Machu Picchu Pérou visite inca

Ca y est, nous y sommes : le jour de la visite du Machu Picchu, gniiiiii !!! Je suis excitée comme une puce sous amphètes mais aussi méga-fatiguée. Notre guide nous avait parlé de l’inutilité totale de se rendre au Machu Picchu dès l’aube. En effet, les touristes prennent d’assaut les navettes qui y montent et comme le nombre de visiteurs (et le temps de visite) est limité sur le site, de toute façon on poireautera pour rien. Et puis surtout la météo est tellement brumeuse de bon matin en Octobre qu’on ne verra pas le coucher de soleil. Alors il nous avait dit de prendre notre temps… Petit déjeuner à 7h30 avec valise déjà bouclée.

Ayant un peu trop forcé sur le pisco la veille et malgré une literie absolument gégé, j’ai la tête dans les chaussettes. Et le temps de trouver le buffet du petit-déjeuner, il est déjà 7h30 et tous mes collègues (ou presque) ont fini de manger. Tant pis. Impensable que je voie l’une des Merveilles du Monde en ayant le ventre vide, alors je prends dix minutes pour engouffrer quelques croissants, boire environ quarante-cinq litres de café, et je rejoins les collègues sous une fine bruine.

Nous traversons Agua Calientes jusqu’au départ des navettes qui transportent les clampins jusqu’à l’entrée du Machu Picchu. Pour les plus courageux, la montée peut se faire à pieds à travers la forêt. J’aurais été seule et malgré la fine pluie, j’aurais enfilé mes chaussures de randonnée sans ciller pour y grimper…Il faut bien compter deux heures, mais je pense qu’à l’arrivée, la récompense est immense. Ca se mérite le Machu Picchu !!

(Je vous préviens : autant dans mon article précédent, y’avait pas bézèf de photos, autant là vous allez en prendre plein les mirettes).

Inoubliable Machu Picchu

Le trajet en navette

Sitôt nos petites valises larguées à la réception de l’hôtel (qui se chargera ensuite de les acheminer à la gare d’Agua Calientes), nous marchons jusqu’au départ des navettes en direction du Machu Picchu. Quand je vois la météo , je suis ra-vie d’avoir pensé à emmener mon blouson de randonnée, que j’avais acheté en montagne deux ans auparavant. Mais la pluie va devenir telle que Marco notre guide nous conseille d’acheter les « vêtements de pluie » vendus quelques soles à l’arrêt de la navette. Il paraît qu’arrivé sur place, c’est encore plus cher. Alors je me déleste de cinq soles et part avec ce qui s’avèrera être un grand sac poubelle violet-rose du plus bel effet. Vous allez voir sur les photos, ça vaut son pesant de cacahuètes.

Il y a du monde au départ des navettes, et après quinze bonnes minutes, notre groupe de 30 est réparti dans plusieurs cars différents dont le taux d’humidité est semblable à celui de l’extérieur. Je suis à côté d’un type qui schmoute, mais tant pis.

La « route » qui mène au pied du site est….comment dire ?

Faut pas avoir peur quoi. D’un côté tu as le vide. De l’autre la jungle. Et sa largeur est telle que tu te demandes comment deux cars peuvent se croiser. Et pourtant c’est possible : on l’a fait. J’ai eu les jetons mais on l’a fait. D’ailleurs la montée me semble interminable. J’ignore si c’est parce que j’ai hâte -ou parce que j’ai les miquettes- mais ça m’a semblé durer presque une demie-heure…Alors la montée à pied en une ou deux heures, j’y crois moyen-moyen.

Nous arrivons alors sur une immense place où s’agglomèrent des tas de touristes de toutes nationalités. Y’a des waters (payants comme partout) avec ô joie : du PQ. Rigolez pas, je crois que c’est la première fois du séjour où on ne nous fait pas payer deux feuilles de papier qui râpent le cul.

Marco nous divise en trois groupes puisque nous avons trois guides. Il nous explique que le temps de visite est limité à 4 heures sur le site. Alors non seulement faut pas trop perdre de temps, mais en plus il faut pas paumer son guide parce que le site est vraiment immense. Gniiiiii !  Je trépigne d’impatience.

 

La montée, l’éblouissement en pointillés.

Avant d’atteindre ce qui s’avèrera être l’un des points culminants qui permet d’observer la totalité du Machu Picchu, il faut se farcir une montée bien sympa. Je suis heureuse d’avoir chaussé mes pompes de rando, et vu la fine pluie qui m’empêche d’ouvrir les yeux correctement et détrempe ma veste de montagne en deux-deux, je suis également bien contente d’avoir craqué sur mon sac-poubelle rose. Entre l’humidité extérieure et la grimpette qui me fait suer de sous les nichons, je ne sais pas si je suis en hypo ou hyperthermie. Bref.

J’ai un peu les miquettes qu’un serpent me saute à la gorge pendant la montée (c’est à travers la jungle bien sûr) et le sentier est tellement étroit que je vous dis pas le bordel pour dépasser un vieux une personne âgée/un jeune qui crache ses poumons/une andouille qui s’arrête sans raison.

Et puis enfin, on arrive sur une espèce de tertre qui surplombe le site. On y est.

Mais bordel, on voit rien. A part d’autres touristes à côté de nous, j’veux dire.

On voit rien mais je souris quand même. Et tac.( j’ai enlevé le sac poubelle pour l’occase.)

Il y a tellement de brume qu’on devine à peine ce qu’il y a 10 mètres en dessous. Alors admirer le Machu Picchu, euuuh..comment dire ?

Mais Marco (qui était dans notre groupe qui s’amuse déjà à se disséminer)(nous sommes le groupe de relous) nous prévient : la brume se dissipe aussi vite qu’elle revient. Il faut juste attendre un peu (on est sensés se grouiller mais mordel de bouille, on voit pas le Machu Picchu tous les jours donc on peut bien poireauter un peu). Et soudain.

Soudain.

Ca y est.

La brume s’efface comme par magie.

Et la magie est là, les gars.

J’en ai le souffle coupé. Je ne peux pas parler. J’ai les yeux écarquillés et je crois bien que j’ai la lèvre inférieure qui tremblotte d’émotion.

Le contraste entre les vieilles pierres et la verdure flamboyante qui paraît presque vert fluo est absolument sublime. L’enchevêtrement d’édifices est d’une beauté sans nom. Je me sens petite, tellement petite devant l’immensité de ce site inca….Je n’ai jamais vécu un truc pareil lors d’une visite touristique, ja-mais. Pourtant j’ai visité quelques pays, mais de mémoire de Lu, jamais je n’ai ressenti ce que j’ai ressenti ce jour-là, ce 9 Octobre 2018.

C’est une sensation curieuse, celle de se sentir minuscule mais aussi tellement importante et fière d’être humaine, et que notre espèce ait été capable de bâtir un endroit tel que le Machu Picchu, coincé entre deux montagnes de la cordillière des Andes, à 2438 mètres d’altitude.

Quelle émotion ! Quelle beauté ! Ne le dîtes à personne, mais quelques larmes ont roulé sur mes joues tandis que je me perdais dans la contemplation de l’une des Merveilles du Monde. Et quand on se trouve face à un tel lieu, ouais, on comprend que le titre de Merveille du Monde n’est pas volé. Pas du tout.Du tout du tout.

C’est vraiment merveilleux. Je crois bien que je n’ai même pas le mot adéquat dans mon vocabulaire pour définir la magie de cette cité inca bâtie au XVè siècle.

Heureusement y’a les sacs poubelle géants et Marmotte pour rigoler.

 

La visite du Machu Picchu

En vrai, on est restés bien plus de 4 heures parce que bon, la brume qui va qui vient, tout ça, c’était relou. Mais au moins on a profité à fond.

Notre guide est un puits de Science. Il nous apprend ainsi qu’officiellement, celui qui a découvert le site fut l’archéologue américain Hiram Bingham le 24 juillet 1911..Mais il paraîtrait que cette découverte fut en réalité bien plus ancienne. Et des tas de gens se battent pour savoir qui a trouvé quoi.

Toujours est-il que selon des documents rassemblés par l’archéologue, le Machu Picchu aurait été l’une des résidences de l’empereur Pachacútec. D’autres affirment qu’il s’agirait plutôt d’un sanctuaire religieux. Sachant que les deux théories ne sont pas incompatibles hein.

En tout cas, vu le nombre de Temples dédiés aux Elements, nul doute que de sacrés trucs religieux se cachent dans ces pierres.

Un dédale somptueux

Vu de loin, on pourrait croire que le Machu Picchu est un immense labyrinthe. Mais quand on s’enfonce dans les petites allées et dans les explications du guide, on pige vite que les incas avaient pensé à tout.

De la culture en terrasses orientées en fonction de la luminosité, du sens des vents et des pluies qui cheminent à travers les montagnes, tout ceci pour que les cultures aient un rendement maximal, aux divers accès pour les temples…Il y a même ce qui ressemble à des latrines, oui oui !

Les temples sont eux aussi des merveilles d’ingéniosité et d’architecture. Vous verriez les formes des pierres, leurs tailles et surtout leur poids !! Difficile d’imaginer que des Hommes ont pourtant réussi à acheminer et bâtir un édifice si monumental à la seule force des bras (et d’un peu d’ingéniosité donc). Et puis on comprend que le Soleil était chez les incas l’incarnation de la Vie, le centre de tout.

D’ailleurs c’est le Temple du Soleil qui est le plus majestueux. Il domine une grande partie du site, ce qui permettait à l’empereur inca d’avoir une vue sur l’ensemble du village :

Le temple du Soleil

Encore le temple du soleil

Le temple de l’Eau m’a semblé tout aussi merveilleux puisque la vasque remplie d’eau que vous voyez sur la photo suivante sert à refléter la lumière passant par la « fenêtre ».

Le temple de l’Eau

D’ailleurs on constate rapidement qu’être accompagné d’un guide sur le site n’est pas un luxe : il y a tellement de coins et recoins à explorer (et des passages interdits) que des explications et un cheminement logiques sont nécessaires (=euphémisme).

Malgré l’heure tardive de notre arrivée sur le site (environ 9h de mémoire), je trouve qu’il y a beaucoup beaucoup de monde sur le site. En témoignent mes clichés parsemées de points multicolores qui sont autant de personnes comme nous à découvrir cette merveille qu’est le Machu Picchu.

Cette situation géographique particulière est vraiment des plus impressionnantes. Imaginer qu’on ait eu l’idée d’ériger une résidence inca au milieu de ces sommets vertigineux, c’est vraiment complètement dingue. Mais les vues n’en sont que plus éblouissantes.

Je ne vais évidemment pas vous rédiger un cours d’histoire, de fonctionnement de l’Empire inca ou de son architecture. Mon ami Wiki pourra déjà vous éclairer sur le sujet. Et il existe des tas d’ouvrages consacrés uniquement à ce site emblématique, dont bien sûr le livre d’Hiram Bingham, l’archéologue qui a officiellement découvert le site en 1911.

Mais revenons à des choses plus terre-à-terre. Concernant le  choix de mes chaussures par exemple. Je suis vraiment VRAIMENT contente d’avoir pensé à mes pompes de randonnée…Si la majorité des touristes chaussait des baskets, j’en ai quand même vu se farcir le Machu Picchu en sandales ou mules (les godasses hein, pas les bêtes). Je suis contente aussi d’avoir de bonnes jambes, et je suis sûre d’avoir bien gainé mes cuisses et mes mollets sur le site.

Quant au sac poubelle géant, c’est moche mais c’est pratique.

Bref vous avez compris que le Machu Picchu…

…m’a littéralement subjuguée.

Scotchée.

Emue.

M’a faite réaliser tout un tas de choses que j’avais oubliées ces dernières années. M’a fait réaliser ce qui est important de ce qui est futile. M’avoir rappelée à ma condition d’Être humain, m’avoir rappelé qu’en toutes circonstances, l’humilité est une qualité précieuse.( et ces considérations-là, cette prise de conscience, je ne le savais pas encore au moment de mon voyage, mais j’en ai eu besoin tout au long de mon année 2019…)

Vous avez déjà vécu cela, vous ? Moi sérieusement je me suis pris une grande claque dans la face en visitant cette cité. Comme si toutes les conditions (sauf météorologiques) et tous les éléments (sauf le feu du Soleil donc), étaient réunis pour faire de cet endroit un lieu magique, un lieu imprégné d’une ambiance et d’une atmosphère propices au questionnement, à la remise en question.

Le site invite au recueillement, à la contemplation. A l’étonnement parfois aussi, notamment lorsqu’on voit que des lamas broutent, pépouses, au milieu de la cité. Il y a même une maman lama qui allaite son petit. Evidemment toute cette partie n’est pas accessible au public hein. Qu’on laisse les habitants naturels de ces lieux peinards, nom d’un chien camélidé.

Et pour les plus courageux…

On peut certes grimper depuis Agua Calientes jusqu’au Machu Picchu à la seule force de ses jambes. Mais on peut faire encore pire : gravir la montagne juste en face du Machu Picchu à l’aide d’un escalier géant taillé à même la pierre. On aperçoit depuis le site les fous courageux qui tentent l’ascension. Un sacré défi que j’aurais adoré tenter relever (mes genoux moins mais bon.)

 

 

Et puis on redescend vers Agua Calientes

J’aurais aimé rester des heures sur le Machu Picchu. J’aurais pu rester là, assise, juste à contempler cette grandeur, cette magnificence. La dernière fois que j’étais restée coite, c’était devant le Grand Canyon dix ans plus tôt. Mais il faut bien redescendre, surtout que nous avons largement dépassé les 4 heures de visite maximum initialement prévues. Je pense que les gardiens du site sont moins regardants quand le temps est brumeux comme ce 9 Octobre.

Je suis dans la lune pendant le trajet de retour en navette. Cette fois-ci, le car peut bien se viander dans le ravin ou dans la jungle, j’ai l’impression que plus rien n’a d’importance ! Je suis encore là-haut, avec les vieilles pierres, les lamas et les temples incas, la tête dans les nuages, les yeux vers l’horizon parsemé de sommets vertigineux…

Le trajet de retour me semble très court. Nous descendons de la navette et je vois bien que mes collègues ont aussi encore des étoiles dedans les yeux.

Soudain le soleil fait son apparition, l’occasion de prendre une photo souvenir ↑, et de constater que les insectes péruviens sont énormes dans la jungle ↓:

A l’échelle on voit pas bien, mais je pense que le bestiau fait 8 bons centimètres.

Je suis contente de ne pas avoir vu de serpents ou d’araignées, du coup.

L’heure du déjeuner puis du retour…

 

A peine remis de nos émotions et nos estomacs criant famine, nous nous dirigeons vers un immense restaurant à la décoration soignée, où la nourriture, servie sous forme de buffet, est excellente. Marco le guide, assis à notre table, propose en loucedé d’aller préparer lui-même un ceviche comme il les aime. (en loucedé parce qu’il n’allait pas en faire pour notre groupe de 30 personnes hein.)

En effet au rez-de-chaussée du restaurant, en lieu et place de bar à alcool, il y a un bar à ceviche. Marco demande au cuistot s’il peut le remplacer derrière le comptoir, le type accepte avec plaisir. Nous regardons alors Marco préparer son « ceviche comme il l’aime ». Et croyez-moi qu’après en avoir eu une assiette complète, je comprends TELLEMENT pourquoi il préfère le préparer lui-même. Je crois que c’est l’un des meilleurs (si ce n’est LE meilleur) que j’ai goûté de tout le séjour !

Après un copieux déjeuner et sous un beau soleil, nous nous dirigeons alors vers la gare que nous quittions la veille pour le trajet de retour. Nos valises, ramenées par l’hôtel, nous attendent là. Nous grimpons dans le train dans une ambiance joyeuse. Je vois que tout le monde a kiffé sa visite du Machu Picchu (sauf quelques-uns qui n’ont pas eu le meilleur guide qui soit).

Nous voyageons dans une classe « inférieure » pour ce trajet du retour. Pas de gâteau à la carotte ni de café pour cette fois. Et l’épreuve du pipi dans les WC du wagon, sans toucher la cuvette des toilettes avec son séant (toi-même tu sais) se révèle plus ardue encore que celle de le faire dans les toilettes d’un RER parisien. C’est dire.

En tout cas le trajet retour jusqu’à Allantaytambo se passe dans la bonne humeur. On a encore plein de paillettes dedans les yeux. Ca se voit. Ca se sent. Même si je ressens aussi une pointe de nostalgie à l’idée d’avoir déjà quitté ce magnifique site. Pour citer mon ami Wiki :

Une des œuvres les plus célèbres du poète chilien Pablo Neruda s’intitule Les Hauteurs de Machu Picchu, deuxième chant du Chant général :

« Machu Picchu es un viaje a la serenidad del alma, a la eterna fusión con el cosmos, allí sentimos nuestra fragilidad. Es una de las maravillas más grandes de Suramérica. Un reposar de mariposas en el epicentro del gran círculo de la vida. Otro milagro más. »

« Machu Picchu est un voyage à la sérénité de l’âme, à la fusion éternelle avec le cosmos, là-bas nous sentons notre propre fragilité. C’est une des plus grandes merveilles d’Amérique du Sud. Un havre de papillons à l’épicentre du grand cercle de la vie. Un miracle de plus. »

A l’arrivée, nos deux cars nous attendent pour nous amener jusqu’à notre hôtel en plein coeur de la Vallée Sacrée.

Il s’agit en fait d’une sorte de motel noyé dans la verdure, un vrai petit paradis. Et encore une fois, je ne suis pas prête d’oublier cette soirée…pour des raisons un peu particulières dirons-nous. Mais la suite, vous la connaîtrez dans prochain épisode de ma saga péruvienne !

Et vous, avez-vous déjà visité un site qui vous a laissé(e) sans voix ? Qui vous a transpercé(e) d’émotions et vous a fait ressentir tant de plénitude et d’humilité à la fois ? Lequel?

 




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Ca y est, nous y sommes : le jour de la visite du Machu Picchu, gniiiiii !!! Je suis excitée comme une puce sous amphètes mais aussi méga-fatiguée. Notre guide nous avait parlé de l'inutilité totale de se rendre au Machu Picchu dès l'aube. En effet, les touristes prennent...
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