’histoire de ce manteau, mais à mesure que les deux femmes deviennent amies, elle se confie à Phoebe, qui écoute attentivement son récit sans se douter que celui-ci a un lien profond et intime avec sa propre vie…»

 

Ce synopsis me plaît bien plus que celui de la 4ème de couv’, je trouve qu’il est plus représentatif de ce qui se passe réellement au fil des pages. Et vous comprendrez mieux la vieille expression «dévorer un livre», personnellement je l’ai littéralement boulotté.

Dès le début du bouquin, on comprend que Phoebe vient de planter son mec suite à un évènement tragique. A grands renforts de come-backs savamment distillés tout au long de la première centaine de pages, on finit par paner quel drame s’est produit et surtout dans quelles circonstances.

Inutile de dire qu’au vu des évènements récents ayant marqués ma vie, je me suis immédiatement identifiée à notre héroïne Phoebe, et c’est peu dire d’affirmer que la palette des émotions couchées sur papier restranscrit parfaitement les sentiments d’impuissance, de regrets mais surtout de culpabilité qui rongent les survivants d’une telle perte.

Pour autant, Isabel Wolff ne nous plonge pas dans une dépression chronique ( comme il fut le cas avec mon dernier Marian Keyes bouquiné…) mais relate plutôt une «remontée de la pente» de l’ héroïne grâce entre autre, à une rencontre inopinée qui va sérieusement la secouer.

Entre deux ventes de robe de soirée à motifs palmier, bordées de soie noire et de dentelle jaune, entre deux achats de robe «cupcake», celles précisément portées à l’époque par de jeunes vierges américaines diplômées se rendant naïvement au bal de fin d’année, Phoebe évolue dans ses sentiments, analyse plus finement les situations, et se remet peu à peu dans le bain. Elle se remet à sortir, à fréquenter des gens, parfois même à les aimer.

C’est le premier point qui me fait dire qu’ UN AMOUR VINTAGE n’est pas un roman de chicklit pur , ou alors c’en est un dans un style que j’aimerais rencontrer plus souvent : ce mélange d’ intrigue psychologique et de robes chics m’a complètement emballée puisque l’auteure nous emmène là où elle le souhaite : dans la tête de Phoebe. Grâce à un récit à la 1ère personneon se glisse dans les pensées de cette trentenaire d’apparence forte qui pourtant est rongée par de vieux démons… Et évidemment, les actions ne se déroulent qu’en présence de Phoebe, vu qu’elle est la narratrice !

Quant au travail de recherches qu’a dû effectuer Isabel Wolff pour fournir de VRAIES informations sur le milieu très pointu des fringues vintage, pfioulalala, je n’en parle même pas.
C’est hallucinant, on a l’impression que l’auteure est née dans les jupons et la soie sentant la naphtaline !

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S’il y a bien un critère qui me laisse à penser que ce roman n’est toujours pas un chicklit, c’est que l’humour y est quasi absent . On est loin des facéties d’une Bridget Jones gaffeuse mais ça veut pas dire qu’on s’emmerde non plus, en particulier avec la mère de Phoebe, en quête d’une éternelle jeunesse suite à son divorce.
De toute façon, le sujet principal du bouquin ne méritait pas qu’on l’affaiblisse avec pléthores de gags et situations cocasses qui n’auraient rien eu à faire ici. Et pourtant Dieu sait que j’aime me bidonner.

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EXTRAIT : Phoebe consulte Mags , la voisine de sa couturière , qui prétend avoir un lien avec l’au-delà …

«Cette personne veut vous dire quelque chose.
– Quoi ? fis-je faiblement.
– C’est très important.
– Dîtes-moi ce que c’est…, suppliai-je, le coeur affolé. Je vous en prie.
– Eh bien…
– Dites-moi.
Elle inspira profondément.
– Il dit que…
Je battis des paupières.
– Ce n’est pas un homme.
Mags ouvrit les yeux et me regarda, bouche bée.
– Ce n’est pas un homme?
– Non.
– Vous en êtes sûre?
– Evidemment que j’en suis sûre.
– C’est curieux…C’est le nom de Robert que je capte, fit-elle en me scrutant. Je le capte très fort.
– Je ne connais personne du nom de Robert.
– Alors Rob?
Je secouai la tête. Mags pencha la sienne sur son épaule.
– Bob ?
– Non.
– Et David, ça vous dit quelque chose?
– Maggie, il s’agit d’une femme.
Elle m’observa à travers ses faux-cils.
– Naturellement, dit-elle d’un ton conciliant. C’est bien ce que je pensais… ( elle referma les yeux et inspira bruyamment ). D’accord. Je l’ai. Elle arrive… Je vous passe la communication dans un petit instant.
Je m’attendais à moitié à entendre le «bip» d’un second appel, ou une musique de standard du genre Les Quatre Saisons.

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Bon j’insiste vraiment : je ne me suis pas emmerdée une seule page.
Le flot de paragraphes coule de sourcele style est épuré et très clair . Il n’y aura absolument aucune difficulté de compréhension, même pour une blonde au QI de dinde. Et surtout l’auteure parvient à nous faire complètement entrer dans le monde de Phoebe : on est entièrement immergé dans les robes Balenciaga ou Alix Grès, on se surprend même grâce aux descriptions précises, à imaginer la vitrine de son magasin Village Vintage . On frémit avec elle lors des ventes aux enchères, quand elle serre les fesses pour que personne n’enchérisse à plus fort prix qu’elle.
Bref une immersion totale dans un monde froufrouteux qui m’a complètement emballée : j’adhère !
Quant à la véritable «intrigue» qui fait toute l’essence et la particularité de ce roman pour gonzesses , elle est totalement inédite selon moi dans le monde de la chicklit . C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai bu les paragraphes qui s’égrainaient le long des pages, en cherchant quelle pourrait bien être le dénouement de toute cette histoire…

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Si vous cherchez un roman de chicklit plus profond qu’un simple déballage de plusieurs centaines de pages de beuveries et vacances ensoleillées, si le monde de la mode ou plus simplement la satisfaction qu’un collectionneur a à s’enquérir de nouvelles pièces pour agrandir sa vitrine de magasin vous attire, si vous aimez les lectures sans prise de chou, nul doute qu’Isabel Wolff vous a pondu LE bouquin qu’il vous faut.

Bien loin de la superficialité d’un roman de chicklit «classique» ( je ne renie pas pour autant on amour pour cette catégorie de lecture ^^ ) ou des gaffes, bévues et boulettes d’une Bridget avinée, cet AMOUR VINTAGE est un petit bijou de justesse, de pudeur et de fraîcheur qui gagnerait à être classé dans le genre«roman de moeurs».

Isabel Wolff nous entraîne et nous immerge complètement dans un monde qui n’est pas le nôtre, et le pire c’est qu’on adore ça !

Je me suis totalement laissée embarquée dans les 500 pages de cette édition Pocket et franchement il y en aurait eu 1000 de plus que ça ne m’aurait pas dérangée ! ( D’ailleurs pour pallier à cette frustration de «bordel, c’est déjà fini, chiotte !» en lisant le dernier mot du roman, je me suis procurée «L’HISTOIRE DE LISEY» de Stephen King, un bon gros pavé des familles dont je ne suis pas prête de voir le bout )

Une lecture facileune histoire prenantedes péripéties à tout-va , des sentiments que j’éprouve couchés sur papierune partie de l’histoire se déroule même en France ( chauvinisme quand tu nous tiens ) … tout est dans cet AMOUR VINTAGE . Pour 7 euros et des bananes , vous auriez vraiment tord de vous priver de cette lecture absolument addictive ( car oui je compte d’ores et déjà le relire ) et surtout , et c’est assez rare dans la chicklit , é-mou-vante.

Je me répète si je dis que je me fais la biblio de Wolff dans l’année? 

Satisfaction : 10 / 10

Retrouvez mes autres chroniques sur les romans d’Isabel Wolff ici, ici, encore ici ou bien .




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0 Commentaires

  • tequiladrenaline
    5 avril 2013 16 h 54 min

    Tout comme toi je l’ai adoré celui ci !!! Et globalement j’aime beaucoup le style d’Isabel Wolff, un peu moins girly gnangnan que certains chicklit et du coup vraiment agréables à lire !

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