Je ne vais pas publier les choses dans le bon ordre. Mais après tout ce sera à l’image de ma maison et mon état d’esprit du moment, Autrement dit le bordel.

D’ailleurs cet article ne sera pas forcément très construit non plus. Et à la limite de la dépression si vous voulez mon avis, hahaha.

C’est quoi cet article ?!

 

C’est un billet personnel, un article un peu fourre-tout à la manière d’un journal intime que je voulais partager…Parce que j’ai besoin de l’écrire ( exorciser, chialer, tout ça ) mais aussi de vous le dévoiler pour que nous partagions nos expériences et nos vécus. L’histoire m’a montré que le partage aidait énormément.

J’aurais pu d’abord vous raconter (enfin!) la naissance de LaLutine il y a 4 ans.( j’avais commencé ici ) Pour que vous compreniez pourquoi je voulais tant un accouchement par voie basse pour LeLutin. Cet AVAC a fonctionné, et ça aussi j’aimerais vous en parler. Le travail en amont de lâcher-prise fut très important. Que dis-je : faramineux. Jusqu’au bout j’ai douté de mes capacités à y arriver, et pourtant j’ai eu l’accouchement rêvé. Sitôt le rêve terminé, j’ai fait face à un nouvel écueil : l’allaitement. Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que les débuts ont été extrêmement difficiles et qu’aujourd’hui je suis toujours dans l’impasse. Ca aussi ça mériterait un article tiens.

Et puis il y a eu le retour à la maison. Au bout de 3 jours à peine, mais c’est ce que je voulais : sortir de la maternité où je ne dormais pas, écoutant les conseils souvent contradictoires des professionnels au sujet de l’allaitement. Je voulais retrouver mon confort, le calme, retrouver mes repères. Mais c’était oublier qu’avec le retour à la maison, on est aussi confronté à d’autres soucis plus ou moins importants qui constituent le quotidien mais que je résumerai en deux mots :

La charge mentale.

Tu n’en peux plus de cette expression. T’as l’impression qu’on te la sert à toutes les sauces. Mais pourtant elle est bien là ta charge mentale : ton cerveau turbine à deux cent à l’heure toute la journée. Ca ne s’arrête que la nuit…quand elles existent, les nuits. Je me suis vue lancer un sèche-linge à 4 heures du matin. Nettoyer mon tire-lait à 3 heures. Débarrasser la cuisine aussi. C’est ça la charge mentale : tu as tellement de trucs à penser que tu ne sais même plus par où commencer. Alors tu (essayes) de faire …dans le désordre. Tu commences tout et tu ne finis rien. Et tu cases quelque part dans ta caboche que t’as commencé ci, et qu’il faudrait que tu t’attaques à ça, aussi.

L’acceptation…ce chemin de croix.

Accepter que la maison toute entière soit en bordel. Reporter la machine à laver qui doit être lancée depuis deux jours. Ne pas vider le lave-vaisselle avant le lendemain ou le surlendemain. Les draps ? oh pas changés depuis un mois…La banque demande 86 papiers pour ouvrir un malheureux livret A pour LeLutin ? okay, ça va me prendre trois jours de tout réunir. Et quand est-ce que je vais pouvoir faire les courses ? On mange quoi ce soir du coup ? Oh punaise il faut que je pense aux médicaments de LaLutine pour traiter son otite..

Voir s’entasser des objets, des papiers, des jouets…et gérer son aînée. Tout ceci en tentant désespérément de faire fonctionner un allaitement exclusif ( pour l’instant c’est un échec ). Et puis si le cododo était la solution rêvée avec LaLutine, LeLutin lui, fait énormément de bruit la nuit. Coliques, gazouillis, appel aux nichons… Je ne dors que trois heures…quand j’ai de la chance.

La sérénité.

Le pire c’est le soir : Musclor travaillant en horaires décalés et jours décalés, je vais chercher LaLutine à l’école. En semaine, je dois gérer LeLutin la journée et faire en sorte que son appétit ne coïncide pas avec la sortie de LaLutine. Ensuite je rentre dans un tunnel dont il ne me semble pas voir le bout : tétée, tire-lait, biberon, préparation du repas, bain, tétée, tire-lait, biberon, repas, lavage de dents, histoire.

Si j’ai de la chance, je peux prendre une douche…à 23 heures…tout en faisant tssssccch tscccchhhhh non stop avec ma bouche pour calmer LeLutin qui souffre de coliques et menace de réveiller LaLutine. Je me drape dans une serviette tout en bougeant frénétiquement le transat avec mon pied. « Mamaaaan ?? » Et merde, LaLutine est réveillée.

LaLutine est aux petits soins avec son frère. Mais je culpabilise beaucoup : je trouve rarement (et le mot est faible) le temps de jouer avec elle. J’ai toujours LeLutin au sein, ou les téterelles de mon tire-lait accrochées aux nichons. Je mets LeLutin en écharpe pour calmer ses coliques et me libérer les mains, mais cinq minutes plus tard, c’est un échec : il a encore faim ou vient d’expulser un caca de l’espace. Alors tu redéfais ton écharpe, tu laisses ta fille qui t’attendait depuis deux heures pour jouer avec elle…et tu pleures en changeant la couche ( et en écrivant ces mots ), tu pleures, tu pleures…parce que tu as ce sentiment de la délaisser. Ce sentiment que toi aussi tu as vécu, étant enfant, quand ton petit frère est arrivé. Et la culpabilité est encore plus grande lorsque tu t’entends la gronder, parce qu’elle n’a pas eu la patience de t’attendre, et a préféré dessiner à même le sol, en n’oubliant pas de barbouiller le sol de feutre…

J’en suis là : mes journées défilent sans que j’aie l’impression de faire quoi que ce soit de productif. J’ai BESOIN d’être productive. Je ne sais pas d’où ça me vient. En tout cas, rester 5 à 6 heures par jour sans pouvoir me servir de mes mains, c’est dur à accepter. Mais je dois le faire car ce n’est pas inutile : LeLutin a besoin de contact. Lalutine a besoin d’interactions. Presque en permanence pour les deux. Le truc c’est que j’ai l’impression de m’oublier dans l’histoire.

Et tu n’as pas d’aide ?

 

J’ai aussi un gros besoin de contact social. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je pense que le congé parental n’est pas pour moi. Rester à la maison pour s’occuper de ses mômes, c’est très gratifiant mais ça ne me rendra probablement pas épanouie. Je suis sûre que l’on peut y trouver du plaisir, il n’y a qu’à voir mes copines ou blopines qui kiffent leur congé parental..mais je sais pas, j’ai pas le déclic. Peut-être qu’il viendra lorsque j’aurais retrouvé le sommeil, et un peu de plaisir. En fait j’ai l’impression que je ne sais plus rien sur moi…alors imaginez si je sais des trucs sur mes enfants, pfiou.

En attendant je suis seulement en congé maternité et on pourrait se dire que j’ai besoin d’aide dans ce quotidien où mon cerveau turbine à deux cent à l’heure lui, tandis que j’ai l’impression de ne pas avancer dans les tâches quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles, annuelles…

Musclor aide beaucoup lorsqu’il n’est pas au travail. J’ignore comment je ferais sans lui. Il a bien sûr ses humeurs et il tente de suivre les chemins sinueux de ma pensée ( je pense que c’est peine perdue, hahaha), et il reste mon roc. Mais comme je l’expliquais au-dessus, avec ses horaires décalés, c’est quand même particulier hein. Les weekends sont les plus durs : j’ai l’impression d’être une mère célibataire avec un nourrisson dans les bras pendant que l’aînée profite que les-dits bras soient encombrés pour faire des conneries. Galère.

On nous demande souvent si nous avons de la famille dans la région. Malheureusement non. Ou alors juste ma belle-mère qui habite à cinq kilomètres, mais elle est absente. Dans sa tête surtout. Elle est malade et ne peut pas, de son propre aveu, se gérer elle-même alors gérer les autres…De toute façon elle ne conduit pas, et depuis presque un an que nous habitons notre maison, elle n’a jamais pris un bus pour venir nous rendre visite. Même après la naissance de LeLutin. Frustration. Donc non : pas de famille dans le coin. Et évidemment je pense énormément à ma maman. Je ne vous explique même pas la puissance du manque d’Elle. Ca m’avait fait le même coup pour LaLutine… Bon, le tableau n’est pas si noir puisque mon père et ma belle-mère habitent à 2 heures de route et qu’ils font le maximum pour être présents. Eux sont venus me voir à la maternité dès le lendemain de mes deux accouchements…l’année prochaine, ils déménagent dans le Sud pour leur retraite. Fuuuuck.

Les amis qu’on aime et sur lesquels on peut compte, cette famille qu’on se choisit , il n’y en a pas tant que ça finalement. Et ils ne sont pas tous dans le coin non plus. Pourtant je leur confierais mes enfants les yeux fermés, comme je l’ai déjà fait ( coeurcoeur sur Ju ).

Je suis sûre que beaucoup de couples sont dans notre cas, sans attache familiale juste à côté de chez eux. J’aimerais beaucoup savoir comment ils gèrent le quotidien, sans aide familiale…

 

Alors on lâche prise ?

 

A défaut de mettre les doigts dedans (dans la prise)(ne vous inquiétez pas, j’en suis pas rendue là), je ronge mon frein. Je chiale environ quarante-douze fois par jour. La vérité c’est que de ne pas pouvoir subvenir aux besoins primordiaux de mes enfants en fonction de leur âge, c’est-à-dire jouer avec mon aînée de 4 ans et pouvoir allaiter correctement mon fils, me donne l’impression très prégnante d’être une mauvaise mère.

J’aimerais débrancher le cerveau. Arrêter de (devoir?) penser à tout. Arrêter de me poser mille questions à la minute. Me satisfaire que mes enfants soient en bonne santé, qu’ils mangent, qu’ils dorment ( sauf un ), qu’ils jouent. Même si je ne suis pas à 100% disponible pour eux. Arrêter de me culpabiliser. De penser que je suis une mère complètement à côté de la plaque.

Sur quoi travailler ?

Ce que j’aimerais dans l’immédiat, c’est déléguer les tâches ménagères du moins en partie. Ne pas penser aux chaussettes sales que LaLutine a laissé traîner dans sa chambre hier soir. Ne pas visualiser la marmite de soupe à nettoyer dans l’évier. Ne pas rater l’échéance pour payer notre facture d’eau ou d’électricité. Si déjà on pouvait virer tous ces trucs qui empêchent de tourner en rond, je me sentirais plus légère !

Ensuite malgré mes réticences, je vais retourner voir un psychologue, et précisément le psychologue qui me suivait lors de ma dépression et que j’avais continué à voir pendant ma première  grossesse et les premiers mois de LaLutine. C’est dingue comme on peut vite changer d’opinion selon l’état d’esprit du jour : quand je suis au fond du gouffre, je vois que l’aide est nécessaire, et quand je sors la tête du seau des semaines ou mois après, je me dis que j’ai perdu mon temps en séance…

C’est faux. C’est pas une perte de temps. Il faut juste re-programmer mon moral et mon cerveau à fonctionner normalement. C’est-à-dire ne plus visualiser un tunnel sans sortie . C’est-à-dire ne plus ressentir ce besoin viscéral d’être productive, de produire quelque chose à tout prix ( un article de blog, un bonnet au crochet, une gigoteuse à coudre…) pour me sentir exister.

Trouver de nouveaux repères. Accepter que la perfection n’existe pas, contrairement à ce que mon éducation a pu me laisser croire… Laisser le temps. C’était mon mantra pour mon accouchement par voie basse..Et j’ai réussi. J’ai mis mon impatience en sourdine, et le résultat a dépassé toutes mes espérances.

 

Et toi, ça gaze ?

(LeLutin gaze bien lui.)

J’ai le sentiment d’avoir écrit seulement le dixième de ce que j’aurais voulu. Dire que je sombre dans une spirale où je culpabilise de me sentir aussi épuisée, aussi mal en point, et que cette culpabilité qui m’attriste, j’ai peur qu’elle déteigne sur mes enfants. Après tout, ce sont des éponges à sentiments, qu’ils aient 1 mois ou 4 ans . Et si mon état devait jouer sur leur mental à eux, je crois que je culpabiliserai toute ma vie…Tu le sens bien , là, le cercle vicieux ? Le pire c’est d’avoir conscience de tout cela, sans parvenir à trouver les clés pour briser le cercle.

Alors j’essaye, parfois, quand un rayon de soleil de décembre traverse mon séjour et vient me toucher sur le canapé jonché de bordel, de me dire que cet état n’est que passager. Que je suis vraiment trop dure avec moi-même et que je dois arrêter à tout prix de me juger. Qu’espérer toucher la perfection du doigt, ce n’est pas possible, malgré tout ce qu’on m’a appris. Je dois accepter que mon travail de lâcher-prise n’est pas terminé car ce n’est pas normal de devoir s’excuser ( d’être soi, d’être fatiguée, d’avoir une maison où il semble qu’une bombe ait explosé ) environ quinze fois par jour.

J’espère qu’un beau jour ça ira mieux. Je ne me lèverai pas de mon lit en pensant à tout ce que j’ai à accomplir le jour-même, le lendemain, le surlendemain. Je vivrais mes journées sans craindre que LeLutin soit cramponné à mes nichons pendant vingt-quatre heures consécutives, pendant que LaLutine me réclame pour jouer avec elle. J’espère vraiment, je crois que c’est le seul truc qui me tient.

Une amie m’avait dit qu’avoir un deuxième enfant, c’était entrer dans la cinquième dimension. Elle ne m’avait pas menti ! Lâcher-prise et résilience doivent désormais s’imprimer dans ma tête de moineau mule.

Et vous, dans quel état d’esprit étiez-vous lors de l’arrivée de vos enfants ? Parveniez-vous à être sur tous les fronts ? Quelles concessions avez-vous dû faire pour survivre ne pas devenir chèvre ? 

 

J’ai conscience que cet article est bien différent des autres…Mais je clique sur Publier, et puis tant pis.

 




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Je ne vais pas publier les choses dans le bon ordre. Mais après tout ce sera à l'image de ma maison et mon état d'esprit du moment, Autrement dit le bordel. D'ailleurs cet article ne sera pas forcément très construit non plus. Et à la limite de la dépression si...
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