Le lâcher-prise et cette (putain) de culpabilité parentale.

Le lâcher-prise et cette (putain) de culpabilité parentale.

Je ne vais pas publier les choses dans le bon ordre. Mais après tout ce sera à l’image de ma maison et mon état d’esprit du moment, Autrement dit le bordel.

D’ailleurs cet article ne sera pas forcément très construit non plus. Et à la limite de la dépression si vous voulez mon avis, hahaha.

C’est quoi cet article ?!

 

C’est un billet personnel, un article un peu fourre-tout à la manière d’un journal intime que je voulais partager…Parce que j’ai besoin de l’écrire ( exorciser, chialer, tout ça ) mais aussi de vous le dévoiler pour que nous partagions nos expériences et nos vécus. L’histoire m’a montré que le partage aidait énormément.

J’aurais pu d’abord vous raconter (enfin!) la naissance de LaLutine il y a 4 ans.( j’avais commencé ici ) Pour que vous compreniez pourquoi je voulais tant un accouchement par voie basse pour LeLutin. Cet AVAC a fonctionné, et ça aussi j’aimerais vous en parler. Le travail en amont de lâcher-prise fut très important. Que dis-je : faramineux. Jusqu’au bout j’ai douté de mes capacités à y arriver, et pourtant j’ai eu l’accouchement rêvé. Sitôt le rêve terminé, j’ai fait face à un nouvel écueil : l’allaitement. Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que les débuts ont été extrêmement difficiles et qu’aujourd’hui je suis toujours dans l’impasse. Ca aussi ça mériterait un article tiens.

Et puis il y a eu le retour à la maison. Au bout de 3 jours à peine, mais c’est ce que je voulais : sortir de la maternité où je ne dormais pas, écoutant les conseils souvent contradictoires des professionnels au sujet de l’allaitement. Je voulais retrouver mon confort, le calme, retrouver mes repères. Mais c’était oublier qu’avec le retour à la maison, on est aussi confronté à d’autres soucis plus ou moins importants qui constituent le quotidien mais que je résumerai en deux mots :

La charge mentale.

Tu n’en peux plus de cette expression. T’as l’impression qu’on te la sert à toutes les sauces. Mais pourtant elle est bien là ta charge mentale : ton cerveau turbine à deux cent à l’heure toute la journée. Ca ne s’arrête que la nuit…quand elles existent, les nuits. Je me suis vue lancer un sèche-linge à 4 heures du matin. Nettoyer mon tire-lait à 3 heures. Débarrasser la cuisine aussi. C’est ça la charge mentale : tu as tellement de trucs à penser que tu ne sais même plus par où commencer. Alors tu (essayes) de faire …dans le désordre. Tu commences tout et tu ne finis rien. Et tu cases quelque part dans ta caboche que t’as commencé ci, et qu’il faudrait que tu t’attaques à ça, aussi.

L’acceptation…ce chemin de croix.

Accepter que la maison toute entière soit en bordel. Reporter la machine à laver qui doit être lancée depuis deux jours. Ne pas vider le lave-vaisselle avant le lendemain ou le surlendemain. Les draps ? oh pas changés depuis un mois…La banque demande 86 papiers pour ouvrir un malheureux livret A pour LeLutin ? okay, ça va me prendre trois jours de tout réunir. Et quand est-ce que je vais pouvoir faire les courses ? On mange quoi ce soir du coup ? Oh punaise il faut que je pense aux médicaments de LaLutine pour traiter son otite..

Voir s’entasser des objets, des papiers, des jouets…et gérer son aînée. Tout ceci en tentant désespérément de faire fonctionner un allaitement exclusif ( pour l’instant c’est un échec ). Et puis si le cododo était la solution rêvée avec LaLutine, LeLutin lui, fait énormément de bruit la nuit. Coliques, gazouillis, appel aux nichons… Je ne dors que trois heures…quand j’ai de la chance.

La sérénité.

Le pire c’est le soir : Musclor travaillant en horaires décalés et jours décalés, je vais chercher LaLutine à l’école. En semaine, je dois gérer LeLutin la journée et faire en sorte que son appétit ne coïncide pas avec la sortie de LaLutine. Ensuite je rentre dans un tunnel dont il ne me semble pas voir le bout : tétée, tire-lait, biberon, préparation du repas, bain, tétée, tire-lait, biberon, repas, lavage de dents, histoire.

Si j’ai de la chance, je peux prendre une douche…à 23 heures…tout en faisant tssssccch tscccchhhhh non stop avec ma bouche pour calmer LeLutin qui souffre de coliques et menace de réveiller LaLutine. Je me drape dans une serviette tout en bougeant frénétiquement le transat avec mon pied. “Mamaaaan ??” Et merde, LaLutine est réveillée.

LaLutine est aux petits soins avec son frère. Mais je culpabilise beaucoup : je trouve rarement (et le mot est faible) le temps de jouer avec elle. J’ai toujours LeLutin au sein, ou les téterelles de mon tire-lait accrochées aux nichons. Je mets LeLutin en écharpe pour calmer ses coliques et me libérer les mains, mais cinq minutes plus tard, c’est un échec : il a encore faim ou vient d’expulser un caca de l’espace. Alors tu redéfais ton écharpe, tu laisses ta fille qui t’attendait depuis deux heures pour jouer avec elle…et tu pleures en changeant la couche ( et en écrivant ces mots ), tu pleures, tu pleures…parce que tu as ce sentiment de la délaisser. Ce sentiment que toi aussi tu as vécu, étant enfant, quand ton petit frère est arrivé. Et la culpabilité est encore plus grande lorsque tu t’entends la gronder, parce qu’elle n’a pas eu la patience de t’attendre, et a préféré dessiner à même le sol, en n’oubliant pas de barbouiller le sol de feutre…

J’en suis là : mes journées défilent sans que j’aie l’impression de faire quoi que ce soit de productif. J’ai BESOIN d’être productive. Je ne sais pas d’où ça me vient. En tout cas, rester 5 à 6 heures par jour sans pouvoir me servir de mes mains, c’est dur à accepter. Mais je dois le faire car ce n’est pas inutile : LeLutin a besoin de contact. Lalutine a besoin d’interactions. Presque en permanence pour les deux. Le truc c’est que j’ai l’impression de m’oublier dans l’histoire.

Et tu n’as pas d’aide ?

 

J’ai aussi un gros besoin de contact social. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je pense que le congé parental n’est pas pour moi. Rester à la maison pour s’occuper de ses mômes, c’est très gratifiant mais ça ne me rendra probablement pas épanouie. Je suis sûre que l’on peut y trouver du plaisir, il n’y a qu’à voir mes copines ou blopines qui kiffent leur congé parental..mais je sais pas, j’ai pas le déclic. Peut-être qu’il viendra lorsque j’aurais retrouvé le sommeil, et un peu de plaisir. En fait j’ai l’impression que je ne sais plus rien sur moi…alors imaginez si je sais des trucs sur mes enfants, pfiou.

En attendant je suis seulement en congé maternité et on pourrait se dire que j’ai besoin d’aide dans ce quotidien où mon cerveau turbine à deux cent à l’heure lui, tandis que j’ai l’impression de ne pas avancer dans les tâches quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles, annuelles…

Musclor aide beaucoup lorsqu’il n’est pas au travail. J’ignore comment je ferais sans lui. Il a bien sûr ses humeurs et il tente de suivre les chemins sinueux de ma pensée ( je pense que c’est peine perdue, hahaha), et il reste mon roc. Mais comme je l’expliquais au-dessus, avec ses horaires décalés, c’est quand même particulier hein. Les weekends sont les plus durs : j’ai l’impression d’être une mère célibataire avec un nourrisson dans les bras pendant que l’aînée profite que les-dits bras soient encombrés pour faire des conneries. Galère.

On nous demande souvent si nous avons de la famille dans la région. Malheureusement non. Ou alors juste ma belle-mère qui habite à cinq kilomètres, mais elle est absente. Dans sa tête surtout. Elle est malade et ne peut pas, de son propre aveu, se gérer elle-même alors gérer les autres…De toute façon elle ne conduit pas, et depuis presque un an que nous habitons notre maison, elle n’a jamais pris un bus pour venir nous rendre visite. Même après la naissance de LeLutin. Frustration. Donc non : pas de famille dans le coin. Et évidemment je pense énormément à ma maman. Je ne vous explique même pas la puissance du manque d’Elle. Ca m’avait fait le même coup pour LaLutine… Bon, le tableau n’est pas si noir puisque mon père et ma belle-mère habitent à 2 heures de route et qu’ils font le maximum pour être présents. Eux sont venus me voir à la maternité dès le lendemain de mes deux accouchements…l’année prochaine, ils déménagent dans le Sud pour leur retraite. Fuuuuck.

Les amis qu’on aime et sur lesquels on peut compte, cette famille qu’on se choisit , il n’y en a pas tant que ça finalement. Et ils ne sont pas tous dans le coin non plus. Pourtant je leur confierais mes enfants les yeux fermés, comme je l’ai déjà fait ( coeurcoeur sur Ju ).

Je suis sûre que beaucoup de couples sont dans notre cas, sans attache familiale juste à côté de chez eux. J’aimerais beaucoup savoir comment ils gèrent le quotidien, sans aide familiale…

 

Alors on lâche prise ?

 

A défaut de mettre les doigts dedans (dans la prise)(ne vous inquiétez pas, j’en suis pas rendue là), je ronge mon frein. Je chiale environ quarante-douze fois par jour. La vérité c’est que de ne pas pouvoir subvenir aux besoins primordiaux de mes enfants en fonction de leur âge, c’est-à-dire jouer avec mon aînée de 4 ans et pouvoir allaiter correctement mon fils, me donne l’impression très prégnante d’être une mauvaise mère.

J’aimerais débrancher le cerveau. Arrêter de (devoir?) penser à tout. Arrêter de me poser mille questions à la minute. Me satisfaire que mes enfants soient en bonne santé, qu’ils mangent, qu’ils dorment ( sauf un ), qu’ils jouent. Même si je ne suis pas à 100% disponible pour eux. Arrêter de me culpabiliser. De penser que je suis une mère complètement à côté de la plaque.

Sur quoi travailler ?

Ce que j’aimerais dans l’immédiat, c’est déléguer les tâches ménagères du moins en partie. Ne pas penser aux chaussettes sales que LaLutine a laissé traîner dans sa chambre hier soir. Ne pas visualiser la marmite de soupe à nettoyer dans l’évier. Ne pas rater l’échéance pour payer notre facture d’eau ou d’électricité. Si déjà on pouvait virer tous ces trucs qui empêchent de tourner en rond, je me sentirais plus légère !

Ensuite malgré mes réticences, je vais retourner voir un psychologue, et précisément le psychologue qui me suivait lors de ma dépression et que j’avais continué à voir pendant ma première  grossesse et les premiers mois de LaLutine. C’est dingue comme on peut vite changer d’opinion selon l’état d’esprit du jour : quand je suis au fond du gouffre, je vois que l’aide est nécessaire, et quand je sors la tête du seau des semaines ou mois après, je me dis que j’ai perdu mon temps en séance…

C’est faux. C’est pas une perte de temps. Il faut juste re-programmer mon moral et mon cerveau à fonctionner normalement. C’est-à-dire ne plus visualiser un tunnel sans sortie . C’est-à-dire ne plus ressentir ce besoin viscéral d’être productive, de produire quelque chose à tout prix ( un article de blog, un bonnet au crochet, une gigoteuse à coudre…) pour me sentir exister.

Trouver de nouveaux repères. Accepter que la perfection n’existe pas, contrairement à ce que mon éducation a pu me laisser croire… Laisser le temps. C’était mon mantra pour mon accouchement par voie basse..Et j’ai réussi. J’ai mis mon impatience en sourdine, et le résultat a dépassé toutes mes espérances.

 

Et toi, ça gaze ?

(LeLutin gaze bien lui.)

J’ai le sentiment d’avoir écrit seulement le dixième de ce que j’aurais voulu. Dire que je sombre dans une spirale où je culpabilise de me sentir aussi épuisée, aussi mal en point, et que cette culpabilité qui m’attriste, j’ai peur qu’elle déteigne sur mes enfants. Après tout, ce sont des éponges à sentiments, qu’ils aient 1 mois ou 4 ans . Et si mon état devait jouer sur leur mental à eux, je crois que je culpabiliserai toute ma vie…Tu le sens bien , là, le cercle vicieux ? Le pire c’est d’avoir conscience de tout cela, sans parvenir à trouver les clés pour briser le cercle.

Alors j’essaye, parfois, quand un rayon de soleil de décembre traverse mon séjour et vient me toucher sur le canapé jonché de bordel, de me dire que cet état n’est que passager. Que je suis vraiment trop dure avec moi-même et que je dois arrêter à tout prix de me juger. Qu’espérer toucher la perfection du doigt, ce n’est pas possible, malgré tout ce qu’on m’a appris. Je dois accepter que mon travail de lâcher-prise n’est pas terminé car ce n’est pas normal de devoir s’excuser ( d’être soi, d’être fatiguée, d’avoir une maison où il semble qu’une bombe ait explosé ) environ quinze fois par jour.

J’espère qu’un beau jour ça ira mieux. Je ne me lèverai pas de mon lit en pensant à tout ce que j’ai à accomplir le jour-même, le lendemain, le surlendemain. Je vivrais mes journées sans craindre que LeLutin soit cramponné à mes nichons pendant vingt-quatre heures consécutives, pendant que LaLutine me réclame pour jouer avec elle. J’espère vraiment, je crois que c’est le seul truc qui me tient.

Une amie m’avait dit qu’avoir un deuxième enfant, c’était entrer dans la cinquième dimension. Elle ne m’avait pas menti ! Lâcher-prise et résilience doivent désormais s’imprimer dans ma tête de moineau mule.

Et vous, dans quel état d’esprit étiez-vous lors de l’arrivée de vos enfants ? Parveniez-vous à être sur tous les fronts ? Quelles concessions avez-vous dû faire pour survivre ne pas devenir chèvre ? 

 

J’ai conscience que cet article est bien différent des autres…Mais je clique sur Publier, et puis tant pis.

 




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8 Commentaires

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    Ygracerla
    10 décembre 2019 12 h 30 min

    Ma bichette ( oui ton message m’interpelle tellement que j’ai envie de te donner du petit nom mignon ) il me semble que tu as un bon baby blues . Et c’est pas grave .
    Le fait que le lutin a des colliques peut jouer sur les tétées . Il peut vouloir prendre le sein pour se soulager et non par faim .en plus rajoute les pics de croissance et là c’est jackpot !!! Mais ça ne veut pas dire que ta montée de lait ne soit pas bonne . Ça veut juste dire qu’il faut s’armer de patience . Pour les conneries quand on a les bras pris j’ai connu .( Je crois que c’est le cas de toutes ) . Rassure ta fille en lui disant que c’est temporaire . Courage à toi , si tu as besoin de parler ou autres mes yeux et mes oreilles sont ouvertes en grand .

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    Dan6474
    10 décembre 2019 13 h 03 min

    Oh ma Lu….tu me touches énormément….
    Mon expérience ne peut guère aider, d’abord, je suis une vieille dame et mon fils a 30 ans, et surtout ma maman m’a assistée comme on ne peut même pas l’imaginer, une aide inestimable.
    J’ai eu du mal avec l’allaitement mais pas de souffrance, juste, je n’aimais pas beaucoup ça .
    Mais malgré tout, j’ai eu de vrais passages à vide, des journées où le gamin ne faisait que pleurer mais gazouillait quand son père arrivait… WTF??? Ça me mettait dans un état de nerfs impossible! Une impression d’être incapable, et ça, il ne faut pas le penser, jamais!
    Ce que je peux te dire c’est qu’il ne faut jamais culpabiliser! Putain, tu es une maman formidable et une fille extra.
    On passe tous par des moments de doute, mais regarde ce que tu as réussi à faire: un couple déjà (c.’est pas si simple, hein?) tu as un boulot, une maison et deux enfants!!! Alors si ta maison est en bordel…on s’en fout!

    Tu as besoin de dormir, c’est sûr . Est-ce que tu as une solution pour renoncer au co-dodo?
    La fatigue est mauvaise conseillère, on voit tout en noir. Bon courage à toi, je suis sure que c’est une mauvaise passe et que tout va s’arranger.
    Je t’embrasse tendrement

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    Emilie Milleliri
    10 décembre 2019 13 h 12 min

    Je ne sais pas par où commencer moi non plus…
    2018 et 2019 ont été un tourbillon émotionnel. À Noël 2017, après 2 années 1/2 à souffrir, et dans des torrents de larmes, on parlait de se séparer avec Maricheri, après 17 ans d’amour qu’il ne ressentait apparemment plus. Mais moi si. Et puis c’est revenu ! En quelque mois, l’amour a refleuri. Mais que j’ai culpabilisé durant ces années de tristesse, où mon fils est passé de 2 ans 1/2 à 5 ans sans que je n’arrive à lui donner l’image d’une maman dans le bonheur….
    Et puis mon stérilet est arrivé à échéance, et on s’est posé la question d’en remettre un ou non. Et puis non. Et 1 mois pile après le retrait, me voilà enceinte. En août 2018, soit 8 mois après ce terrible décembre… J’ai tremblé de tout mon corps en l’annonçait à Maricheri, dans la peur de sa réaction. Il a été ravi, ému, amoureux.
    Toute ma grossesse j’ai vécu avec cette peur qu’il change d’avis. Et surtout, avec la culpabilité que ces angoisses affectent mon bébé. Et mon grand-petit.
    Et puis… à 7 mois de grossesse (fin février 2019), on a appris par le travail de Maricheri qu’on partait fin août vivre… au Panama en expatriation. Culpabilité culpabilité culpabilité : fin de grossesse dans le stress, mon bonhomme pour qui je me suis dit que c’était terrible de lui faire vivre tout ça la même année : petite sœur après 6 ans de fils unique (bon, il en rêvait, mais quand même), changement de pays, éloignement des cousins adorés et des copains, changement d’école, passage au CP… Je m’en suis voulue à mort. Et je culpabilisait de culpabiliser, voulant me montrer rassurante et zen devant mes enfants… #cerclevicieux
    Et mon petit gars a beaucoup pleure cette été, dans la crainte du changement. Il a aussi eu un grave traumatisme dentaire (fracture) en jouant au basket avec moi, sans doute lié à l’ambiance électrique de l’été… Culpabilisation…
    Et comme toi, je déplore d’avoir BEAUCOUP (euphemisme) moins de temps pour jouer avec lui. Et pouponner m’a toute petite. J’ai l’impression de n’avoir du temps pour personne. Alors moi…
    Maintenant nous sommes au Panama depuis 3 mois et demi, on commence tous à trouver nos marques, la petite à 7 mois et demi, et je ne travaille pas pour le moment. Je commence vaguement à trouver un équilibre précaire. Mais je culpabilise encore. De tout. Tout le temps.
    Pour mon fils qui a des coups de blues de la France (c’est ma faute) . Pour ma fille qui se réveille encore un peu trop la nuit (c’est ma faute), et pour qui je crains de ne pas avoir assez profité des 1ers mois. Pour Maricheri avec qui on peine à se trouver des moments amoureux (c’est ma faute). Pour mes parents qui vivent mal mon absence et le fait que je leur ai “enlevé” les petits-enfants (c’est ma faute). Pour ma maison d’ici, trop grande et pas assez propre (c’est ma faute). Pour la lessive en retard, le chat qui manque de caresses, la ville trop bruyante et un milliard d’autres détails. Bref, je crois que c’est la vie d’un parent d’aujourd’hui de culpabiliser beaucoup. Trop. On a et on se met sûrement trop de pression.
    Mais de temps en temps, j’essaie d’envoyer bouler ma p**ain de culpabilité, et ça fait du bien. Mais c’est pas facile…
    PS : pardon pour le roman, mais je voulais que tu saches qu’on ressent toutes ça, que c’est normal, et que si ça ne passe pas, au moins ça s’atténue beaucoup, et qu’on peut vivre avec
    Bisous à ta jolie famille

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    Noémie
    10 décembre 2019 16 h 15 min

    Bonjour, en lisant vos mots j’ai l’impression de me retrouver 2 ans 3/4 en arrière avec mon propre Achille. Au sein, toute la journée, toute la nuit. Et je n’ai jamais réussi à allaiter en écharpe, il s’étouffait le mignon. Et Merlin son ‘grand’ frère ( est ce qu’on est grand, à 2ans 1/2 ? ) en profitait pour faire n’importe quoi. Bref, je faisais comme toi, en pleurant; toute la journée. Jusqu’à ce que je dise à mes copines que non, ça va pas, que oui, j’ai besoin d’aide, et de crêpes. Et juste de le dire, ça m’a aidée. Mon salon était toujours en bordel et mes machines tournaient plusieurs fois vu que je n’avais pas le temps de les vider. Et puis j’ai pu poser Achille sur le tapis à côté de Merlin pour jouer aux légos. Et puis il est resté plus de 10mn en écharpe sans vouloir téter et j’ai pu lire des histoires. Et puis il a bien voulu rester dans son transat pendant que son frère lui faisait des spectacles dans le bain. Et puis je lui ai filé du julep gommeux contre les coliques et il a eu moins mal au ventre. Et puis j’ai appris que tu avais de super aides de la CAF pour une aide ménagère par l’ADMR (demander avant les 4 mois du loustic, valable 6 mois ) Et puis .. je fais toujours tourner mes machines plusieurs fois de temps en temps, je pousse le bordel de mon canapé pour m’asseoir avec une tasse de thé chaud que je boirai froid, mais soit je me suis habituée, soit les copines et les crêpes ont fait peur à cette fucking depression post partum qui me rongeait de l’intérieur et j’ai pu voir le joli derrière la poussière, les montages de linge, les jouets qui traînent et les repas de pâtes deux fois de suite….
    Courage … ça passe.

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    Valérie
    10 décembre 2019 17 h 15 min

    Hello!
    Comme je me retrouve dans ta description !
    C’est très dur effectivement et même encore aujourd’hui il y a des moments où je voudrais juste baisser les bras et aller dormir.
    Pour ma part j’ai appelé ma mère à la rescousse pour garder les aînés (je n’avais pas eu de soucis avec ma number 2, elle était vraiment mais vraiment très facile au point que je m’inquiétais de la voir autant dormir et accepter toutes les contraintes), pendant que je me concentrait sur l’allaitement et dormais en même temps que bébé. 1 fois par mois j’avais aussi pris une femme de ménage pour faire un grand coup partout car sinon je ne faisais que le minimum vital. Et la bébé a 7 mois je commence à retrouver du temps pour moi (il fait enfin ses nuits)
    Alors j’ai envie de dire que c’est un mauvais moment à passer mais je comprends tellement ce que tu ressens.. Courage

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    Laety
    10 décembre 2019 21 h 51 min

    Ton Lutin est encore tout petit, toute notion de rythme ou de partage lui sont inconnues, c’est un fait qu’il faut accepter.
    Ta Lutine est une petite grande, qui a franchi plein d’étapes en peu de temps (école, prise de galons en devenant grande sœur), pour elle aussi la notion de partage est encore à découvrir.
    Pour le bordel dans la maison, il faut arrêter de culpabiliser: ça ne sert à rien qu’à se miner le moral 😉
    Tu as une chance énorme: tu arrives à accepter cet état, et surtout à mettre des mots dessus, et ça croit moi, c’est vital!! Alors continue de mettre des mots: ici, avec tes proches, tes amis, les professionnels (psy, mais aussi SF, gynéco ou pédiatre).

    Les c*nneries de la part de LaLutine, crois-moi, c’est aussi bien qu’elle les fasse à la maison (ça t’évitera les prises de tête avec la maîtresse en prime :P).
    La mise en place de l’allaitement, je sais à quel point ça peut être galère, même avec un 2e enfant (ou plus…). Et même si je comprends l’envie de faire du stock pour plus tard, as-tu vraiment besoin de t’imposer le tire-lait à chaque tétée?

    Sois indulgente avec toi-même :-* on ne te le dira jamais assez.
    Ma (petite) grande avait 26 mois à l’arrivée de ses sœurs, avec un Zhom au rythme de travail décalé, et j’ai mis 2 mois à mettre en place l’allaitement de mon fiston 6 ans plus tard…

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    Sophie
    11 décembre 2019 9 h 26 min

    Rhooooo, te lire me donne envie de débarquer chez toi avec un gros kit de nettoyage pour te filer un coup de pouce ! Je te comprends tellement ! Même si ce n’est pas grave effectivement d’avoir du bordel partout, le fait de le voir mine le moral ! Et ça, tu n’en as pas besoin en ce moment. Le passage de un à deux enfants a aussi été très dur pour moi et pourtant, j’avais ma maman qui habite à 150 mètres. Elle venait m’aider, nous faisait des repas, bref, je mesure vraiment ma chance de l’avoir eue à ce moment-là ! J’étais tellement négative qu’une amie pensait que je faisais une dépression. Cette surcharge de tout et dès que tu veux bouger avec les nains, c’est un tel déménagement que je n’en avais même pas le courage.
    Pour ce qui est de ton allaitement, je comprends vraiment que tu veuilles le réussir mais pense à toi ! Je suis hyper pro-allaitement mais à partir du moment où ça se fait dans le stress, la douleur, la culpabilité, ce n’est pas bon pour toi ! Je dis toujours que ce qui est pris est pris ! Ce petit bonhomme a déjà eu énormément de chance d’être allaité exclusivement jusqu’ici et tu peux être fière de toi, vraiment !
    Pour le reste, vois du monde, invite une petite copine de LaLutine (mes enfants sont souvent plus sages et créatifs quand ils ont des compagnons de jeu) mais en tout cas, fais-toi aider et ne reste pas seule !
    Je t’envoie une bonne bonne dose de courage, je suis certaine que ça va aller ! Gros gros bisous !

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    Anaïs
    11 décembre 2019 15 h 55 min

    Bonjour,
    Je ne commente jamais (enfin si je l’ai fait sur un de tes articles en juillet 2018 donc ça remonte !) mais je me dois de sortir de l’ombre.
    Je suis actuellement dans la même situation que toi : ma première est née en août 2015, mon deuxième est né fin octobre 2019 (quand je dis que je suis en plein dedans je ne mens pas !!).

    La clé ? Le sommeil pour moi perso : bien dormir permet de positiver. Mais je ne dors pas bien pour autant. J’ai essayé d’établir des priorités : m’occuper de mes enfants, point barre, mon logis attendra. Je me dis qu’ils sont en bonne santé, sont au chaud, sont propres, mangent à leur faim, c’est bien le principal. Ce n’est pas parfait, les nuits sont courtes et entrecoupées, je me lève tous les matins en rêvant d’une sieste l’après-midi… ah ah douce utopie… Mais j’y crois, ça va aller.

    Allez tiens bon, tu es super. Il faut laisser le temps à tout le monde (et à toi-même de prendre ses marques). Je te souhaite que tout aille mieux rapidement. Essaye de profiter de ta journée pour que ce soir tu te dises qu’au moins une chose s’est bien passée (une tétée parfaite, un moment jeu avec ta fille, une partie de rigolade…).
    Bonne journée !

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