DRIVE0( Billet écrit le 8 novembre 2011 )

Oh bordel.
Je m’attendais pas à écrire un billet sur ce film, sorti en salles françaises début octobre 2011.
Déjà parce que je trouve ça plutôt coton d’écrire sur un film sans en révéler des éléments capitaux. Mais surtout parce que j’ai un mal fou à poser des mots sur mes ressentis.
Et enfin parce qu’ en sortant de la salle , j’ai été déçue .

Ouaip.

Pourquoi lui accorder ( attention spoiler ^^ ) une satisfaction maximale alors?

Tout simplement parce que j’ai réfléchi, et qu’aprèsquelques jours de triturage de neurones, je me suis rendue compte de la puissance de cette oeuvre cinématographique.
Parce que ça fait dix jours que je l’ai vu, que ça fait dix jours que je n’arrive pas à dégager la musique «principale» de ma caboche de pouffe, et que je l’ai tellement aimé que j’ai presque envie de retourner une seconde fois au cinoche pour le revoir.
Ouais, à ce point-là. Ca me rappelle mon adolescence, quand j’étais allée voir 4 fois Titanic et que je chialais toujours autant à chaque visionnage.

Et parce que je SAIS que ce film m’a marquée , que je ne l’oublierai pas de sitôt , et que dès sa sortie en DVD annoncée , je risque fort de me précipiter dessus.

Je vais donc construire ce billet un peu bizarrement. Pas comme d’hab. Par ordre chronologique.
Car je trouve intéressant de comprendre pourquoi je ne voulais PAS le voir , pourquoi j’y suis allée , pourquoi j’ai été déçue, et finalement pourquoi je me rends compte qu’inconsciemment, je l’ai surkiffé ( mais si tu trouves pas ça intéressant, tu as tout à fait le droit de cliquer sur la petite croix qui ferme ton onglet, je ne t’en voudrais pas le moins du monde.)

Mais surtout le but de ce billet, c’est de vous donner une envie folle de voir DRIVE car vous louperiez un grand film.

OCTOBRE : des critiques unanimes mais Lupouffe boude

Psychou nous cause sur son blog d’un nouveau film. Il s’appelle DRIVE, son chéri bat des bras dans les airs tellement il veut aller le voir, elle n’est pas plus emballée que ça.
A la sortie de la salle, Psychosexy bat des bras tellement elle a kiffé, alors que son chéri lui, fait du boudin.

Puis fleurissent les opinions des gens : verbales le plus souvent, mais aussi sur le site Allociné où, fait rarissime, les journalistes accordent une note globale de 4/5 au film et donnent raison aux spectateurs avec leur 4,5 étoiles….

Et moi pas de bol : plus un film est «trop trop bien, hiiiii, faut trop que t’ailles le voir !» , moins j’ai envie d’y aller par peur d’être déçue.

Après tout, nous n’avons pas tous les mêmes goûts et parfois j’en ai de très particuliers.
En général, j’attends donc que les gens arrêtent de me casser les oreilles et je découvre certains films des années après leur sortie, comme il fut le cas pourSEVEN ou pour LA LISTE DE SCHINDLER, ou plus récemment pour AVATAR.

Et bon, je le confesse : je n’aime pas aimer les mêmes choses que les autres , na.
Moi? Un esprit de contradiction?
Mais pas du tout.
Du tout du tout !

Donc pourquoi je n’étais pas prête d’aller voir Drive :

  • «Le film de l’année» + les gens qui aiment tous, ça me plaît pas.
  • Un truc de bagnoles?? Nan mais sandek….!
  • Ryan Gosling, je suis désolée pour lui, mais il a une tête qui me revient pas. Trop premier de la classe, je sais pas, y’a un truc qui me défrise chez lui. En même temps je ne l’ai jamais vu jouer donc il est peut-être charmant…..mais même.

Fin Octobre, au cours d’une soirée d’anniversaire, Caro m’annonce avoir vu DRIVE avec son Homme. Ils ont adoré tous les deux, et Caro me révelera alors un aspect du film intéressant : il nous fait brasser une large palette de sentiments, un truc assez rare selon moi.

Quelques soirées plus tard, alors que nous évoquions nos derniers films visionnés autour d’un bon couscous, Johanna nous cause de DRIVE, comment c’était trop bien et comment elle a kiffé. Je lui avoue que les films dont tout le monde cause en bien, ça me hérisse le poil. Elle rue alors dans les brancards et me fait bien comprendre que je rate vraiment un truc. Mais je reste ferme sur mes positions. J’aime faire ma connasse.

Les jours suivants, j’entendis alors parler d’un LEON à l’américaine, un film qui m’avait profondément marquée quand j’étais ado, et que je prends toujours un plaisir à revoir même si je le connais par coeur.

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2 NOVEMBRE : Le Jour J qui m’a coiffée au poteau

C’était le weekend de la Toussaint, j’avais envie de me taper un japonais ( plutôt sa bouffe en fait ).
Musclor et moi avons notre restaurant fétiche à Montparnasse, et nous taper 40 minutes aller-retour de route juste pour un dîner, même s’il s’agit de délicieux sushi et maki, ça ne fait pas parti de notre religion ( surtout depuis que le gazole est si cher ). Donc en général, on aime se faire une toile avant, dans le même coin que notre restau chouchou.

Ni Musclor ni moi n’avions maté la bande-annonce de DRIVE. Mais les avis des copines ayant fait leur chemin dans ma p’tite tête, j’ai envoyé bouler mon sacrosaint principe du «j’veux pas faire comme tout le monde». En plus, Musclor avait vu les critiques élogieuses et découvert les nominations du film au Festival de Cannes. D’habitude ce n’est pas une référence pour nous ce genre de sauteries pompeuses, mais ça gageait quand même d’une certaine qualité.
Va pour DRIVE.
Ou comment j’ai arrêté de jouer ma connasse et que j’ai fait jaser les copines.

Il y a peu de monde dans la salle où Musclor et moi trouvons place confortablement. Deux mémés derrière nous. Personne devant. Le film est projeté depuis le 5 octobre en France, ceci explique certainement la salle presque vide…Enfin j’espère, gloups .
Le générique commence et tout de suite la musique et l’ambiance sonore me frappent de plein fouet . En écritures roses gondolées défilent les noms des acteurs principaux. Ca ressemble vachement au générique de DIRTY DANCING ( ouais bon ça va, je reste une pouffe ! ) . Mais la musique vient immédiatement contredire cette impression : ça sonne très 80’s, très «vieilles séries américaines» remises au goût du jour. Je suis perplexe mais enthousiaste.
L’heure quarante de film passe très vite. A aucun moment je n’ai consulté ma montre, signe manifeste que je m’emmerde royalement. Pourtant des «temps morts» , il y en a dans ce film, croyez-moi ! Mais « morts » n’est certainement pas le mot approprié…
Des moments où personne ne cause, la caméra se contentant alors de fixer les visages des protagonistes. Mais c’est foutrement prenant tant c’est bien réalisé tout ça. Je n’ai pas baillé aux corneilles une seule fois !
Mais ne brûlons pas les étapes, je tiens à vous livrer mon petit synopsis personnel. Et vous allez voir, il est très court car j’ai vraiment peur de spoiler.

◆MON PETIT SYNOPSIS PERSONNEL◆

Ryan Gosling incarne un homme réservé et peu bavard ( c’est rien de le dire ) , cascadeur de métier. Ca c’est sa profession officielle.

Il aime aussi bricoler des voitures et est employé dans un petit garage de quartier. Ca s’est sa deuxième profession, son petit hobby quoi.
Officieusement, le sieur met à contribution ses talents de pilote aux malfrats quand la nuit tombe…
Pour ces opérations périlleuses, il a des principes et ne les transgresse absolument jamais : il est au service des malfaiteurs pendant 5 minutes chrono, il ne veut rien savoir, il ne porte pas d’arme. Il les transporte d’un point A à un point B, et c’est tout. C’est déjà pas mal, faut pas pousser Mémé dans les orties quand même.
Quelque soit le moment de la journée ou de la nuit, il semble réservé et timide. Pas franchement le genre à avoir une vie sociale épanouie quoi.
Un beau jour en rentrant chez lui, il fait une rencontre. Le genre de rencontre qui te change une vie.

Et effectivement suite à un enchaînement de situations imprévisibles, sa vie va basculer…. Et beaucoup d’autres avec.

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NOVEMBRE ou comment passer de la déception à l’enthousiasme débordant !

J’ai été déçue car je n’ai pas retrouvé mon « LEON à l’américaine » , en fait je crois vraiment que c’était la raison. Du coup je n’avais pas réalisé tout ce qu’il y avait autour.
C’est dans les jours qui ont suivi que je me suis aperçue que le Driver n’était pas du tout un Léon et que pire : il m’avait frappée encore plus fort. Ouais, carrément. Et finalement quand j’ai recoupé tous les éléments que j’avais en ma possession, je me suis rendue compte que non, ce film ne m’avait pas déçue. Je ne m’attendais pas à ça, tout bêtement. Et que je le veuille ou non, il m’a mis une claque.


1 . UNE REALISATION MAGISTRALE

Honnêtement je n’avais jamais entendu parler de Nicolas Winding Refn, le réalisateur.
Je pense me rappeler de ce nom désormais.
Il aura indéniablement marqué mon esprit. Il fait parti de ces réalisateurs qui ont un vrai génie pour la mise en scène. Des tonnes de détails qui donnent au film une véritable identité et une âme que beaucoup n’ont pas . Une sorte de signature aussi, car quand il prend un malin plaisir à filmer Ryan Gosling qui suit un truc des yeux, on a qu’une seule envie : voir ce qu’il voit, bordel !

Pour ceux qui l’ont vu, repensez à la sortie du supermarché lorsque le héros suit quelque chose des yeux, mais que nous simples spectateurs, ne sommes autorisés à voir ce qu’il dévisage quelques secondes après…Idem lorsqu’il voit quelque chose dans le couloir de son immeuble…Si Marjorie n’avait pas été là pour me rappeler ces petites choses, je ne les aurais probablement écrites dans cet avis, merci Marjo ! 🙂
Ce que j’ai immédiatement remarqué par contre, c’est l’ambiance de ce film.
Les moments de bonheur sont éclairés d’une lumière vive et colorée ( un passage dans l’ascenseur, la ballade en voiture…) tandis que les instants plus sombres sont matérialisés par une ambiance noire ou bleu foncé, inquiétante et lourde.
On souffle pendant les moments insouciants, mais on ne peut s’empêcher de le retenir ( son souffle ) lors des scènes plus feutrées et hmmm…musclées.
Des instants bucoliques et poétiques viennent caresser des moments violents et traumatisants.

La mémé de derrière m’a d’ailleurs gentiment labouré le dos en tapant dans mon fauteuil avec ses pieds lors d’un moment bien particulier du film..Je n’en dis pas plus !
Tous ces détails mis bout à bout nous donnent vraiment une «empreinte» visuelle , une ambiance parfaitement retranscrite . C’est indéniable : Nicolas Winding Refn maîtrise parfaitement son Art.

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2 . UN JEU D’ACTEURS INCROYABLEMENT BLUFFANT

Comme je vous le disais en intro, je peux pas m’encadrer la tête de Ryan Gosling. Bon il n’est pas aussi répulsif que le père Castaldi non plus. Pis je n’avais encore jamais vu de film où il apparaissait. Donc j’y suis allée en me disant que bof, pour moi ce n’est pas un sex-symbol et qu’il a beau être à l’affiche de 3 films en ce moment, ce n’est pas moi qui vais me précipiter pour l’admirer.
Quelle monumentale erreur de jugement de ma part . Je m’auto-déçois !
Comme quoi, il ne faut jamais se fier au physique ^-^ j’en sais quelque chose puisque mon acteur fétiche, Kevin Spacey, ne met pas vraiment la gent féminine dans tous ses états ( alors que moi si =)
Ryan Gosling incarne donc notre Driver.

Ouaip, étrange. Avez-vous remarqué que je n’avais pas nommé le protagoniste?
La raison est toute simple : il n’a pas de prénom. C’est le Driver et c’est tout. Le personnage principal n’est donc jamais directement nommé ! Quand je vous dis que ce film est vraiment à part…
Dès les premières minutes, j’ai compris.
Non Ryan Gosling n’est pas du tout un canon à mes yeux, je persiste.
Mais il donne tellement vie à ce Driver peu loquace, timide et réservé, qui brusquement se transforme en brute épaisse sans qu’on voit dans son regard le moindre changement d’attitude, la moindre empathie vis-à-vis de sa «victime», que c’en est époustouflant.
Du coup Ryan Gosling a tout gagné pour moi en terme de talent pur et duret de charme.
Dès les premières minutes, quand il marche nonchalamment, son cure-dents au bec, dans son blouson blanc frappé d’un dragon dans le dos, j’avais compris que cet acteur avait de la gueule, du charisme et une capacité vraiment étonnante à incarner un personnage si complexe que ce Driver.

Le talent, c’est aussi quand la caméra se fige sur son visage , et qu’on lit dessus tous les sentiments qu’il ne sait pas exprimer verbalement …. ou son absence de sentiments.
Attention, le Driver n’est pas teubé pour autant. Mais j’avoue m’être posé la question de savoir si il n’était pas légèrement attardé en tout début de film.

Verdict : attardé non, attachant oui….malgré tout ce qu’il va faire….( purée je deviens vraiment bonne pour les suspenses nan? )

Et c’est dans ces moments-là qu’on parvient à cerner deux talents énormes : celui du réalisateur qui filme sans bouger , et celui de l’acteur qui émeut sans parler.
Pour être tout à fait honnête, il y a juste un bout de scène que j’ai trouvé relativement long, quand la voisine tente d’avoir une conversation avec le Driver en rentrant de balade. Ce dernier est tellement muet que les phrases mettent des plombes à sortir ( quand elles sortent ). Mais pour tout le reste du film : non non et non, pas une seule seconde d’ennui.

Tout est parfaitement maîtrisé , c’en est presque énervant de perfection !
Et d’ailleurs il n’y a pas que Ryan Gosling qui brille. Je juge souvent la qualité des films à l’importance qu’on veut bien apporter aux seconds rôles.
J’aime autant vous dire que dans DRIVE, ils n’ont pas que des miettes à se partager, loin de là !
Chaque rôle a son importance dans l’histoire. Chaque acteur démontre un talent fou . chacun dans un style différent , mais unis pour servir la cause du film .

Tant de talent, c’est énervant !

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–> Carey MULLIGAN joue Irene, la voisine du Driver. Cette petite blonde, je ne crois pas l’avoir déjà croisée avant. Elle n’était d’ailleurs pas pressentie pour ce rôle puisqu’à la base, Nicolas Winding Refn recherchait une italo-américaine. Il en a casté beaucoup mais quand il a vu la bouille insouciante et enfantine de Carey, il a su que c’était son Irene. Elle joue très bien quoique un peu trop «absente» à mon goût. Ce sont les rôles masculins qui m’ont le plus marquée ^-^
–> Bryan CRANSTON, vous l’avez sûrement déjà vu quelque part. Il jouait le père de famille dans la série MALCOLM ( voilà j’étais obligée de le signaler pour que Musclor soit content : il l’avait reconnu direct alors que moi je n’ai jamais regardé un seul épisode de cette série ! ) et plus récemment dans la série BREAKING BAD où il est en premier plan. On le voit aussi dans CONTAGION , film qui vient tout juste de sortir en salles.
Dans DRIVE, il joue Shannon, le patron garagiste du Driver. Je l’ai trouvé très attachant dans le genre «protecteur» mais avec des intérêts en jeu malgré tout… Selon Loulou, ce mec a un talent incroyable puisqu’il est à peine reconnaissable d’un rôle à un autre, même physiquement, tant il semble s’incarner dans son personnage.
Je confirme : je le connaissais pas. Ce mec a un talent de dingue.

–> Albert BROOKS m’a quant à lui, fichu une trouille d’enfer avec sa tête de gentil-mais-qu’en fait-il-est-tout-sauf-gentil. Et que dire de Ron PERLMAN , celui dont la tête, au sens propre, me file des cauchemars depuis que j’ai vu LE NOM DE LA ROSE quand j’étais gamine. Ce mec n’a pas seulement un physique, il a un jeu d’acteur de ouf, absolument parfait dans le rôle de Nino, le mafieux que rien ne semblera faire plier…

Tous ces acteurs prodigieux forment une mosaïque de personnages trèèèès différents et tous excellent dans le domaine. Leurs rôles s’articulent tous autour du personnage central du Driver, mais DRIVE ne serait certainement pas si prodigieux sans ces rôles secondaires … capitaux !

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3 . UNE BANDE-SON INOUBLIABLE

Je fais parti de ces gens extrêmement sensibles aux musiques de films.
Je suis capable de me souvenir d’une chanson alors que j’aurais oublié le film daubesque dont elle est issue. Il m’est souvent arrivé d’acheter le CD d’une bande-originale que j’ai adoré ( PULP FICTION , THE 5TH ELEMENT , LE GRAND BLEU , DIRTY DANCING etc etc… ) et certaines musiques, instantanément, parviennent à me remémorer un film entier ou des scènes ponctuelles.

Pour la première fois depuis des années , j’ai eu envie de me précipiter à la Fnac pour acheter la bande-annonce d’un film : celle de DRIVE bien entendu.
Impossible de me sortir de la tête le thème principal du film, mais aussi d’autres musiques entendues tout du long…
Dix jours que je lutte pour m’en enlever une de la tête, et je vous jure que c’est mission impossible d’ailleurs je connais les paroles par coeur à force de l’écouter ( bon d’accord y’a six phrases à tout casser )
Une bande-son intelligente, qu’on oublie pas, qui frappe par son côté quelque peu rétro voire kitsch, très eighties parfois dans ses sonorités.

Une totale réussite, c’est indéniable !


4 . UN SCENARIO SIMPLE MAIS PAS SIMPLET

Je dois vous avouer un truc : en réfléchissant après le film, j’ai réalisé que je n’avais peut-être pas tout pané. En discutant avec Musclor, je me suis rendue compte que lui non plus. Ouf.

Mais c’est dans les jours qui ont suivi notre visionnage que j’ai réussi à tout remettre en ordre ( enfin je crois ) et que j’ai compris que le réalisateur était vraiment un filou parce qu’au final, il a réussi à me détourner du scénario tant ses talents de mise en scène et de réalisation sont énormes ( oh oui énormes ! )
Le scénario est carrément simple. Pas simpliste non plus, sinon Musclor et moi, comme on est super intelligents, on aurait tout entravé tout de suite. Mais il reste accessible au commun des mortels. Malgré tout, l’interdiction aux moins de 12 ans est parfaitement justifiée . Nous étions étonnés du gros panneau informatif ( et dissuasif ) à l’entrée de notre salle puisque rien ne laissait présager de la violence de ce film. Et pourtant si, rho la vache, on se prend des beignes en pleine tronche. Et les personnages, c’est bien plus que des beignes…
Car si certains se plaignent des «silences», des «longues pauses» sur la face de Ryan Gosling, et surtout qu’ils trouvent que justement, Ryan ne laisse rien passer comme sentiments, ben ces gens-là ont tout vu, mais ont tout interprété de travers, les cons. ( rhoo si on peut pu rigoler hein )

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Je pense que c’est le BUT du réalisateur de nous montrer à quel point le Driver est taciturne et impassible dans les moments qui parfois nous soulèvent le coeur . C’est CA qui est le plus flippant en réalité , bien plus que les scènes d’actions un peu trash. Il est froid et implacable et sait défendre les intérêts de ceux qu’il veut protéger…sous sa gueule d’ange et les bons sentiments qui suintent de son coeur d’artichaut. ( putain c’est beau ce que j’dis parfois )
Donc n’ayez pas peur : de l’action , il y en a !
Et pas forcément en voiture.
Ouf !
Moi les courses de grosses cylindrées, ça me laisse complètement froide, voire ça m’exaspère. Dans ce film, la voiture reste le moyen de locomotion, le moyen de fuir, le moyen de poursuivre, le moyen de s’évader…mais cela reste un moyen du film, pas la raison du film. Il y a effectivement quelques scènes en voiture, mais on n’a pas voulu faire dans l’inédit de grosses-cascades-whoaaa-trop-bien. Non, c’est sobre et réaliste, juste ce qu’il faut pour ne pas m’écoeurer.

L’action est ailleurs et comme je le disais plus haut , on ne s’emmerde absolument pas et les 100 minutes passent vraiment trop trop vite !

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Je suis ressortie du film un peu déçue car je n’ai pas retrouvé vraiment un LEON sauce américaine. 
Mais plus les jours ont passé, plus j’ai saisi la puissance de ce film et de toutes ses qualités conjuguées : une réalisation originale , un jeu d’acteurs remarquable , un scénario simple mais rondement mené.
Quand en plus , on parvient à retranscrire en images des ambiances bucoliques et poétiques ou au contraire lourdes et froides , des émotions aussi variées que l’horreur , l’incompréhension ou l’amour , et tout ceci en très peu de paroles mais sans s’emmerder une seule seconde , là je crie carrément au génie.

La bande originale, c’est le «petit plus» qui devient un énorme atout : impossible d’oublier ces notes de musique dans l’ascenseur , ce générique , cet instant magique où …

Cet avis avait plusieurs objectifs : vous étaler l’introspection à laquelle je me suis adonnée ces dix derniers jours , faire mon mea culpa auprès des filles ( ouiiii Johanna et Noémie, j’ai surkiffé en réalité ! ) mais SURTOUT vous donner envie de découvrir ce petit bijou .

Satisfaction : 12 / 10

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( Billet écrit le 8 novembre 2011 ) Oh bordel. Je m’attendais pas à écrire un billet sur ce film, sorti en salles françaises début octobre 2011. Déjà parce que je trouve ça plutôt coton d’écrire sur un film sans en révéler des éléments capitaux. Mais surtout parce que j’ai un mal...
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