secondesnocesL’été dernier, j’ai pas mal dérogé à ma sacrosainte règle de vous parler de TOUS les bouquins que j’ai pu dévorer, pour cause de déménagement assez mouvementé et surtout assez long… J’ai enchaîné de grosses déceptions mais pour cause de mémoire de pingouin lobotomisé, je pense que je vais les relire pour vous parler au mieux de ces romans de chicklit très vite oubliables.

Eh oui,contrairement à ce que vous pourriez croire en lisant mes billets, les romans de chicklit ( littérature pour gonzesses ) ne sont pas tous du même acabit.Heureusement , certaines auteures s’emploient à remonter ostensiblement le niveau en nous offrant de vrais petits bijoux de lecture.

C’est encore le cas avec Carrie Adams, qui m’avait enchantée avec son premier roman intitulé LA CELIBATAIRE . Il était tellement bon et addictif ( vous trouverez mon billet ici ) que j’avais voulu me procurer la suite au plus vite, et c’est justement le bouquin dont je vais vous parler aujourd’hui : SECONDES NOCES.Je suis un peu plus curieuse et  j’ai cherché sur le Net qui était Carrie Adams, l’auteur de ce roman.En gros,elle a 41 ans et a bossé dans une compagnie pétrolière pendant quelque temps avant de commencer à écrire des romans policiers. Puis, ayant été frappée dès son adolescence par l’hégémonie masculine sur la société, elle a décidé de s’intéresser aux femmes d’aujourd’hui, et c’est ce qu’elle tente de retranscrire dans ses romans.

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Je vais être obligée de faire souvent le parallèle entre les deux opus de cette série de romans.
Pour faire court, dans LA CELIBATAIRE, nous faisions connaissance avec Tessa King, une quadragénaire célibataire revenue d’un congé sabbatique d’un an en Inde et qui gérait comme elle le pouvait les crises de ses amis et de leurs mômes pour qui elle était leur seule et unique marraine. Elle semblait combler son vide affectif par l’attachement qu’elle avait envers tous ces bambins qui n’étaient pas les siens, et les aléas de la vie allaient faire qu’elle s’en occuperait assez souvent.

Souvenez-vous, LA CELIBATAIRE , c’était aussi le roman pour lequel je criais au scandale . Les éditions Pocket avait eu la riche idée de révéler en 4ème de couverture un élément essentiel de l’intrigue….qui arrivait à la 400ème page ! Dire que je me crois maladroite et qu’on me reproche trop souvent de spoiler…. Franchement les éditions Pocket pourraient me donner des cours de bourdes.
LA CELIBATAIRE était aussi un roman qui m’avait séduite, tant sur le fond que sur la forme.
Car on associe trop souvent les romans de chicklit à de la lecture pour écervelées qui ne savent parler que chaussures de luxe et soirées jet-set. Carrie Adams est l’une des auteures à avoir prouvé que ce genre littéraire peut être bien moins superficiel qu’on le croit , et j’aime qu’on bouscule les idées reçues !
L’héroïne Tessa King était loin d’avoir un petit pois en lieu et place de cervelle, elle ne pensait pas qu’à se mettre des têtes et à s’envoyer des mecs à bout de bras, elle avait beaucoup plus la tête sur les épaules…mais ça ne l’empêchait pas d’avoir de petites erreurs de jugement, comme nous toutes.
Alors évidemment, la couverture des SECONDES NOCES est rose. On a vu mieux niveau crédibilité quant à la superficialité sus-mentionnée. Mais c’est un joli rose pâle, pas une teinte pétaradante. Ca compense.Et surtout comme dans le précédent opus, je ne me suis PAS retrouvée avec un ridicule roman de 300 pages entre les mains. Vous allez me dire : vaut mieux la qualité à la quantité, et je suis totalement d’accord. Mais quand on peut avoir ET la qualité ET la quantité, il est normal de faire la fine bouche ^-^

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Carrie Adams nous offre quelques 569 pages de lecture avec SECONDES NOCES , youhouuuu ! Quand on connaît la qualité de LA CELIBATAIRE, on sait déjà que parmi ces centaines de pages, il n’y en a aucune qui est inutile.
D’ailleurs revenons sur le titre : SECONDES NOCES . Une fois de plus, je ne pige pas bien l’intérêt qu’ont eu les éditions françaises de chambouler le titre.
Souvenez-vous, le titre originale THE GODMOTHER ( = la marraine ) a été lamentablement transformé en LA CELIBATAIRE ( je vois pas bien le rapport avec le fait d’être marraine ! ). Et bien vous ne pourrez jamais deviner que le titre original de SECONDES NOCES est en réalité THE STEPMOTHER ( = la belle-mère ). Un roman qui s’appellerait «la belle doche» je suis pas sûre que ça ferait un tabac, j’en conviens. Mais bordel, quand on voit qu’il y a une évolution et une logique dans les titres anglophones, pourquoi ne pas essayer de pondre un truc raccord en français? Pfffff….Voilà je sentais que j’allais râler dans ce billet pour autre chose que la 4ème de couverture, c’est fait !

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Parce que figurez-vous que cette fois, les 1ère et 4ème de couverture sont plutôt réussies : on découvre une jeune mariée moderne et souriante en premier plan, suivie de près par une gamine à l’air conquis. Puis en arrière-plan, on voit une nana un peu rabougrie et mal fagotée entichée d’une autre gamine, à l’air un peu crétin cette fois, et d’une ado le bide à l’air. Le tout sur fond rose pâle, comme je vous le disais plus haut. Et si je suis une quiche en description de couv’, les photos sont toujours là pour vous aider.

 Le synopsis, Dieu merci, ne révèle cette fois-ci aucun élément crucial ( et tardif…) de l’intrigue…. Mais putain je l’ai trouvé super-hyper-déprimant !!!

Il ne me donnait pas vraiment envie de lire en fait. Si je n’avais pas découvert la plume de Carrie Adams avec LA CELIBATAIRE six mois plus tôt, je ne me serais certainement jamais précipitée sur SECONDES NOCES, tant le résumé de l’éditeur donne l’impression que Tessa King va être confrontée à un tas de galères inextricable.
Mais comme le synopsis de LA CELIBATAIRE n’était pas particulièrement réussi non plus, je n’en suis pas restée là, et ai déboursé sans broncher les 7,50 €uros dans ma librairie de quartier. Si l’éditeur passe par là, je veux bien m’occuper de rédiger vos 4ème de couverture parce que là, trop c’est trop hein !
Donc je ne peux résister une fois de plus à vous écrire mon petit résumé à moi. Par contre je vous défends de lire quoi que ce soit dans les quinze prochaines lignes si vous n’avez pas lu LA CELIBATAIRE car vous apprendrez avec qui Tessa King va faire sa vie ( ou aimerait bien la faire…) donc le premier opus aura moins de saveur pour vous que si vous n’en aviez rien su !
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On retrouve donc Tessa King, notre charmante quadragénaire, en plein roucoulage avec James, qui la demande rapidement en mariage.
Un bonheur n’arrivant jamais seul, Tessa avait très légèrement zappé que James n’est pas une première main : c’est un homme divorcé, et il a eu trois enfants lors de son premier mariage. Tessa est prête à devenir belle-mère, mais ne s’attendait certainement pas à ce que les trois filles lui en fassent baver, surtout Amber l’adolescente, très attachée à son Papa mais encore plus à sa Maman.
Sa Maman Béa, qui justement, regrette depuis quelque temps d’avoir largué James et aimerait bien le reconquérir en se prenant en main : elle décide de maigrir, de devenir plus «souple», plus marrante, plus comme avant quoi.
James sera-t-il sensible aux tentatives de séduction de son ex-femme?
Comment Tessa va-t-elle gérer les trois filles de James? Parviendra-t-elle à se faire accepter en tant que belle-mère? Et surtout : à quel prix?

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Surtout n’allez pas croire qu’on s’emmerde royalement en lisant ce roman, c’est même tout l’inverse !

Carrie Adams a le don de nous envoûter avec une histoire finalement banale sur un thème pas forcément très abordé dans la littérature contemporaine et surtout chicklitienne ( = les seconds mariages ) en adoptant un style simple et très facile à suivre, en ne prenant toutefois pas ses lecteurs pour des dindes.

Le récit est omniscient, on peut donc entrer sans problème dans la tête de l’ex-femme de James, Béa comme dans la tête de Tessa, et les changements de point de vue se déroulent assez facilement , on n’a aucun mal à suivre le cours de l’histoire.
D’ailleurs c’est assez déroutant au début : on découvre la vie de Béa dans les cent premières pages. Je me suis demandée si je n’étais pas tarée et m’étais trompée de bouquin. Du coup je suis allée rechercher LA CELIBATAIRE pour m’assurer que l’héroïne s’appelait bien Tessa.
Ben oui.
J’ai regardé la 4ème de couverture pour la n-ième fois. On y parle de Tessa.
Bon.
Alors, bordel, pourquoi on me parle d’une Belinda alias Bea, mère de trois enfants, divorcée d’un «Jimmy» et obsédée par sa perte de poids??
J’ai cru ensuite à une erreur d’édition ( oui depuis que j’ai commencé mon Brian Freeman qui débutait par la page numéro 446 , je SAIS que c’est possible ! ) mais l’histoire étant malgré tout prenante, j’ai continué ma lecture jusqu’à découvrir qu’à un moment du récit, lors d’un changement de chapitre, on passe enfin dans la vie de Tessa.
Cette narration qui switche d’un personnage à un autre , de la mère à la belle-mère , autrement dit de l’ex-femme à la nouvelle , s’est révélé être absolument jouissif ! Les mêmes évènements ne sont pas vécus de la même manière selon les points de vue, et souvent on comprend les erreurs de jugements des deux parties quand on a, nous lecteurs, tous les faits portés à notre connaissance.
D’autre part, cette histoire qui semblait banale s’est révélée être foutrement prenante pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, le divorce est devenu monnaie courante et pour certains, on a son opinion bien tranchée sur le sujet. Moi par exemple, je suis une enfant de parents divorcés, mon père s’est remarié pendant que ma mère luttait seule contre son cancer. J’ai eu un peu de mal à accepter que mon père refasse sa vie , et malgré ma politesse, j’ai souvent eu le sentiment d’être hypocrite envers ma belle-mère alors qu’aujourd’hui je peux affirmer sans me tromper que je l’aime beaucoup, même si évidemment elle ne remplacera jamais ma Mère aujourd’hui disparue.
Tout ceci pour vous dire que nous avons tous été confrontés d’une manière ou d’une autre à une séparation délicate, où malheureusement des enfants assistent, impuissants, à un déchirement même s’il reste silencieux ( oui quoi qu’on en pense, parfois les divorces se font cordialement et sans esclandres…).

Carrie Adams parvient à nous conter cette histoire sans jamais juger ou pointer du doigt les protagonistes, en n’oubliant pas les conséquences de cette séparation puis de cette nouvelle rencontre, et surtout en mettant également en avant les autres pans de Vie des deux femmes.
Tessa a une maman malade, et re-mariage ou pas, elle est toujours malade.
Bea devient alcoolique, et divorce ou pas, cela reste un problème qu’il faudra résoudre.
Carrie Adams a vraiment ce pouvoir de nous immerger dans cette histoire sans nous rendre dépressif ( bien au contraire ) mais en nous rendant complètement accro à ses personnages. C’est ainsi que je reconnais les romans excellents : des protagonistes qui nous semblent insupportables au début de l’histoire deviennent très attachants, sans qu’on puisse réellement identifier à quel moment précis Carrie Adams est parvenue à nous les rendre sympathiques.
Une vraie magicienne cette auteure !

LA CONCLUSION qui convole en justes noces

Pour conclure , j’ai refermé le livre en priant très fort pour que la romancière planche sur une suite , et même si je n’ai pas trop d’imagination en temps normal, j’aimerais beaucoup que Tessa, quarantenaire ou pas, ait à son tour un enfant…

Si vous cherchez un roman qui n’est PAS de la chicklit pure , mais qui rassemble cependant toutes les qualités du genre à savoir une facilité de lecture déconcertante et un attachement aux personnages , sans toutefois plonger dans une histoire superficielle ou extravagante , je ne peux que vous conseiller la lecture de SECONDES NOCES …. en ayant pris le soin au préalable d’avoir lu LA CELIBATAIRE !

( Je pense qu’il n’est pas nécéssaire de lire LA CELIBATAIRE avant de découvrir SECONDES NOCES mais vous pourrez mieux comprendre d’où débarquent certains personnages en les replaçant dans leur contexte…)

Le seul reproche que je pourrais formuler à l’égard de SECONDES NOCES, c’est qu’il reste beaucoup moins drôle que le premier opus où l’on découvrait Tessa et surtout ses amis. Mais l’histoire reste trèèèèès prenante car on s’identifie forcément à l’un des protagonistes. Les personnages deviennent tous extrêmement attachants même si c’était mal barré ^^ Et quand on referme ce bouquin, on se sent moins débile. Ouais.

Carrie Adams nous offre vraiment une suite aux aventures de Tessa à la hauteur de son premier roman ! 
Ces deux bouquins forment vraiment un petit bijou de chicklit que je ne peux que vous conseiller si vous souhaitez un récit simple mais moins simpliste que les déboires d’une Becky Bloomwood légèrement timbrée.

Satisfaction : 8 / 10

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L'été dernier, j’ai pas mal dérogé à ma sacrosainte règle de vous parler de TOUS les bouquins que j’ai pu dévorer, pour cause de déménagement assez mouvementé et surtout assez long... J’ai enchaîné de grosses déceptions mais pour cause de mémoire de pingouin lobotomisé, je pense que je vais...
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