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A l’heure où les loisirs et sports à sensation ont le vent en poupe, je m’emploie à aller à contre-courant en vous expliquant pourquoi et comment m’est venue l’idée d’adhérer à ce passe-temps , dit de mémé, qui me peut me tenir en haleine de longues heures durant : le point de croix.

Et pour répondre à certains, NON, je ne suis pas une ménopausée de 28 piges, chaussant ses lorgnons, les pieds plein de varices emmitouflés dans son plaid fait-main, à regarder un épisode de Derrick d’un oeil torve.

Avant toute chose , il faut expliquer ce qu’est le phénomène Lu : LaLu est une bourrasque sur pattes capable de dévaster un appartement en quelques heures et de sortir en discothèque tous les soirs de semaine. Psychosexy  en a fait les frais il y a quelques temps. Mais comme toute tempête, elle a des périodes de creux. Des moments où son postérieur est irrémédiablement attiré par la souplesse de son canapé, des instants forts au cours desquels elle excelle dans l’art de la zapette, et quand enfin elle se décide à se sortir les doigts, c’est pour aller se faire couler un bain ou un café.
Car la Lu a une fâcheuse tendance à stresser : le boulot, les transports, les bouchons, les soirées à préparer, les déboires de la vie quotidienne sont de véritables calamités pour ses pieds, qu’elle s’emploie à charcuter à l’aide d’un coupe-ongles acéré tous les soirs, avachie devant la téloche.
C’en était assez, il fallait qu’elle occupe ses 10 doigts autrement.

De toute façon, elle avait toujours été « une manuelle » : peinture et canevas quand elle était petite, puzzles de Anne Geddes quand elle était plus grande, bijoux en cristaux de Swarovski…Elle aimait s’auto-défier, même quand elle n’avait qu’une dizaine d’années ( « si je finis pas le contour du puzzle en 8 minutes, j’ai pas le droit d’aller faire pipi ») ( avec les conséquences que cela impliquait ).

Par contre, elle laissa définitiviement tomber le tricot après avoir rageusement déchiqueté une pelote du pull de Maman parce qu’elle n’arrivait pas à faire ses mailles de départ. Elle se souvient encore de la taloche monumentale qu’elle s’est mangée.
Plus tard, elle devint même technicienne chimiste, parfaisant sa vocation de touche-à-tout.

Alors oui, ça peut paraître bizarre de confier des loisirs qui nécessitent beaucoup de patience à quelqu’un d’assez survolté mais croyez-moi : faire preuve de concentration et ignorer tout ce qui se passe autour de soi pendant quelques instants, ça détend !

Ma première oeuvre ( ouais, c'est laid )

Ma première oeuvre ( ouais, c’est laid )

Le point de croix est une technique de broderie qu’il ne faut pas confondre avec d’autres travaux. En effet, il existe tout plein de variantes :

►●◄ Le canevas qui consiste à broder une toile pré-imprimée, en effectuant des points dans un seul sens. Forme du point : [ / ] ou [ ] Cette technique est préférée par nos aïeulles car le maillage est assez gros.

►●◄ Le petit point qui était un loisir masculin dans la marine britannique ( sisi ! ) qui consiste à remplir une toile à gros maillage de points de croix et de demi-points pour recouvrir totalement la toile.

►●◄ La peinture à l’aiguille qui est un art imitant la peinture à l’aquarelle en Chine. C’est l’une des broderies les plus difficiles à réaliser car elle est effectuée avec un seul brin de soie, le travail devant être identique des 2 côtés de l’ouvrage pour qu’il soit parfaitement réversible. La difficulté consiste donc à ne voir aucun nœud, aucun changement de fil sur les deux faces de l’ouvrage.

Le point de croix reste la technique la plus employée : d’après un diagramme et sur une toile vierge, on effectue des points en forme de croix. Il existe deux méthodes pour broder :

● On effectue les croix [ X ] les unes après les autres. La méthode est dite « traditionnelle ».
● On effectue les demi-points [ / ] à l’aller puis on les complète tous par le demi-point inverse [ ] au retour. On arrive donc au même résultat [ X ]. Cette méthode est dite « danoise ».

Dans le même ouvrage, il est très fréquent que j’utilise les deux techniques : le plus souvent la danoise mais la traditionnelle pour les points isolés. De toute façon, la seule chose importante à retenir est que les points doivent tous être effectués DANS LE MEME SENS. C’est-à-dire que si on effectue sa croix en commençant par [ / ] et en la terminant par [ ], il faut que tous les autres points suivent cette logique.

Ce qu’il faut savoir également, c’est qu’il existe plusieurs niveaux de difficulté dans le point de croix. Le diagramme le plus facile sera effectué sur toile Aïda avec seulement des points de croix, tandis que le plus corsé sera sur toile de lin ou étamine avec des ½ points, des points arrières, des ¾ de point et des points de nœuds.

Ma seule oeuvre inachevée sur toile de lin

Ma seule oeuvre inachevée sur toile de lin

Toi qui débutes et qui te lancerais bien suite à la lecture de cet article,  voilà quelques conseils qui pourraient t’être fort utiles.

►●◄ Les motifs et les supports ►●◄

 
Quoiqu’on en dise, le point de croix n’est plus un loisir de mémé. Le renouveau constant des motifs à broder en est une preuve : il n’y a plus seulement des paysages plein de fleurs et de lacs, il y a aussi de charmants abécédaires pour les tout-petits, des tableaux qui fleurent bon l’inde ou la chine, des bébêtes, des Diddle et personnages Disney etc…

On peut varier les plaisirs en brodant sur différents supports : il existe des toises à broder, des couvertures de carnets de santé, des marque-pages, des nappes, des nounours, des cartes de vœux… mais aussi ceux qui resteront dans mon esprit comme vieillots : le dévidoir à PQ, les rideaux et les ronds de serviette.
Pour la broderie traditionnelle, c’est-à-dire celle pouvant être montée sur cadre, il y en a de toutes les tailles : des mini-motifs pour les débutantes qui voudraient s’exercer, à la toile de plus d’un mètre cinquante pour la brodeuse la plus chevronnée.

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ma mallette de rangement. A droite, le diagramme de mon abécédaire et le tambour à broder ( acheté 4 € ) , à gauche le « tri-fils » avec les symboles correspondant au diagramme.

 

►●◄ Le matériel ►●◄
Pour une débutante, il convient de se munir :

  • d’une paire de ciseaux.
  • d’une aiguille. Il en existe de différentes tailles. Pour simplifier, il faut que le chas soit assez gros pour acceuillir plusieurs brins à la fois, mais pas trop pour ne pas risquer d’abîmer la toile en passant dans les trous.
  • d’échevettes de coton comptant 6 brins. Chaque fil est divisible en 6, sisi, regardez bien ! Le fournisseur le plus connu reste DMC. Chaque échevette de couleur est reconnaissable par son numéro d’identification et coûte en moyenne 1.30 €.
  • D’une toile : pour les débutantes, il convient d’utiliser la toile Aïda. Elle est tramée régulièrement et les carrés qui contiennent les croix sont très visibles. Il existe plusieurs tailles de maillage : un maillage serré est un travail plus minutieux car les carrés sont plus petits. Le travail sera donc plus soigné mais le motif sera de taille plus petite. Pour les confirmées et pour les travaux vraiment très très minutieux, on peut travailler sur toile étamine ou sur toile de lin : les carrés à broder sont invisibles à l’œil nu. Pour vous faire une idée, prenez une nappe ou une serviette en tissu et approchez-vous : vous devinez que le tramage de la toile laisse apparaître de minuscules carrés. C’est ceux-là qu’on brode, sisi !!
  • D’un diagramme : qui est le format papier du motif que vous allez broder. On peut trouver des diagrammes dans de beaux livres empruntés à la bibli du coin ou achetés à la librairie, dans des revues mensuelles ou semestrielles au tabac-presse, dans les kits de broderie et sur internet. On peut même se procurer un logiciel spécialisé grâce auquel n’importe laquelle de nos photos peut être traduite en diagramme à broder !
  • D’une dose de patience !
L'abécédaire réalisé pour mon petit cousin ( toile aïda ) ( vendu en kit )

L’abécédaire réalisé pour mon petit cousin ( toile aïda ) ( vendu en kit )

 

►●◄ Les kits de broderie ►●◄

Pour sûr se procurer tout ce matériel peut devenir onéreux, quand on sait qu’un mini-motif peut compter une quinzaine de couleurs…Le plus simple pour une débutante, ou pour une feignasse comme moi :B , est encore d’acheter sa première œuvre en kit.

Il faut d’abord commencer par repérer un motif qui nous plaît puis dans le kit, vous trouverez tous les fils triés par symbole, le diagramme, une aiguille et la toile.
Les diagrammes sont souvent très clairs et expliquent :

  • la reconnaissance des fils : chaque couleur est associée à un symbole que l’on retrouve sur le schéma [ ben oui, imaginez un diagramme où chaque carré de 2 mm contiendrait « bleu clair », « jaune vif » ? ] mais aussi la correspondance DMC, au cas où suite à une erreur monumentale, vous auriez perdu un mètre de fil et seriez contrainte à racheter une échevette. En général, les kits contiennent bien assez de fil pour pouvoir se planter plusieurs fois 🙂
  • la technique du point : car en plus du point de croix, on peut tomber sur du point arrière pour faire les contours, du point de nœud pour faire des yeux et le nombre de brins diffèrent …Le diagramme nous vient vite en aide à l’aide de quelques petits schémas simplifiés très clairs.
  • Comment entretenir votre œuvre : car la toile est très sensible…le diagramme explique comment la laver, la repasser et même quelquefois comment l’encadrer. Des conseils bien judicieux, que je m’empresse de relire à chaque travail terminé.

Contrairement aux idées reçues, le kit revient moins cher que d’acheter au détail. On en trouve de 10€ à plus de 200 € selon la taille de l’ouvrage. De plus on ne risque pas d’oublier d’acheter une couleur, ou de se rendre compte que le toile est trop petite.

Pour moi, c’est le moyen idéal de commencer. Quelque soit le fournisseur de kits ( DMC étant le leader ) , je n’ai jamais eu de déceptions concernant la qualité et la quantité de fils ou de toiles. Je les commande tous chez Broderie.com qui ne m’a pour l’instant jamais déçue.

Zoom sur l'abécédaire Winnie

Zoom sur l’abécédaire Winnie

 

►●◄ Se fournir ►●◄

En plus des merceries que vous pourrez trouver dans n’importe quelle grande ville et qui dépannent quand on manque de fil , il faut savoir que l’outil Internet est devenu une mine d’or pour beaucoup de travaux manuels, et en particulier pour la broderie. Le site Broderie.com en est le parfait exemple : plus de 5000 ouvrages proposés pour toutes les bourses et tous les goûts, avec des prix qui défient souvent toute concurrence. L’abécédaire Winnie que vous voyez en photo m’a coûté seulement 22 € ! Rien à voir avec les prix pratiqués en mercerie…

Voici ma dernière réalisation pour ma nièce de 6 mois. J’ai trouvé ce kit ICI.

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On peut également se renseigner sur les manifestations organisées ayant pour thème les loisirs créatifs : je suis allée il y a 3 ans  au salon «création et savoir-faire » au parc des Expos à Paris et on retrouvait pas mal de kits sur une multitude de stands..d’ailleurs j’ai craqué pour deux nouveaux ouvrages lors de cette escapade !

 
►●◄ Le matos supplémentaire ►●◄
Bon nombre de petites choses viennent aider la brodeuse dans son travail : on trouve des métiers sur pieds avec lampe, loupe, et bras à tenir les fils incorporés pour les plus fragiles des yeux, mais aussi des petits outils quasiment indispensables pour s’aider :

  • le tambour à broder : ce sont deux cercles en bois qui s’emboîtent et se déboîtent à l’aide d’une vis. Il sert à tenir la toile bien tendue et donc à broder des points beaucoup plus réguliers. Aujourd’hui, je ne m’imagine plus travailler sans !
  • La mallette : j’avais pour fâcheuse habitude de fourrer tout mon bazar dans une boîte à godasses et je retrouvais invariablement le lendemain tous les fils emmêlés et la toile toute froissée… Ma Tatie m’a offert à Noyel une jolie mallette en tissu molletonnée de chez DMC qui me sert à tout bien ranger une fois ma séance terminée.

►●◄ La technique ►●◄

Nul besoin de suivre des cours pour commencer : on nous martèle souvent comment faire un bon verso en évitant les nœuds de départ de fils, en glissant les fils les uns sous les autres etc..
Pour ma part, je m’en tamponne : je fais des petits nœuds quand bon me semble et jamais ces nœuds n’ont été visibles quand j’ai plaqué mon œuvre sur un tableau.
Faites donc comme bon vous semble, de toute façon, on ne regarde jamais l’arrière d’un tableau !

Encore un zoom

Encore un zoom

Je suis de plus en plus rassurée chaque jour sur la mémé-attitude de mon passe-temps : je croise très souvent des nénettes très jeunes dans le train qui s’adonne à cette activité plutôt que de ronfler, j’ai convaincu une ex-collègue de 3 ans mon aînée qui depuis est devenue accro et surtout, c’est toujours une grande satisfaction quand mon entourage s’exclame devant mon travail et me félicite pour ma patience. Je ne trouve pourtant rien de compliqué là-dedans : n’importe quel enfant hyperactif y trouverait son compte !

Je mentirais si je disais que j’en fais très souvent : j’ai mes périodes ( nan pas celles-là ). J’ai plusieurs ouvrages commencés en attente de finition, d’autres carrément bien entamés mais pas -encore- terminés, et ceux qui n’attendent que d’être entamés ! Parfois, je n’en fais que 5 minutes puis ça me gonfle, d’autres fois j’y passe 2 heures sans me rendre compte du temps qui passe et me fais engueuler par les potes qui m’attendent pour sortir !

Le seul conseil que je pourrais vous donner pour vous faire une idée : essayez ! Achetez donc un petit kit, pour voir. Juste comme ça. Et après on en recause 🙂

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A l'heure où les loisirs et sports à sensation ont le vent en poupe, je m'emploie à aller à contre-courant en vous expliquant pourquoi et comment m'est venue l'idée d'adhérer à ce passe-temps , dit de mémé, qui me peut me tenir en haleine de longues heures durant :...
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