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Cet article, ça fait 18 mois qu’il traîne . Dix-huit mois que LaLutine, notre chef-d’oeuvre, ne mérite pas de rester dans mes brouillons. Or, j’ai toujours eu envie de vous raconter le jour où elle est arrivée. Ce dimanche matin où elle a tout chamboulé dans nos vies. Je vous avais promis un billet plein de glaire cervicale, de larmes, de morve et de placenta : le voilà.

Mais ne vous inquiétez pas : ça va bien se passer.

Ceci dit, je vous vois déjà venir :

Pffff punaise. Encore une qui va nous dire que son accouchement était idyllique et sans douleur. Et que c’était le plus beau jour de sa vie, et gnagnagna. Il pue déjà le pipi ( pailleté ) de licorne à plein nez, son article.

Ou au contraire ( et cette réflexion se prête davantage aux femmes à gros bidon sur le point d’enfanter dans la seconde qui vient ) :

Rhô merde. Elle est où la p’tite croix pour fermer la page ?! Nan, j’veux pas, j’veux pas lire çaaaaa. Laissez-moi tranquille. Elle va me coller les miquettes avec son récit. Je suis sûre qu’il fout les jetons son accouchement. Je veux pas d’histoires d’accouchement, foutez-moi la paix, nom d’un foetus.  *clic sur la petite croix*

Effectivement, mon accouchement ne fut pas de tout repos. La lettre à la poste, ça n’a pas vraiment été mon cas. Je dirais plutôt « gros colis fragile à faire sortir par un trou de souris ». Ouais. Cette image est parfaite.

Le but n’est évidemment pas de vous coller les miquettes, et encore moins de vous vanter la merveillosité de l’accouchement.

Mon accouchement fut compliqué. Mais il est unique. C’est le mien. Et je veux conserver tous ces moments en mémoire, bons comme mauvais. Parce que malgré tout, il reste le moment le plus intense de ma vie de trentenaire. Et que je veux tout écrire pour la postérité, afin que mes souvenirs ne se meuvent pas en bribes de vieille octogénaire qui déraille.

Le contexte : libérez les baleines !

Mon terme était prévu le 7 septembre 2015. En début de grossesse, j’avais avoué à Musclor être certaine d’accoucher par césarienne en urgence, et que le critère de sa présence au bloc opératoire serait indispensable pour le choix de la maternité où j’allais accoucher. J’ai tenu parole et lorsque l’hôpital Béclère m’a confirmé que la présence des conjoints était autorisée même pendant les césariennes en urgence ( dans certaines limites bien sûr ), j’ai signé direct. Musclor n’était guère enchanté et m’a barbée pendant 9 mois sur sa capacité ou non à ne pas tourner de l’oeil dans un bloc opératoire. Mais moi je savais qu’en cas de nécessité, il trouverait le moyen de ne pas tomber dans les vapes.

Dès le mois de juin, décision fut prise par ma gynécologue de me mettre en arrêt de travail pour menace d’accouchement prématuré ( MAP rien à voir avec Google  ) en raison de contractions violentes survenant sans raison particulière.

Mon dernier trimestre de grossesse fut assez éprouvant avec une rétention d’eau à en faire pâlir le patron de Véolia ( j’ai pris 19kg en 3 mois ) ( oui oui tu as bien lu ) , des monitorings tous les jours pour vérifier l’intensité et la fréquence des contractions, des chaleurs de fou à tel point que canicule ou pas, Musclor et moi bravions les 10 kilomètres de file d’attente sous un cagnard de 45 degrés pour pénétrer la piscine municipale.

( Bref, tout ça te donne déjà super envie de faire un môme.) 

Le 31 juillet, c’était le rendez-vous du 8ème mois chez ma gynécologue. Selon elle et vu ma rétention d’eau déjà fort importante vu la date du terme, le déclenchement serait nécessaire en août. Elle part en vacances le lendemain et ne revient que le 25 août. A la fin du RDV, je lui souhaite de bonnes vacances et elle me répond : « de toute façon, vu l’avancement des choses, il y a fort à parier qu’on n’ait pas besoin de se voir à mon retour de vacances…ou alors juste pour me présenter votre bébé ! ».

Moi, en bonne niaise, j’y ai cru. J’y ai cru à fond les ballons. Du coup j’ai souri de toutes mes dents, j’ai renfilé ma culotte-parachute sur les bourrelets ( avec l’aide de Musclor ) et suis ressortie clopin-clopant en croyant dur comme fer que j’accoucherais avant le 25 août, déclenchement ou non.

Je sais pas bien pourquoi, mais le 7 août, j’avais eu un pressentiment de dingue. A tel point que la voiture était chargée avec ma valise de maternité et mon sac de naissance.  Mais non, il s’est rien passé. Pas le moindre signe d’activité de LaLutine qui voudrait essayer de trouver la sortie…

Le lendemain à 8 heures, je reçois un sms qui disait à peu près ceci : « Delphine a accouché hier !! Et toi ça va ? Toujours pas décidée à pondre ? Ahaha »

Fucking pressentiment. Je me suis jurée ce jour-là que le prochain qui me demandait si je n’étais toujours pas décidée à démouler le rôti, je lui balançais mon poing de la taille d’un melon dans la figure.

Le 28 août, je suis de retour chez ma gynécologue.

 » Mais ? MAIS ?! »

Oui je suis toujours là, et toujours avec mon ventre de baleine aérophagique, MERCI. Par contre, vous vous êtes toute bronzée, z’en avez de la chance.

L’attente active et patiente

( « mais elle va sortir, bordel de nouille ?! )

La gynéco m’examine. Mais pas seulement l’utérus. Elle constate que j’ai des poches sous les yeux de la taille d’un goître. Que mes jambes sont comparables à des pylônes ( mais des gros ) ( en fait la plus belle image que j’ai trouvée : des châteaux d’eau ).

J’ai depuis longtemps creusé toutes mes paires de chaussures, à la manière du makomoulage des mains que les gamins aiment créer à l’école. Mes vêtements sont taillés dans des toiles de tente pour avoir assez de tissu.

Bref : j’en peux pu.

Cependant, malgré cet état qui me fera détester mon dernier trimestre de grossesse, la gynécologue m’annonce qu’en l’absence de l’accord d’un collègue, le déclenchement ne pourra avoir lieu.

Je rentre chez moi, dépitée, les bourrelets au vent et le menton qui bloblotte de chagrin. La seule bonne nouvelle, c’est que Lalutine organise des fiestas tous les jours dans mon bide, et se porte magnifiquement bien.

J’ai alors vu une statistique passer sur internet qui disait que 80% des femmes accouchaient dans les 15 jours précédent le terme de leur grossesse.

J’ai alors compté sur mes doigts saucisses : LaLutine avait donc 80% de chances de débarquer entre le 25 août et le 7 septembre.

Mouaif. On est déjà le 28. J’essaye alors de me remémorer mes cours de maths. Ces cours où on faisait des calculs super compliqués de probabilités . Car 80% de chances sur 15 jours, ça fait peut-être 93,5% de chances sur 12 jours ? → j’étais une buse totale à l’époque. J’abandonne ma calculette et décide de me bouger le train pour faire avancer les choses.

Les quinze jours suivants, j’ai guetté le moindre signe d’activité dans ma culotte. Oh ! J’ai bien eu le bouchon muqueux qui s’est fait la malle ( Regarde Musclor, le truc moche et gluant dans ma culotte ! Youuuuuhou je vais accoucher ! ) ( ←FAILED ) et des contractions en nombre…Sans compter les fois où je vérifiais si je perdais les eaux alors qu’en réalité, j’étais en train de me pisser dessus, pépouse. ( Adieu mon périnée, je t’aimais bien.)

Pour accélérer le processus, j’ai essayé tous les trucs de grand-mère et d’arrière grand-mère. TOUS. En fait, je crois que je suis remontée sur 7 générations pour tenter le tout pour le tout :

  • J’ai fait du sexe tous les jours. Deux fois par jour, même ( ce que ma gynéco appelait la méthode à l’italienne ).
  • Musclor me massait le périnée tous les soirs. Et ça finissait en sexe aussi.
  • Si on dépliait tous les 8 que j’ai fait avec mon bassin sur le ballon de grossesse, mes hanches ont parcouru l’équivalent du tour de la Terre.
  • J’ai conduit ma voiture jusqu’au dernier jour. Et je ne ralentissais pas sur les dos d’âne.
  • J’allais faire de looongues promenades ( à la vitesse d’un mollusque sous Prozac ) puis me farcissais mes 4 étages à grimper jusqu’à l’appartement ( = 5 minutes par étage donc 5*4=20 minutes )( je faisais beaucoup de calculs pour m’occuper l’esprit pendant la marche )( du coup, je sais qu’il y a 84 marches jusqu’à mon appartement ). Cela m’a permis de rencontrer TOUS les voisins de mon immeuble, et j’ai connu leurs vies dans les moindres détails pendant 15 jours.
  • J’ai lavé mes 63 mètres carré de sol, à quatre pattes avec une serpillère.
  • J’ai nettoyé toutes les fenêtres de l’appartement ( y’en a 11 ) et j’ai failli atterrir deux fois en bas.
  • Je demandais gentiment à LaLutine d’aller voir si elle apercevait de la lumière en bas. Si non, je lui demandais d’essayer de passer la porte, ça me dérangeait pas.

Dans la même veine, pendant des semaines et des semaines, j’ai tenté les vieilles astuces pour faire dégonfler mes poteaux et les rendre moins douloureux. J’étais tellement hargneuse et désespérée que je grognais au museau de ceux qui tentait « t’as essayé les bas de contention ? » .

Non.mais.co.nasse  : j’en porte depuis mon 5ème mois de grossesse.

« T’as essayé de boire beaucoup d’eau ? »

Comment te dire que je bois 5 litres d’eau par jour ( véridique ), et que je peux difficilement faire plus. ( Je me suis faite engueuler par ma gynéco mais j’étais incapable de boire moins ).

J’étais au bout du rouleau. Vraiment. Jusqu’au jour où une amie ( encore enceinte jusqu’aux yeux quelques semaines plus tôt )  me refila THE conseil de dingue : mouiller ses bas de contention à l’eau froide. Cette astuce ne dégonfla pas mes poteaux mais BORDEL qu’est-ce que ça m’a soulagée ! J’en étais quand même réduite à appliquer des poches de glace à même la peau en braquant un ventilateur sur mes guiboles, c’est dire mon état de désespoir. Suite à ce conseil salvateur pour mes poteaux, j’ai failli demander mon amie en mariage.

Evidemment, je refusais que Musclor prenne des photos de ma trombine gonflée, mais j’acceptais sans ciller qu’il me mitraille le bide.

Voici donc la photo du jour où…. :

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…où je n’ai PAS accouché. La photo du 7 septembre, le jour où LaLutine aurait dû sortir mais faisait de la résistance.

Ma DPA (ou la Date Purement Anecdotique).

Nous sommes le 7 septembre. Il ne se passe RIEN dans ma culotte.

Depuis quelques jours, mes proches ont cessé de m’envoyer leur SMS quotidien qui se résumait en un mot :

ALORS ?

Je pense qu’à force de leur dire que d’une part il ne se passait rien et d’autre part, utiliser un ton exaspéré et cinglant, ils se sont à la fois résignés et/ou ont eu les jetons. ( je faisais peur ).

Et qu’est-ce qui se passe le jour de ta DPA ? Tu as rendez-vous à la maternité. J’ai donc rendu visite à ma gynéco pour la 3983ème fois qui m’a confirmé qu’on était dilaté à 1 cm ( nouvelle que j’ai accueillie presque en dansant avec une larmichette de bonheur, vous vous doutez bien )( je crois que Musclor a poussé un ouf de soulagement ) et que j’allais passer une exploration fonctionnelle.

Je crois lui avoir répondu  » mais c’est pas ce que vous faîtes déjà depuis 9 mois : m’explorer ? »

Elle n’a pas relevé.

Je me suis rendue dans une petite salle d’attente où une sage-femme est venue me chercher quelques minutes plus tard. Elle me fait entrer dans une pièce où elle m’explique qu’on va faire une petite échographie, qu’on va tâter l’état du col puis faire un monitoring de 20 minutes environ. Je lui demande si y’aurait pas moyen de me déclencher car je sens que LaLutine prend 1 kilo par jour. Elle sourit. Je rigolais pas.

Tout ça, je connais déjà par coeur : la sonde, le toucher vaginal, les capteurs sur le bide…. Alors je me hisse sur la table d’examen sans broncher. Après l’échographie où je vois LaLutine serrée comme une saucisse dans mon utérus au max, elle m’annonce que non : bébé n’est pas si gros que ça. On prévoit une petite paupiette de 3,5kg.

Là c’est moi qui rigole.

Hin hin hin. Je crois qu’elle sous-estime ma fille.

Après je ne rigole plus car je me dis que, nom de dieu, on ne m’écoute pas beaucoup. Sous prétexte que c’est mon premier enfant, j’ai le sentiment que les professionnels de santé dénigrent mes ressentis. Je comprends que je ne gagnerai pas la bataille des paris sur le poids.

« On se revoit dans 48 heures ! »

En effet, lorsque tu dépasses ta DPA, l’hôpital te donne rendez-vous toutes les 48 heures pour une nouvelle exploration fonctionnelle. Un vrai bonheur de devoir y retourner sans cesse pour s’entendre dire que rien ne se passe…Comme si je le savais pas déjà.

Seconde explo fonctionnelle : J+2

Donc deux jours plus tard, soit le 9 septembre : rebelote. J’ai beau savoir qu’il ne s’est rien passé d’extraordinaire pendant ces dernières 48 heures, je suis malgré tout hyper déçue d’en avoir la confirmation. Je demande s’il est possible de me décoller les membranes. Une manipulation souvent douloureuse paraît-il, mais super efficace pour accélérer les choses. J’en ai rien à secouer de la douleur : c’est dire mon état de désespoir. Je me demande si je ne vais pas rester enceinte pour le reste de mes jours.

Devant ma totale et complète résignation ( et mon état de fatigue extrême ) ( allez donc pisser 6 fois par nuit pendant 3 mois et on en recause ), la sage-femme me dit que s’il ne s’est rien passé d’ici la dernière explo fonctionnelle, on me décollera les membranes si je le souhaite toujours.

Troisième ( et dernière ) explo fonctionnelle : J+4

Bon. On a assez rigolé. Maintenant il est temps que LaLutine sorte, nom d’un chien. Démerdez-vous comme vous voulez mais aidez-moi à la faire sortiiiir. Je veux bien être pendue par les mains pendant 1 heure, qu’on me souffle une bonbonne d’air par la bouche en espérant que ça insuffle une pression telle que je décolle comme une fusée, qu’on me décolle les membranes ou qu’on me dilate assez le frifri pour sortir LaLutine comme on accoucherait une vache. Mais pitié, faîtes queq’chose.

Vendredi 11 septembre. Je crois que tout ce monologue intérieur, la sage-femme le lit dans mes yeux. Mais comme je suis aussi une nana superstitieuse, je ne veux pas que Lalutine naisse aujourd’hui, et encore moins dans la nuit du 11 au 12.

Elle me dit que nous arrivons bientôt au terme du terme, c’est-à-dire que l’hôpital ne peut pousser ( hahaha ) que jusqu’à DPA+6 jours avant un déclenchement. Donc quoi qu’il arrive, j’ai rendez-vous le lendemain soit Samedi 12 septembre à 8 heures pour que le corps médical mette son nez dans mon utérus dans le déroulement de la naissance.

11h15 : Après le traditionnel toucher vaginal ( le 9852ème de ma grossesse ), elle m’annonce un doigt et demi de dilatation. Ce qui ne signifie pas grand-chose pour moi, avec les tuyaux qui me servent de doigts depuis plusieurs semaines. Je lui demande de préciser. Ca fait ça, qu’elle me montre avec ses doigts à elle.

Putain. On est loin du compte.

Elle m’explique que le lendemain, si je suis dilatée à moins de 3 centimètres, on passera pas la phase dite de maturation. C’est une étape qui peut être trèèèès longue pendant laquelle on utilise plusieurs techniques plus ou moins douces pour provoquer la maturation ( et donc la dilatation ) du col. L’hôpital dispose même d’un bassin aquatique dans lequel on ne peut pas crawler, mais où on peut faire mûrir son col tranquillou. Et y’a une histoire de tampon enduit d’un produit, mais j’ai pas tout bien compris ( de toute façon, moi je n’ai plus de place NULLE PART dans mon dedans ).

Par contre, si je suis dilatée à 3 centimètres ou plus, on peut passer directement à la phase de déclenchement.

Il me reste donc la moitié du chemin à parcourir pour éviter la maturation. Je n’y crois pas un seul instant.

11h31 : Elle me demande si je souhaite toujours un décollement des membranes. Elle me précise que ce n’est pas très agréable, voire douloureux. Rien à péter de la douleur, vas-y décolle-moi tout le merdier Simone. Elle enfile une nouvelle paire de gants et c’est parti mon kiki frifri.

11h32 : BORDEL DE DIEUUU JE VAAAAIS CREVEEEEER !!!

11h35 : J’ai vu des centaines d’étoiles devant mes yeux. Je me suis mordue l’intérieur des joues pour ne pas hurler. « Ca ressemble à ça les contractions d’accouchement » qu’elle me dit. Je suis à deux doigts de m’évanouir.

11h40 : Je suis enfin en mesure de me mettre debout. Pendant que je renfile ma lingerie la toile de tente qui me sert de culotte, la sage-femme qui vient de me faire agoniser me redit que le décollement des membranes ne garantit pas d’accélération du mouvement, mais que dans certains cas, ça peut fonctionner du tonnerre.

11h45 : Je quitte l’hôpital en priant Sainte Claudine ( la patronne des cols ) de faire son boulot et de me dilater le saint des Saints.

 

En route pour la maternité

Ca y est : le jour du départ est arrivé ! Je l’attends depuis tellement longtemps celui-là… Cependant, je n’en mène pas large auprès de Musclor et n’ose lui avouer que ma déception est immense… Je me suis retenue de pleurer depuis ma sortie de la dernière explo fonctionnelle. Je rêvais tellement de ce moment où je sentirais un liquide chaud dans ma culotte. Ce moment de 2 secondes où hébétée, j’aurais finalement compris que je venais de perdre la poche des eaux. Cet instant excitant où je lui aurais annoncé que ca y est, Lalutine est en route vers la sortie et qu’il faut se rendre à la maternité. Tout ceci, j’en ai rêvé, je l’ai souhaité, parce que c’est le cours « normal » des choses, mais que manifestement je n’y avais pas droit. Alors je culpabilise beaucoup, de ne pas lui avoir offert tout ça. Je m’en veux terriblement.

Alors la veille, j’ai décidé que je ferais tout pour ne pas passer par la phase de la maturation pour être déclenchée directement. J’ai tellement fait de huit avec le bassin sur mon ballon que j’ai bien cru qu’il allait péter ( il n’a pas bougé, à ma grande surprise ). J’ai constaté que mes contractions étaient toujours bien présentes, mais pas assez nombreuses ni régulières. Alors j’ai bougé mon boule d’autant plus, jusqu’à minuit devant la télé. J’ai chaud, j’ai très chaud. Je ne sais pas si c’est ma gymnastique de femme enceinte ou l’excitation de voir la fin du tunnel ( juste pour moi, LaLutine j’espère qu’elle la voit ) mais je meurs de chaud. Musclor prend ma température : je suis à 38,5°C.

Le samedi matin, je suis debout à 6 heures. C’est le jour de mon déclenchement, bordel ! Je suis super excitée. Musclor dit que quoi qu’il arrive, ce soir nous serons vraiment parents. Je mets un bémol et lui dis que j’avais lancé un pari sur le dimanche 13 septembre depuis le début de ma grossesse ( preuve à l’appui ). Quoi qu’il en  soit, nous sommes tellement contents de la perspective de tenir enfin LaLutine dans nos bras…

7h15 : Je bois une infusion « ventre plat » ( une sorte de blague que je me fais à moi-même ) puis je me dirige aux toilettes. J’espère toujours un miracle. Mais de toute évidence, il ne s’est rien passé dans la nuit. Si je bois seulement une infusion, c’est que je ne suis rien sensée manger depuis la veille minuit.

7h20 : « dis, tu te rappelles dans quel sens on enfile un suppo ?? » Je suis terrorisée à l’idée de caguer en salle de naissance. Aussi, la sage-femme m’a conseillé d’introduire un suppo de glycérine une à deux heures avant d’arriver à la maternité. Je mets le bousin et immédiatement je me sens apaisée. Par contre je serre les fesses pendant 15 minutes pour éviter un accident.

7h30 : Je crois toujours qu’on va arriver à la maternité pour l’heure du RDV, soit 8 heures. On est large, les gars.

7h31 :  J’avais tellement enflé à partir du 7ème mois de grossesse que j’avais fait un pari crétin avec mes collègues : non, je ne dépasserai pas le quintal. Je monte donc sur mon pèse-personne, ferme les yeux quelques secondes et découvre le chiffre fatidique : 99,7kg. J’ai gagné mon pari, les gars, youhou ! ( mais je sens bien qu’au fond de moi, j’ai perdu toute dignité )

8h30 : Avant de partir, j’ai tenu à prendre une douche puis m’épiler de partout. Me demandez pas pourquoi, c’était ma lubie de dernière minute. Peut-être que les poils enlevés me feraient gagner 10 grammes sur la balance, j’sais pas. Lorsque Musclor a refermé la porte de l’appartement derrière nous, j’ai réalisé que la prochaine fois que je passerai son seuil, ce serait avec LaLutine dans les bras. Je suis émue mais préfère laisser plutôt toute sa place à l’excitation.

Je repense alors à tous ceux qui m’ont demandé si accoucher m’angoissait ou me faisait peur. Jamais je n’ai ressenti cela, de toute ma grossesse. Mon secret ? Je me suis toujours dit qu’un bébé devait sortir, et que c’est pas en stressant comme une malade qu’on arriverait à se dilater le frifri. C’est ma-thé-ma-tique. Et biologique, aussi.  Arrivée au terme du terme ( je pouvais difficilement survivre à + de jours ), j’avais tellement tellement attendu que même si le moment de l’accouchement m’était totalement inconnu, je n’avais pas peur. Au contraire, je crevais d’envie de donner enfin naissance. Et de découvrir enfin celle que je couvais depuis plus de 9 mois.

8h45 : Musclor me jette devant la maternité et part chercher une place de stationnement. J’arrive, heureuse, dans le couloir et la salle d’attente que je connais par coeur, le sourire aux lèvres et épilée de près. Je crois que le personnel n’a jamais vu femme plus contente d’accoucher, mais je trépignais surtout d’avoir le verdict : étais-je oui ou non à 3 centimètres de dilatation, voire plus ?  

Et donc : maturation du col ou déclenchement de l’accouchement ?

Vous le découvrirez dans le prochain article, gniark gniark. Si j’ai patienté jusqu’à DPA+6 jours pour découvrir Lalutine, vous pouvez bien attendre quelques jours pour lire la suite de cette aventure inoubliable que fut mon accouchement, hein.

La photo à DPA+5 jours. Je suis au bout de ma vie.

 

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  Cet article, ça fait 18 mois qu'il traîne . Dix-huit mois que LaLutine, notre chef-d'oeuvre, ne mérite pas de rester dans mes brouillons. Or, j'ai toujours eu envie de vous raconter le jour où elle est arrivée. Ce dimanche matin où elle a tout chamboulé dans nos vies. Je...
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