Pérou Sillustani mate coca Puno circuit tourisme

En ce cinquième jour de circuit, je me réveille péniblement après une nouvelle nuit cauchemardesque en compagnie de ma coloc au bout de sa vie. Elle n’a pas arrêté les allers-retours entre la chambre et les waters. Je l’ai entendue malgré mes boules quiès.  Mais bon, je peux trop rien dire, elle est malade. J’ai d’ailleurs failli moi aussi rendre le contenu de mon estomac ( c’est-à-dire : rien ) en pénétrant dans la salle de bains pour me doucher avant le petit-déjeuner…Cette odeur mes amis, cette odeur de vomi dès le réveil…Hmmm un régal.

( Il commence pas mal cet article non ? )

En 20 minutes chrono, je me douche et m’habille avant de balancer toutes mes affaires pêle-mêle dans ma valise. Pas le temps de ranger, c’est qu’il faut absolument que je petit-déjeune ! Ce premier repas de la journée se composant essentiellement de trois litres de café pour ma part.

Arrivée au buffet, j’apprendrais que ma coloc n’est pas la seule personne atteinte d’un sale truc puisque 5 autres personnes ont été malades toute la nuit…Et qu’il s’agit bizarrement de 5 femmes. Moi bizarrement, j’ai RIEN. Mais vraiment rien. A peine un caca bizarre. Pour une fois que c’est pas sur moi que ça tombe ! ( je rappelle quand même que j’essaye tant bien que mal depuis 5 jours d’effectuer moi-même mes pansements de raie duc’..Donc finalement j’ai déjà ma part hein.)

Le trajet Arequipa ⇒ Puno

6h30 : c’est l’heure du départ en car, direction Puno.  Ca ne m’avait pas manqué, le car. Et puis tout à coup j’ai mal au bide et je mouche du sang.

7h00 : Comme un gros morceau de notre groupe a été décimé par les vomitos et la chiasse la diarrhée, Marco nous propose de ne pas perdre encore une partie du groupe ( ça ferait désordre ) en anticipant le Mal Aigü des Montagnes. Le « fameux » MAM de mon titre d’article. Allez ne me dîtes pas que vous êtes déçue que je ne parle pas d’une ancienne femme politique, je ne vous croirais pas. Il demande donc au car, à peine la ville d’Arequipa traversée, de s’arrêter dans une boutique pour déguster une curieuse boisson médicinale baptisée « Mate inca ».  Je résiste à l’appel de la boisson miracle, que j’ai crue uniquement destinée à celles et ceux ayant subi la nuit plutôt que dormi la nuit. Du coup je décline. C’est plutôt mon nez qui m’inquiète. Alors je demande à Marco pourquoi je pisse le sang, et il me répond que c’est un « signe d’acclimatation à l’altitude ». Je sais pas s’il dit ça pour rassurer tous les touristes qui ont des bobos…En tout cas sur moi ça fonctionne : je suis rassurée. Alors je m’enfonce un mouchoir dans les narines. J’ai l’air con mais je suis ravie de « m’acclimater à l’altitude ».

9h45 : Deuxième arrêt du car, cette fois-ci dans un endroit complètement isolé, légèrement en marge de la route Panaméricaine. Le lieu est absolument magnifique. Mais pour l’heure, je me précipite hors du car pour aller faire pipi ( 1 soles pour avoir du PQ ), puis pour aller commander une grande tasse de mate inca. J’ai envie de boire un breuvage chaud, et je commence à avoir mal au crâne alors avec un peu de chance ça va HMMMM c’est vachement bon !!! En fait ce sont des feuilles de coca et d’autres feuilles ( mais je me rappelle pu lesquelles ) qu’on mélange à de l’eau bouillante puis qu’on laisse infuser. Alors évidemment ça sent les plantes à plein nez, mais ça fait du bien par où ça passe.

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En attendant que ma tasse géante refroidisse un peu, je m’en vais prendre des photos du paysage ambiant, à couper le souffle entre terres arides et massifs rocheux gigantesques :

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C’est aussi l’occasion d’admirer les vigognes à l’état sauvage, qui mangent paisiblement dans les quelques touffes végétales parsemées dans les cailloux et le sable. Il y a aussi une femme qui a trouvé un peu d’ombre à l’abri de quelques parpaings, et tient en laisse son alpaga bien touffu :

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Nous avons dû grimper de quelques mètres d’altitude car malgré le soleil écrasant, on sent que le fond de l’air est bien plus frais. Tout le monde remet sa petite laine sur son dos.

11h00 : J’ai fait arrêter le car en pleine pampa. Bon pas vraiment la pampa, mais j’ai obligé Marco à demander à un couple de restaurateurs ( d’un vieux bouiboui perdu dans la pampa ) si je pouvais leur emprunter leurs wécés…Je sais pas si c’est le mate inca qui a eu un effet diurétique de malade mental, mais je me suis retrouvée avec une envie d’uriner telle que j’étais au bord du malaise dans le car ( le WC du car étant bouché et déjà plein, j’imaginais déjà le carnage si j’ajoutais ma pierre à l’ eh dis pisse édifice ). Sandek j’ai vu des petits points devant mes yeux, j’étais vraiment mal. J’ai couru en mode pingouin sans réfléchir, je savais même pas si j’allais dans la bonne direction mais j’ai couru dès que le car s’est arrêté. J’étais prête à pisser derrière un poteau, derrière un arbuste, derrière une fleur de cactus. C’est là que Marco a gueulé « hey Lucie, vient faire pipi par là dans le resto !! »Le couple a bien voulu que j’emprunte des toilettes, moyennant une pièce. Y’en avait deux des waters, et je sais pas si vous voyez le délire, mais 4 collègues féminines ont eu le temps de faire leur affaire que moi, je n’avais pas encore terminé de vider ma vessie…Voilà voilà.

Le point culminant de notre périple

Quelques kilomètres plus loin, Marco fait arrêter le car pour plusieurs raisons :

  1. Nous avons atteint le point culminant de tout notre circuit péruvien ( car vous verrez que le Macchu Pichu n’est pas si haut que ça ) :

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Nous sommes donc à 4528 mètres d’altitude. Nous sentons que l’oxygène se fait rare, et surtout il fait beaucoup plus frais qu’à Arequipa. Le trajet de 20 mètres jusqu’au panneau m’essoufle déjà. Ce qui nous amène naturellement au point numéro deux :

2. Certains commencent à ressentir des symptômes du MAM ( Mal Aigü des Montagnes, pour ceux qui suivent pas au fond ). Un collègue en particulier est blanc comme une endive et présente des signes de détresse respiratoire assez flippants. Marco, habitué de la chose, empoigne alors une bouteille d’oxygène sorti d’on ne sait où dans le car, et lui colle un masque sur le museau.

De mon côté les saignements de nez se sont arrêtés mais je commence à avoir un gros mal de crâne. Je tire les rideaux du car. Ah au fait ! Depuis le matin, je dispose pour moi seule de deux places côte-à-côte ( un luxe dont je suis la seule à jouir ) car ma coloc et voisine, indisposée par les odeurs d’une collègue qui a vomi dans le car ce matin, a préféré fuir dans les places du fond. L’histoire m’apprendra qu’elle ne reviendra jamais à côté de moi et c’est tant mieux : avec ma raie des fesses fraîchement opérée ( et les nuits pourries que cette même voisine m’offre ), je vais pouvoir m’allonger tout mon saoûl. Youhouuuuu !

13h00 : Nous nous arrêtons sur la Panaméricaine pour jouir d’une vue splendide sur le paysage aride. Au pied des montagnes, non loin d’une gigantesque faille tectonique, tout est sec et aride. Nous voyons néanmoins une bonne dizaine de vigognes, pas du tout apeurées ni étonnées de notre présence. C’est mignon tout plein comme bestiole. Et ça a l’air tellement douuuuux ! On a vraiment envie de les toucher. Mais pas question de s’en approcher pour ne pas les effrayer et les déranger dans leur habitat naturel.

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Elles broutent ici le seul végétal présent : l’herbe ichu, des touffes aussi sèches que l’air ambiant…

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Au bord de la route, une femme vend ses créations de laine. Un véritable arc-en-ciel de couleurs vives, au milieu desquelles jouent deux enfants craquants dont j’immortalise la beauté :

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14h30 : nouvel arrêt pour que certains puissent se soulager. Notre car s’arrête pile sur une vue magnifique d’un lac, près duquel trônent des ruines d’un ancien four. Là aussi quelques vendeurs ambulants proposent des lainages, et on comprend bien pourquoi : les températures ont chuté, ce qui me contraint à passer mon snood sur ma tête pour me protéger du vent glacial :

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Un pipi plus tard et nous voilà repartis ! Bon, quand est-ce qu’on arrive ? J’ai faaaaaim !

 

Le site de Sillustani

15h30 : aaaaah ! Enfin nous arrivons. Mais nous ne sommes pas encore à Puno, non non. Le car s’arrête sur le magnifique site de Sillustani, où Marco nous propose de déjeuner ( vu l’heure, je dirais plus goûter mais soit ) puis une marche assortie d’une visite de ce site pré-inca . Il nous invite à nous couvrir car il fait frisquet. Mon collègue au masque à oxygène est au plus mal. Sandek, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi livide respirer avec tant de difficultés…Il préfèrera en toute logique rester au car.

Après deux cent mètres de marche, où j’entends bon nombre des collègues se plaindre d’un mal de tête lancinant ( moi y compris ) ,nous arrivons dans un restaurant en bordure d’un magnifique lac, au bout duquel nous apercevons une épaisse fumée blanche.

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Au restaurant, l’ambiance est très calme. Les difficultés à respirer et les maux de tête ainsi que les nausées ont raison de notre énergie. Le déjeuner servi sous forme de buffet est très bon et copieux, mais j’ai du mal à apprécier mon ceviche tant je suis barbouillée. Au fait le ceviche vous connaissez ? C’est une spécialité péruvienne composée de poisson cru (souvent du cabillaud ), voire parfois de fruits de mer, servi en marinade froide avec du citron vert, du piment d’espelette, de l’ail et de la coriandre. Un vrai délice quand le poisson fond sous la langue ! ( moi naturellement j’ai joué ma relou tout le long du séjour puisque détestant la coriandre, j’ai demandé à ce qu’on m’en prépare sans – ce que Marco fera de bonne grâce quelques jours plus tard dans un autre restaurant. )

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Encore une visite aux wécés que je n’oublierais pas puisqu’elle me permet de prendre de magnifiques photos du lac Umayo entre deux bouchées de ceviche.

Attention : avalanche de clichés !

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Je déjeune donc peu mais je bois beaucoup ( d’eau ). Et je décide malgré mon puissant mal de crâne de suivre le guide qui nous emmène au point culminant de l’endroit : le site de Sillustani. Beaucoup préfèrent rester en bas, à attendre notre retour. Mais moi j’ai pas fait 10.000 kilomètres pour passer mon tour à cause d’une céphalée, je veux TOUT voir !

Nous grimpons donc quelques mètres de plus. Moi qui suis adepte de randonnée, je peux vous dire que je n’ai jamais mis autant de temps à gravir si peu de distance. Le manque d’oxygène se fait cruellement ressentir !

Mais rien que la petite ascension vaut le coup d’oeil, ne serait-ce que pour le panorama qui s’étend sous nos yeux :

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Nous découvrons, sous les explications de notre guide local, que Sillustani est un site funéraire archéologique pré-inca. 

Le site a cela de remarquable qu’il présente plusieurs chullpas, dont plusieurs ont été pillées et d’autres pas encore achevées, mais qui permettent de se représenter parfaitement comment le peuple Colla, conquis par les incas au XVème siècle, honorait ses plus hauts dignitaires.

Les chullpas sont des tours funéraires, dont les pierres très massives et parfaitement ajustées étaient assemblées avec de la chaux. C’est incroyable de se figurer qu’à cette époque, on était capable de trouver et d’acheminer des pierres parfaites pour ériger ces tours funéraires circulaires, pouvant atteindre 12 mètres de haut. C’est bête mais ce site m’émeut beaucoup.

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Quelques pas plus loin, nous découvrons un endroit parfaitement circulaire délimité par des pierres. En son milieu se dresse une sorte d’autel. Le guide nous explique qu’à l’époque, les incas n’hésitaient pas à éxécuter des rites sacrificiels, et particulièrement des sacrifices humains pour le dieu Soleil.

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Notre ( froide ) visite se termine presque lorsque notre guide nous présente une vieille femme dont j’ai oublié le nom, qui est la gardienne d’une île protégée, là juste en face, où vivent des vigognes. Elle tient en laisse un bébé ( vigogne hein ) de 4 mois qui pousse de petits ronronnements. C’est très attendrissant. Grâce à leur laine, la femme tricote des mitaines et leur vente lui permet de subvenir à ses besoins sur l’île, où elle vit seule entourée de vigognes.

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Après cette visite que je n’oublierai pas de sitôt et pour laquelle je ne regrette pas d’avoir bravé mon mal de tête, nous redescendons vers le car et les collègues moins courageux qui pour la plupart, se sont enroulés dans leurs ponchos pour se protéger du froid.

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Nous arrivons vers 20h à Puno, la ville située en bordure du lac Titicaca. Il fait déjà nuit noire quand nous pénétrons le hall de l’hôtel La Hacienda, situé en plein centre ville. Un homme d’allure imposante nous attend, avec une grosse mallette noire sous le bras. On dirait un tueur à gages. En fait il s’agit d’un médecin cardiologue que Marco a fait appeler à notre hôtel pour nos « blessés ». Pas moins de 4 collègues ( sur 40 ) sont en grande détresse respiratoire et placés sous oxygène. Le docteur les fait monter chacun dans leur chambre, pendant que nous autres investissons les lieux.

La chambre est petite mais très propre, au 3ème étage,  avec une grande verrière donnant sur la rue. C’est très bruyant mais charmant. Nous déballons nos affaires et prenons une douche rapide. Puis je retrouve quelques collègues au rez-de-chaussée pour siffler quelques mate de coca bien chauds…Ensuite nous retrouvons les autres au restaurant de l’hôtel. Le repas servi à table est très copieux, mais je ne peux rien avaler à part une soupe. Toujours malàlatête, comme la majorité de mes collègues. Soudain, nous voyons apparaître, tout fringuant, notre collègue le plus mal en point qui avait fait sortir sa bouteille d’oxygène à Marco. Apparemment, le docteur lui a fait une piqûre dans le derrière, et depuis tout va mieux. Une piqûre magique !! On se demande bien quel est le médoc miracle puisque le lendemain, les trois autres seront eux aussi sur pieds.

Après une nuit marquée par les ronflements de ma coloc ( qui a préféré ne pas dîner ) ( et donc encore une fois ne pas se laver les dents ) , nous partirons à la découverte du lac Titicaca et de ses îles flottantes…J’ai hâte ! Pour l’heure, je profite de la connexion Wifi pour tenter d’uploader quelques photos sur le blog…Après 30 minutes, j’ai réussi à en charger trois, youhouuuuu !

 

Vais-je me venger cette nuit de toutes les nuits pourries que m’a offertes ma coloc ? Et si oui, comment ?

Serais-je d’attaque pour la découverte du mythique lac Titicaca ? C’est ce que vous découvrirez dans mon prochain article péruvien !




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