Agua Calientes train machu picchu

Souvenez-vous, je vous quittais fin Novembre dans mon récit (j’ai honte) au soir de notre 8ème jour au Pérou. Nous venions de sortir du train nous menant à Agua Calientes, la ville en contrebas du Machu Picchu où tous séjournent avant le début de leur ascension.

Il est tard, la nuit tombe et il pleut. La huitième journée n’est donc pas terminée..Et Marco notre guide nous a fait une confidence lorsque nous étions encore à Cuzco : nous allions avoir une belle surprise à Agua Calientes avec un surclassement de OUF pour notre hôtel. Il ne nous en a pas dit plus, préférant conserver la surprise…Et il a bien fait !

A partir de ce jour, tout fut tellement intense que je n’ai plus pris le temps de prendre des notes dans mon carnet, préférant de loin profiter de chaque instant dans les montagnes andines sacrées. Alors je suis sûre que vous ne m’en voudrez pas de composer avec mes souvenirs. Et heureusement que les innombrables photos prises m’aident à me souvenir de quelques détails…

L’hôtel InkaTerra, un poème à lui tout seul

Sitôt sortis de la gare, nous roulons (nos valises)(oui parce que nous sommes à pieds) jusqu’à l’hôtel de dingue que Marco nous a tant encensé. Bon. Il fait nuit donc l’ambiance est différente. MAIS MÊME.

Nous sommes tous en-chan-tés de cette vision nocturne : des lampions dans la nuit, une végétation luxuriante, de tous petits édifices, comme des maisons, comme un motel, au détour de petits chemins dont les panneaux en bois nous indiquent les directions. Certes c’est un vrai labyrinthe ( nous mettrons environ 34 minutes à trouver notre chambre ) mais boudiou ce que c’est charmant, intimiste et surtout : quel pied ce sentiment de séjourner au coeur de la nature !

Evidemment, lorsque nous arrivons au niveau de la réception où nos bagages arrivent depuis la gare et où l’hôtel nous offre gentiment un pisco de bienvenue, Marco ne manque pas une occasion de nous coller les miquettes en parlant de mygales (je vais mourir), de serpents (je VAIS MOURIR) ou de dizaines de petits colibris colorés(je me sens mieux). J’aime autant vous dire que les 34 minutes de recherche de notre chambre, dans la nuit, sous la pluie, avec des bruits d’animaux autour de nous, ben ça m’a pas rassurée des masses ( en fait je regardais surtout mes pieds à guetter les serpents ou les araignées, alors tu m’étonnes qu’on n’ait pas trouvé la chambre tout de suite, hahaha).

Sitôt notre magnifique chambre découverte, j’ai à peine le temps de m’exclamer sur la beauté et la grandeur de celle-ci (et je vous parle pas de la salle de bains) que je déballe mes affaires viteuf, j’enfile un petit vêtement de pluie et je retourne au bar, où naturellement je retrouve mes collègues en train de s’en enfiler un petit derrière la cravate. #AperoTime.

Inka Terra pueblo hôtel chambres

Bon là c’est le bordel (c’était le lendemain matin) mais je vous jure que c’était hyper chouette comme piaule. Et vous voyez bien la végétation luxuriante derrière la baie vitrée.

Marco nous avait briefé sur le lieu : au sein-même de l’ hôtel, il y a des sources d’eau chaude (du moins c’est ce que nous avions compris)( < on se trompait ) où nous pouvions nous baigner. Les sources d’eau chaude d’Agua Calientes quoi ! Dans NOTRE hôtel ! Impossible de ne pas séjourner près du Machu Picchu sans se baigner dans ces sources naturelles !  (pour les moins espagnols d’entre toi, Agua calientes signifie justement eaux chaudes.)

Alors plutôt que de nous reposer dans nos chambres (ce que très peu choisirent comme option) en attendant le dîner, nous sommes une grosse douzaine à décider de foncer au marché local qui ferme tout bientôt (la nuit tombe à 17h30 et le marché ferme à 19h) , puis d’enfiler nos maillots de bain (oui il fait nuit mais il a arrêté de pleuvoir au moins) et à partir à la recherche des sources d’eau chaude, à l’aide d’un plan…plutôt approximatif.

Je n’ai aucune photo de cette virée nocturne dans le marché, ni même du périple à travers l’hôtel qui nous attend. Mais ces souvenirs resteront bien vifs dans ma mémoire…J’ai dû user du langage des signes et de mots espagnols prononcés comme une vache islandaise pour trouver un joli poncho à LaLutine (j’ai trouvé). J’ai perdu tous mes collègues dans les allées du marché pour en retrouver d’autres que je n’avais pas vus depuis l’ hôtel…Bref.

BONUS : Je vous laisse rêver sur l’ hôtel InkaTerra grâce à ces photos. Ouais c’était un 5 étoiles. Mazette, Marco ne s’est pas foutu de notre gueule.

A la recherche des sources

A un moment, un miracle se produit et nous parvenons à nous rassembler. Nous sommes 4 (pour douze au départ je le rappelle) et nous rentrons à l’hôtel pour enfiler nos maillots. Et dans la nuit noire, sous les faibles lueurs des lumières de l’hôtel, nous partons à la recherche des sources d’eau chaude.

Au bout de 20 minutes à tourner et retourner les chemins de l’hôtel (il est plutôt étendu)( et allez faire ça en tongs, maillots de bain et serviettes autour de la taille au milieu de la nuit en flippant de tous les bruits environnants hein ! ), nous n’avons pas trouvé les sources mais les collègues égarés au marché qui eux aussi, cherchent.  Nous décidons de nous scinder en trois groupes pour trouver le merdier.

Grossière erreur. (On retrouvera le dernier groupe une heure après.)

Nous nous sommes même retrouvés en maillots de bain DANS la ville d’Agua Calientes parce que non, décidément on ne trouvait pas.

Et à un moment, nous passons dans un petit chemin que je crois reconnaître…Et au bout : une piscine ! En fait deux piscines, dont l’une est entièrement vide. Ce ne sont pas des bassins rectangulaires de 25mètres, non non. On dirait de grandes vasques et surtout on voit clairement la vapeur d’eau au-dessus de l’eau..LES SOURCES CHAUDES, enfin !!

Nous retrouvons le premier groupe déjà en train de se la couler douce dans le-dit bassin, qui se fiche de nous d’avoir mis tant de temps à trouver ( mais on n’est pas les derniers non plus hein ).

Excités à l’idée d’enfin se glisser dans cette eau qui semble pile à la température que je fantasme, j’enlève ma serviette et vire mes godasses. Mes trois collègues féminines font de même, dont ma coloc…et là soudain je la vois se baisser pour enlever son pantalon et elle hurle. Mais elle HURLE. Sans rire, j’ai fait une mini attaque cardiaque. J’ai cru que mon coeur allait sortir par ma bouche. J’hurle à mon tour et je regarde alors l’endroit incriminé, c’est-à-dire entre ses pieds, toujours en  hurlant,m’attendant à croiser la peau luisante d’un serpent.

Et je vous le donne en mille. Ce n’était ni un serpent, ni une mygale, mais une…grenouille.

Je répète : une grenouille.

 

 

Les deux autres comparses se joignirent alors à moi pour arrêter de hurler de terreur et pour lancer des regards assassins à ma coloc. Sandek, on a tous failli calancher à cause d’un batracien de 4 centimètres de longueur ?! Et puis on a tous éclaté de rire, un bon gros fou rire des familles (sauf ma coloc, elle était encore en pleine apoplexie.)

Elle nous avoua alors, penaude, qu’elle en avait une phobie. Okaaaaay, ben on n’a pas le cul sorti des ronces avec elle en pleine jungle.

C’est d’ailleurs pendant que je me glissais les fesses avec délectation dans l’eau chaude que j’ai croisé son regard mi-apeuré mi-content d’être là. Elle scrutait PAR-TOUT. Les moindres recoins. Elle n’était pas tranquille. Et je peux vous dire que mes collègues n’en ont pas manqué une pour lui coller les miquettes à base de « oooh mais c’est quoi ce machin dans l’eau? »  » et c’est quoi ce bruit dans les feuilles là ? ». Heureusement qu’elle était en maillot de bain car je pense que sinon elle aurait fait une coulante dans sa culotte (moi j’avoue j’étais pas super à l’aise non plus à l’idée de tomber nez-à-nez avec une bestiole sans pattes ou au contraire avec trop de pattes c’est-à-dire plus de 6 – ma limite.)

L’instant est délicieux. Dans la nuit, avec les lampions, les miches dans les sources chaudes, bercés par les remous de l’eau, on se détend, on rigole. J’ai délaissé ma pudeur de me mettre en maillot devant mes collègues au placard. Après tout, mes bourrelets ont aussi le droit de kiffer. Et là on se dit qu’il nous manque juste les cocktails pour être au paradis. (on se rattrapera après le dîner).

Une soirée rires, magie (et tromperie sur la marchandise)

Après une bonne grosse demie-heure de trempette, il est temps de se diriger vers le restaurant qui nous attend. A quelques mètres de notre hôtel, nous découvrons un restaurant qui surplombe la voie ferrée. Absolument charmant et surtout une déco authentique et chaleureuse. Nous passerons une soirée fort agréable et un dîner mémorable pour la qualité des plats. (Et le pinard était une tuerie). J’étais installée à une petite table de quatre car la table de convives n’était pas assez grande, mais ainsi j’ai pu profiter de plus de vin des récits de Marco et du couple de collègues installés avec moi. Une discussion profonde et des sujets qui me touchaient beaucoup…J’étais plus spectatrice qu’actrice de cette conversation mais c’était drôlement chouette et le vin m’a tourné la tête. Mais c’était vraiment vraiment chouette. Même si j’ai pleuré un peu parce que des choses se sont remuées tout au fond de moi.

Le repas est fini. On se promène dans le village d’Agua Calientes, encore fort animé à cette heure. On trouve même un immense terrain de sport en plein air où des gosses de tous âges jouent au basket et au foot sous des éclairages tellement puissants que vu du ciel, on pourrait croire à une piste d’atterrissage d’avion. Grisés par cette soirée sympa, et sans doute ultra-excités de découvrir le Machu Picchu le lendemain matin, nous n’en avons pas terminé avec notre soirée. Après tout, quand tu kiffes vraiment, tu n’as pas envie que la journée touche à sa fin. Tu veux profiter jusqu’au bout et que le temps s’étire à l’infini. Alors nous décidons d’aller chercher nos bouteilles de pisco, de binouzes locales et les reliques de nos apéros passés (dont des avocats gros comme des pamplemousses)( mais PAS de brochettes de cochons d’inde, merci mais non merci )  et de nous installer aux tables côtoyant les sources d’eau chaude de l’hôtel, tout en ayant pris soin de vérifier la présence ou non de batraciens.

On a ri. On a appris à se connaître, certains collègues et leurs conjoints. On s’est émus et putain c’que c’était bon.

Et vous savez la meilleure ?

Le lendemain, nous apprîmes que non, en fait les sources d’eau chaude n’étaient pas dans l’hôtel InkaTerra : c’était juste de beaux grands bassins d’eau chauffée par l’hôtel. Les sources étaient plus loin dans le village, plus hautes dans la montagne. On a ri de notre bêtise, mais je crois qu’on a tous décidé à ce moment-là que ça ne retirait en rien à la magie du moment : se baigner en pleine nuit au coeur de la jungle, c’est quand même pas tous les jours (même si c’est une piscine artificielle).

 

Et le lendemain, la Magie prendrait encore un autre sens avec la découverte d’une Merveille du Monde…

Mais ça, je vous le raconte dans mon prochain billet !

 

PS : c’est mon billet de la saga qui compte le moins de photos, mais je vous jure sur la tête de mon lapin que je me rattrape dans le prochain, hehehe.

 




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