(Vous la sentez arriver la fin de mon périple péruvien hein ?)(vous avez raison. #ouinouin)

Après une matinée riche de visites dans la Vallée Sacrée, nous sommes de retour à Cuzco après quelques kilomètres de car. C’est la panse bien remplie que Marco nous propose ensuite de partir à la découverte de la capitale des Incas. Malheureusement nous ne pourrons pas visiter la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, si emblématique de la ville (mais bon comme on avait visité le Temple du Soleil deux jours avant, on n’était pas mécontents non plus). Marco nous propose plutôt des chemins moins touristiques, et des découvertes tout aussi sympathiques.

Les dessous de Cuzco

Non il ne nous a pas emmenés dans des trucs glauques hein (quoique moi j’aime bien découvrir tous les aspects d’une ville.) Nous sommes bien passés par la place d’Armes pour admirer la cathédrale. Mais juste de l’extérieur :

Cuzco place d'armes et cathédrale

Et pis moi à vrai dire, j’étais bien plus absorbée par toutes ces jolis petits balcons colorés, surplombant de magnifiques colonnes. Je crois que c’est ce qui rend la place d’Armes si charmante.

Mais bientôt, nous bifurquons vers des rues moins empruntées. Et c’est là que ça devient bien plus sympa. On est plongés dans la vraie vie des habitants de Cuzco. Et moi c’est ce que je préfère : l’immersion totale (même si je parle toujours espagnol comme une vache équatorienne.)

Tu vois là par exemple, tu imagines bien le calvaire pour remonter tes courses chez toi :

Et puis sous un soleil radieux, tout à coup tu tombes sur des bambins en vêtements traditionnels qui semblent s’amuser pour la fête de leur école. Une bonne humeur super-communicative. Ils chantent, ils jouent, ils rient. Nous sommes les seuls touristes dans le coin et ça semble beaucoup les amuser.

 

On prend notre temps. C’est cool et ça fait du bien après 10 jours de visites au rythme plutôt soutenu. Mais ce que nous ignorons, c’est la destination de notre promenade, que Marco nous garde secrète jusqu’au bout. Et quand nous arrivons de l’extérieur, nous ne devinons pas spécialement dans quel endroit il nous embarque.

Il sonne à un grand portail qui donne sur une pièce très sombre mais classieuse. Un homme vient nous chercher et baragouine deux-trois phrases à Marco (évidemment je pane rien.) Ca ressemble à une maison close. Où diable nous emmène-t-il ?

 

Atelier de bijoux artisanaux andains

Je sais, vous êtes déçus.

Moi pas.

En réalité, nous sommes dans un atelier de fabrications de bijoux. Toutes les pièces réalisées sont uniques, et les matériaux utilisés (or, argent, cobalt etc…) sont issus de la production locale. Car oui, il y a beaucoup de mines et de terrains aurifères dans les montagnes andines, et depuis des années, les filons sont exploités.

Nous rencontrons donc le propriétaire de cette bijouterie qui nous explique son savoir-faire avec passion :

oui oui, ce qu’il tient dans la main, c’est bien ce que vous croyez.

Du coup, on comprend mieux la devanture quasi invisible de l’atelier. Et encore plus pourquoi il faut sonner, que quelqu’un vienne vérifier qui nous sommes avant d’être autorisés à pénétrer le lieu.

Le propriétaire assorti ses explications de démonstrations :

Evidemment, y’a pas beaucoup de normes de sécurité dans cet atelier hein. Ici on fond les matériaux, on les façonne et on les sertit de pierres plus ou moins précieuses.

Mon bijou andain unique et sur mesure.

Après quelques questions posées, le propriétaire des lieux nous invite à découvrir sa boutique. Toujours bien planquée de la rue, nous découvrons alors une petite cour centrale verdoyante, super mignonne, un petit havre de paix. De lourdes portes bleu vif parsème les murs en pierre et il nous explique que chaque porte mène à une boutique différente : les bijoux en argent, les bijoux en or notamment. Et que chaque bijou est unique, il n’y a pas plusieurs modèles d’un même collier/bracelet/pendentif…

Ayant déjà une idée tout à fait précise de ce que j’aimerais m’offrir, je m’engouffre dans toutes les boutiques mais…ne trouve pas mon précieux.

Ce que je recherche est assez particulier : j’avais perdu une boucl d’oreille en argent sertie de trois petits diamants et d’une perle de Tahiti lors de ma virée au zoo de Thoiry. J’en ai pleuré pas mal de temps car c’était le dernier cadeau d’anniversaire que m’avait offert ma maman, avant de s’éteindre trois semaines plus tard. Je me suis dit que c’était peut-être l’occasion de me faire plaisir. En effet, lors de ce voyage au Pérou, LaLutine m’a teeellement manquée (mais j’ai aussi tellement pris l’air !) que ça m’a fait réaliser à quel point l’amour d’une maman était irremplaçable, mais qu’une bonne maman savait avant tout se ménager du temps pour elle. Et ce voyage était le premier que je faisais seule depuis….pfiou. Je sais même pas.

J’ai essayé de demander aux quelques vendeuses présentes si je pouvais trouver quelques bijoux sertis de perles. Et après que Marco soit venu à ma rescousse, il s’est avéré que non. Alors il est allé voir le propriétaire et a traduit pour moi ce que je cherchais. Mais je voulais aussi une note « andine » à ces boucles, pour me souvenir que c’est lors de ce voyage si spécial que je les avais trouvées. Du coup, j’ai demandé de petites croix andines en argent. Et comme il n’y avait pas de perles du tout dans ce coin du Pacifique, on m’a proposé de les remplacer par des nacres. J’ai dit banco mais j’étais inquiète : ils n’allaient pas me confectionner mes boucles maintenant, si ?

Eh ben si.

Alors que tout le monde ou presque avait fini ses emplettes, j’ai patiemment attendu (et les autres aussi) et un peu observé (mais pas les autres qui se demandaient ce qu’on fabriquait)  le monsieur qui sertissait mes croix andines en argent avec des morceaux de nacre que j’ai moi-même choisis dans un bain. C’était géant. Et les boucles étaient pile comme je l’imaginais. Et tout ça pour le prix ridiculeusement bas de….29€.

J’étais super émue. Marco l’a vu et m’a demandé pourquoi ça avait tant d’importance, alors je lui ai rapidement expliqué. Il était content d’avoir contribué à rendre cette visite inoubliable pour moi.

Temps libre à Cuzco et dîner « folklorique »

Après cela, nous sommes repartis en direction du Centre Ville et donc de notre hôtel. Marco nous propose un temps libre avant de nous retrouver à l’hôtel pour partir dîner en ville.

Avec les collègues, nous avons rassemblé une cagnotte pour gâter notre guide. Nous cherchâmes donc un magasin de vêtements chauds, car Marco nous a plusieurs fois parlé pendant notre séjour de la difficulté à trouver des vêtements de sport assez chauds pour crapahuter dans les montagnes. Il nous a même dit que ses connaissances parisiennes lui ramenaient souvent de l’Hexagone des fringues siglées…DECATHLON. Précisément de la marque Quechua! Eh oui, le quechua est la langue utilisée par le peuple sous les règnes incas. Et l’enseigne d’équipement sportif n’est pas présente au Pérou…

Nous finissons par trouver un magasin de vêtements de sport bien caché. Et en plus de ces quelques vêtements masculins, dans un élan de créativité que je ne m’explique pas et ayant des difficultés à trouver une immense carte postale format A4 ou plus, je propose de lui acheter un slip kangourou qu’on pourra tous signer. L’idée fait rire aux éclats mes collègues, et nous partons cette fois-ci en quête d’un slip kangourou. On a eu du mal à en trouver, car même dans l’immense marché local qui commençait à fermer, nous ne trouvions que des sous-vêtements féminins. Et soudain, nous avons trouvé notre « précieux » dans une petite boutique de lingerie féminine. La vendeuse a dû bien halluciner de voir autant de touriste débarquer et tenter de lui expliquer que nous cherchions un slip blanc masculin de forme pas recherchée du tout.

Bref, après ces emplettes (et l’achat d’un chapeau comme celui d’Indiana Jones estampillé Cuzco)(je sais c’est un peu kitschouille mais il était tellement ressemblant!)(fallait juste que je trouve comment ne pas l’écrabouiller dans ma valise de retour…) nous retournons à l’hôtel pour nous doucher et nous apprêter. Nous nous retrouvons ensuite tous dans le magnifique hall de l’hôtel où nous nous étions donnés RDV. Et avons décidé d’offrir à Marco tous ses petits présents (évidemment, nous nous étions débrouillés pour que tout le monde signe le slip au moment de la douche)(enfin pas « au moment de »…bref vous avez compris.)

Marco a été ému aux larmes par nos cadeaux (même le slip).

Ensuite, il nous a dirigés vers le restaurant où nous devions dîner et assister à un spectacle folklorique. C’était sympa de traverser la ville alors qu’il faisait déjà nuit. Tout prend une autre dimension, alors que nous fouilions le même sol et arpentions les mêmes rues et ruelles quelques heures plus tôt. (évidemment, nous avons perdu des collègues en route.)(dont celui de la bouteille d’oxygène et du serpent, qui a décidé de rentrer à l’hôtel finalement).

Le dîner hmmm hmm…parlons-en rapidement. Je ne me souviens plus de son nom, mais ce qui est certain, c’est que ça n’a pas vraiment été le grand amour. Au début je croyais que ça venait de moi. Mais en fait non : tous mes collègues ont détesté, alors que les grandes tablées d’autres touristes venus des 4 coins du Monde semblaient kiffer le spectacle des nanas à moitié à oualpé qui devaient se faire attraper un truc coincé entre les seins ou les fesses par un vieux touriste au regard lubrique choisi dans le public. Beurk. Il n’y a guère que la danse qui était sympa, et encore on s’est vite lassés. (râleurs les Français, vous avez dit râleurs ?). Bref c’était vraiment pas terrible, et enhardis par la bonne humeur de Marco, nous sommes alors plusieurs à lui demander de nous emmener dans un « vrai » coin de Cuzco. Un endroit authentique. Pas avec des nanas en soutif aux couleurs du drapeau péruvien qui savent juste agiter leurs chairs sous des yeux mouillés de désir.

Il accepta volontiers, et tandis que mes autres collègues préféraient rentrer à l’hôtel pour peaufiner (et réussir) la fermeture de leurs valises, tout en ayant l’air frais et dispo le lendemain matin pour l’avion qui partait à 6h, nous sommes six à pénétrer le Museo del Pisco. Un bar authentique et chaleureux réputé pour l’immense carte de cocktails, et où sont proposés quelques évènements comme des concerts d’artistes péruviens (mais pas que). Le bar a même son site internet.

Museo del Pisco Cuzco cocktail

Ca fait envie hein ?

Ce soir-là, on a du bol, c’est un groupe autour de l’artiste Phuru de Cuzco qui joue. Le rythme est endiablé. Faut dire que le concert a dû commencer y’a un moment. Le bar est plein et je choisis un cocktail à base d’agrumes (et d’alcool bien sûr) mégabon. Dehors, alors que je fume une clope, un gamin un peu bizarre de 14 ans vient ostensiblement me draguer. Il me touche les cheveux en disant que les filles n’ont pas des cheveux comme ça ici. Je suis super mal à l’aise et ne sais pas comment m’en dépêtrer sans le blesser. Et puis soudain je comprends que tout ce qu’il veut, c’est que je le fasse entrer dans le bar. No way et je me barRE.

Tandis que le groupe égrène ses notes et que certains comme moi se mettent à se dandiner (hey, on a le sens du rythme ou on l’a pas !), je sirote mon cocktail en me disant que fuuuuuck c’est ma dernière soirée au Pérou, et que demain, nous reprendrons l’avion direction Paris. J’ai même l’air de Louise Attaque qui me trotte dans la tête. (Sauf que je remplace soirées belles à Sienne par soirées péruviennes.)

Alors c’est un peu éméchés que nous rentrons à l’hôtel. Il est plus de 2 heures du matin (je le sais parce que le bar fermait à 2h). Il faut se lever dans deux heures et j’ai pas envie pas envie pas envie. Autant ne pas dormir plutôt que dormir seulement deux heures. En plus je dois faire mes valises alors que ma coloc dort ronfle probablement déjà depuis longtemps. Et d’ailleurs je sais même pas comment je vais faire pour ramener tout mon barda avec ma valise pétée et les souvenirs que je dois ramener pour mes proches (un poncho ça prend de la place, alors imaginez trois ponchos, un chapeau, des bonnets, des mitaines et tout le tintouin.)

Mais il faudra bien y aller, se coucher, car le lendemain il faudra pas se tromper d’avion. Et on ne s’attendait sûrement pas à ce qui nous est arrivé…

 

Encore un suspense insoutenable hein ? 😁 Je vous laisse imaginer ce qui a bien pu arriver, avant de clore ma saga péruvienne lors du prochain et dernier épisode !

 




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(Vous la sentez arriver la fin de mon périple péruvien hein ?)(vous avez raison. #ouinouin) Après une matinée riche de visites dans la Vallée Sacrée, nous sommes de retour à Cuzco après quelques kilomètres de car. C'est la panse bien remplie que Marco nous propose ensuite de partir à la...
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