Photo2794Toujours avides de voyages mais chroniquement fauchées , c’est avec beaucoup d’excitation que ma meilleure amie et moi avions dégôté un périple de 10 jours en car au mois d’août 2009Pour 300 euros chacunenous avons ainsi découvert la richesse culturelle de la République Tchèque en visitant la belle ville de Prague puis notre car nous a brinquebalées jusqu’à Budapest , capitale HongroisePour ce prix dérisoire notez que tous nos déplacements , nos nuits d’hôtel et nos petits-déjeuners étaient inclus.

C’est guidées aveuglément par notre édition Michelin consacrée à la Hongrie en général et Budapest en particulier que nous  nous sommes rendues, l’estomac dans les talons, au Fatâl pour notre premier dîner hongrois situé sur la très animée rue Vaci, en bordure du Danube. J’avais envoyé péter mon régime depuis Prague pour savourer en toute liberté les spécialités propres à chaque contrée.

Et même si les cinq premières minutes au sein du restaurant nous laissèrent un goût amer en bouche, il faut bien avouer que nous en sommes sorties pleinement satisfaites et surtout animées d’un désir profond de manger léger le reste du séjour !
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Au niveau de l’accessibilité, il n’y a rien à redire sur l’emplacement de ce restaurant : sa terrasse et son annexe sont situées sur la très animée ( et touristique ! ) rue Vaci, desservie par de nombreux transports en commun dans la partie Pest de la ville.

Lorsque la terrasse est fermée, vous emprunterez facilement la petite rue perpendiculaire et descendrez les quelques marches pour accéder à plusieurs salles en sous-sol. La difficulté principale sera donc de pénétrer le Fatal pour les personnes à mobilité réduite.

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la carte mi-hongroise, mi-anglaise

C’est entourée de dizaines de terrasses de restaurants que l’enseigne du Fatal se profile, avec ses lumières rouges et orangées. Nous résisterons bien à une cinquantaine de rabatteurs à touristes, essayant de deviner notre origine à notre minois ( on nous a quand même prises pour des hollandaises, des allemandes ou des espagnoles ), arguant que c’est chez eux qu’on déguste le meilleur goulash, et blablabla, et pour pas cher, et gnagnagna. Nous on s’était fixées le Fatal et quand on a une idée dans le crâne, difficile de nous l’ôter surtout quand il s’agit de grailler.

Arrivées sur place, nous constatons qu’il est trèèèès difficile de circuler entre les tables en bois de la terrasse tant celle-ci est exigüe en regard du nombre de clients qui y dînent perpétuellement.

Au niveau de l’ambiance, la terrasse ( puisque c’est bien là que nous avons choisi de dîner ) est juste pleine à craquer. Pensez à réserver pour être sûr de dégoter une place.

En effet, les serveurs n’ont pas l’air aimable et comme nous, vous hésiterez quelques instants à oser leur demander s’il est possible de vous installer à cette heure tardive ( 21h).

Après quelques tergiversations, le serveur nous indique une attente de 10 minutes, le temps qu’il nous faudra pour trouver un distributeur automatique de billets dans les environs. Comme nous savons très bien demander notre chemin en hongrois, nous avons mis une demie-heure à trouver notre sésame. Le serveur, grand seigneur, nous avait quand même gardé la table.

Une fois installées, nous nous exclamons sur la qualité des tables et chaises : on est bien loin du mobilier classique de jardin en plastique comme tant de restaurants osent offrir aux touristes en quête de bouffe locale. Le mobilier est robuste, il me fit d’ailleurs penser aux tables campagnardes sur lesquelles ma famille aime à manger un bon repas traditionnel.

Autour de nous bavardent une table de touristes anglais, à côté des amoureux français, et un peu plus loin de jeunes amis hongrois. Une clientèle diverse se presse donc au Fatal pour dîner. Pendant tout le repas, nous n’avons pas vu une seule table inoccupée : dès la place libérée, elle était prise d’assaut par d’autres clients.

Après nous avoir apporté les monstrueusement grandes cartes , le serveur nous invite à prendre commande de nos boissons. Apeurées devant les milliers de hiéroglyphes hngrois qui s’étalent devant nos yeux, nous retournons la carte pour découvrir, ô joie, que la traduction anglaise prenait autant de place que le blabla local.
Le meilleur moyen que nous ayons trouvé pour se donner une idée du prix dans les pays de l’Est, c’est de zieuter le tarif des bières :
Comptez un peu moins de trois euros pour une pinte de bière ( je vous conseille la très légère mais goûtue Pilsner Urquell ).
Ca semble cher comparé à Prague, patrie de la binouze par excellence, mais ça reste raisonnable quand on connaît les prix à Paris.
Je me surprends d’ailleurs à comparer la qualité des-dites boissons bulleuses : moi qui n’était absolument pas une adepte de la chose, je dois dire que ce périple en Pays de l’Est a fortement changé mon comportement d’alcoolique.

hips

hips

Ayant très envie de goûter une soupe de goulash au paprika comme conseillé dans notre guide, c’est sans hésiter que je commandai cette dernière proposée à la carte. J’aime manger léger le soir donc ce type de plat arrivait…comme un cheveu sur la soupe 🙂
Malheureusement, le serveur sur un ton très sec nous rétorqua dans un anglais approximatif que nous ne pouvions pas commander uniquement une soupe avec une bière.
On se demandait bien pourquoi et le lui avons fait comprendre. Sauf qu’en plus de parler avec des notions scolaires, le Sieur n’entravait qu’à moitié et c’est avec un grand geste de main dédaigneux et emprunt de découragement qu’il quitta notre table. Le genre de trucs qui me fait penser à un manque de respect, quoi. Et quand on me connaît un peu, on sait que je n’aime pas. Mais alors pas du tout.

Nous pensions qu’il était furax et étions prêtes à partir quand il revint, ne s’excusa pas de sa conduite ( de toute façon même s’il s’est excusé, on n’a rien bité ) mais prit nos commandes avec plus de patience, et nous expliqua beaucoup plus calmement que la Maison ne servait pas de soupes le soir.

Dans l’empressement, je choisis donc un goulash traditionnel et ma meilleure amie une assiette de charcuteries hongroises.
Je retiens de la prise de commande que le vieux serveur impressionnant m’enverra certainement bouler si je veux le prendre en photo.

Heureusement pour le service, tout le reste du repas fut fort agréable : nous n’avons pas beaucoup attendu et les plats une fois arrivés à notre table étaient chauds.
Nous avons même pu voir le vieux serveur aigri esquisser un sourire, chose qui nous paraissait inimaginable.
Le gros point fort du Fatal est certainement sa cuisine : traditionnelle c’est certain, consistante c’est indéniable et savoureuse, c’est le pompon !
Avant de nous goinfrer, nous apprécions fortement la présentation des mets : mon goulash est servi directement dans sa poêle et l’assiette de charcut’ très joliment agencée est en fait un énorme plateau de bois.

Mon goulash...miam !

Mon goulash…miam !

Moi qui faisais la grimace devant le goulash tchèque englouti par mon amie à Prague ( la bidoche baignait dans la sauce, bwerk ) je dois avouer que mes yeux ont pétillé dès que la poêle dans laquelle était préparée mon plat est apparue sur la table.
Une odeur de paprika doux nous titillait les narines, et le boeuf avait l’air juste succulent. Et pourtant, je suis loin d’être une amatrice de viande…J’aime simplement goûter et découvrir les plats typiques des pays que je visite !

Mon boeuf était accompagné de nokis, sorte de petites boules de pâte à moitié cuites. Ca a l’air dégueu dit comme ça mais c’est vraiment une découverte culinaire surprenante.

Visuellement parlant, mon plat m’enchantait : il n’avait pas l’air trop gras pour un goulash puisque le boeuf n’était pas recouvert de sauce, et la présentation dans la poêle me laissait présager du meilleur quant au soin apporté aux saveurs.
Quand l’assiette de charcuterie de mon amie fut servie, nous étions sûres de manger copieusement ( regardez donc mes photos! ) : ce n’était pas une salade toute bête et insipide, mais bien une montagne d’oignons, de viandes, de fromages et de salades qui se présentait devant nous !

La monstrueuse salade de charcuterie

La monstrueuse salade de charcuterie

En bouche, le goulash est simplement divin. Je me répète en disant que je suis férue de poissons et fruits de mer mais que j’ai beaucoup plus de mal à ingérer de la viande. J’ai un animal de compagnie comestible à la maison, ça n’aide pas.

Seulement, le Fatal m’a simplement convertie à ce plat traditionnel : la viande était moelleuse et tendreparfaitement dépourvue de grasLa sauce au paprika était succulente et la barbaque ne nageait pas dedans. Quant aux nokis, ils accompagnaient parfaitement la viande et apportaient un peu de sucres lents à mon organisme affamé.

J’ai donc englouti tout mon goulash en peinant vraiment sur la fin…

bweurp

bweurp

L’excellence du plat m’aura presque rendu malade tant la quantité est au rendez-vous !
Mon amie n’a jamais pu finir sa colossale assiette malgré mon insistance et mes récriminations ( j’ignorais si oui ou non, ne pas finir son plat est une marque d’irrespect en Hongrie ) et cacha avec une pointe de honte, les quelques tranches de boudin qu’il restait sous des feuilles de salade.
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Le ventre plein de ces plats délicieux, c’est avec regret que nous déclinâmes l’invitation du serveur à déguster des desserts.
Quand l’estomac adopte sa taille maximale, difficile d’ingérer quoi que ce soit d’autre…sauf un café, pour faire passer tout ça !

Au total, notre addition s’est élevée à environ 10.000 Forints soient 37 euros pour :

  • 2 pintes de bières
  • 2 verres de vin blanc ( n’hésitez pas à goûter le vin hongrois Tokaji, c’est une merveille, nous en avons ramené 2 bouteilles de notre séjour ^^ )
  • 1 goulash
  • 1 assiette de charcuterie
  • 2 cafés.

La demi-heure qui suivit fut bercée par nos exclamations «j’ai trop bien bouffé!» , « ma panse va péter!» ou encore «bordel, faut que je me procure la recette du goulash hongrois !» et parenthèse crado : on n’a même pas vomi !
Ce repas fut élu repas le plus lourdingue de toutes nos vacances. Nous aurions voulu y manger tous les jours pour goûter à tous les plats que nous n’aurions pas pu tant les mets sont copieux.

c'est joli en plus !

c’est joli en plus !

Pour conclure, en tant que goulue et amatrice de découvertes gastronomiques, c’est sans hésiter que je vous conseille le Fatal pour un rapport qualité-prix excellentune cuisine typique savoureuse TRES copieuse et l’ambiance qui règne dans les salles en sous-sol du restaurant où grandes tables de bois , banquettes , lumières tamisées et pintes de bières rendent un dîner dans cet endroit animé absolument inoubliable.
Il ne faudra toutefois pas être impressionnés par les vieux serveurs baraqués qui n’ont pas l’air aimable : un sourire niais et c’est dans la poche.

PS : A signaler aussi que les toilettes sobres et modernes sont un modèle de propreté. Oui, je visite toujours les wawas des restaurants.. Depuis ma plus tendre enfance, mes parents m’ont inculqué le devoir de visiter les commodités avant de m’installer à une table. L’hygiène des commodités et toujours fidèle et représentative de ce qui se trame en cuisines. Devant les commodités immaculées du Fatal, mon neurone de chieuse s’est désactivé instantanément.

Satisfaction : 9 / 10

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Toujours avides de voyages mais chroniquement fauchées , c’est avec beaucoup d’excitation que ma meilleure amie et moi avions dégôté un périple de 10 jours en car au mois d’août 2009. Pour 300 euros chacune, nous avons ainsi découvert la richesse culturelle de la République Tchèque en visitant la belle ville de Prague...
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