jack - 4Vous avez sans doute entendu parler récemment de la romancière britannique P.D James qui affirma avoir élucidé un crime commis en 1931 à force de travail acharné.

Avant elle, Patricia Cornwell a également travaillé sur une série d’assassinats commis en 1888 à Londres par le tristement et dégueulassement célèbre Jack l’Eventreur.

Elle écrivit un roman-document présentant ses recherches et c’est justement le dernier livre que j’ai dévoré : Jack L’Eventreur – Affaire Classée. Ouais je lis des trucs un peu bizzaroïdes en ce moment, après avoir englouti le tome I de Millenium. Musclor me bassinait depuis des mois pour que je le lise, alors j’ai fini par céder.

Pour tout dire, c’est la première fois que je m’attaque à ce type de bouquin. Je n’avais jamais lu de documentaires auparavant et les défauts que j’ai pu trouver à ce Jack L’Eventreur, bah je sais pas s’ils sont inhérents au type de livre ou au document en lui-même…

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Ce qu’on remarque en premier, c’est que VACHE ce bouquin est GROS au format broché. Si t’es pas branché lecture, je doute que ce pavé te donne envie de t’y remettre. Moi rien ne me fait peur à part Jack.

La seconde particularité du livre est qu’il n’y a pas de résumé en 4ème de couverture et qu’on découvre un petit synopsis à l’intérieur du bouquin, en dernière page. Les tons noirs et rouge sang dominent, et déjà tu devines que tu vas bouffer de l’hémoglobine.

4ème de couverture

4ème de couverture

Comment résumer brièvement l’histoire de ce bouquin ? Tâche compliquée car tout le livre repose sur une affirmation : Patricia Cornwell est persuadée d’avoir trouvé l’identité de Jack L’Eventreur en la personne de Walter Sickert, peintre impressionniste britannique. Tout le roman s’articule donc autour de cette énorme suspicion. Voire accusation par contumace.

Walter Sickert

Walter Sickert

Mais on ne peut pas évoquer ce roman sans parler de la vie de son auteure : torturée c’est le moins qu’on puisse dire. Anorexique, alcoolique, abandonnée et accro aux médicaments….La vie n’est pas tendre avec Cornwell.

Mais en 2002, elle publie ce roman et aura investi quelques 6 millions de dollars dans l’enquête qu’elle mena de bout en bout, analyses ADN à l’appui et tableaux du peintre impressionnistes achetés aux quatre coins du monde.

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effectivement, le tableau est troublant…

Les arguments sont pointus, les faits très précis et on sent que Cornwell s’est totalement investie dans sa propre enquête sur Sickert. L’analyse simple qu’elle fait des tableaux peints par l’artiste suffit à nous convaincre. Mais les nombreux indices viennent encore plus appuyer sa théorie.

Les passages dégueus sont peu nombreux et pas trop romancés. Mais à vrai dire, on a du mal à s’imaginer qu’il s’agit de faits réels tant les meurtres sont peu ragoûtants : femmes éviscérés, seins coupés, nez tronçonnés. Beurk. C’est quand tu refermes le bouquin à la fin que tu réalises que ça s’est vraiment passé.

Ceci dit, rassurez-vous : je suis plutôt sensible comme gonzesse et pourtant je n’ai fait aucun cauchemar ^^ On ne rentre pas dans du super gore, on sent que ce n’est pas ce qui intéresse Cornwell. Son boulot, c’est l’enquête.

Patricia Cornwell s’est appuyée sur un nombre incalculables de sources, récoltées de par le monde, pour étayer sa thèse. En voici un tout petit morceau pour vous donner une idée :

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Et finalement le roman est à l’image de l’esprit de l’écrivaine : c’est un peu le bordel. J’ai vraiment eu du mal à remettre les évènements dans l’ordre chronologique, à identifier toutes les personnes ayant influé l’enquête. D’ailleurs aujourd’hui, à part Sickert, je n’arrive pas à retrouver un seul nom qui m’ait marquée. J’ai même zappé le nom de sa femme.

Un tout petit aperçu du nom des personnes apparaissant dans le bouquin...

Un tout petit aperçu du nom des personnes apparaissant dans le bouquin…

Je comprends qu’il soit très ardu de combiner roman biographique et enquête policière. Mais punaise parfois j’avais l’impression de perdre la boule. Il était difficile de se souvenir où j’avais lâché le bouquin la veille pour me replonger dedans. C’est vraiment le défaut majeur de ce livre : on peut facilement se perdre dans les méandres de l’enquête  et des réflexions de Cornwell. On a le sentiment qu’elle a tellement de preuves de ce qu’elle avance, qu’elle te balance tout en pleine face sans que ce soit forcément ordonné.

Je ne sais pas si tous les romans-documents sont présentés de cette façon, mais c’est assez désagréable.

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Les 430 pages de ce roman terminées, j’étais troublée : effectivement les preuves amassées par la romancière sont accablantes. Mais le plus troublant est certainement qu’on ne saura jamais si elle avait raison ou pas. Walter Sickert et Jack L’Eventreur étaient-ils la même personne ? Le mystère restera irrésolu. Mais Patricia, même si c’était franchement le bronx au niveau du déroulement des évènements couchés sur le papier, aura réussi à semer un très grand doute dans mon esprit. Elle m’a presque convaincue que Sickert est bien le boucher de ces dames.

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Pour conclure, je vous recommande ce livre si une véritable enquête policière sur des faits réels vous excite. Ce n’est pas le livre du siècle mais la lecture est agréable et il convient d’applaudir l’incroyable boulot d’investigation de la romancière.

Il faudra néanmoins compter avec l’esprit versatile de Patricia Cornwell qui, on le ressent, a eu du mal à ordonner ses idées et trier ses preuves accablantes contre le peintre Walter Sickert, qui, on en est presque sûr en refermant le bouquin de 430 pages, incarnait le plus célèbre serial-killer psychopathe du 20ème siècle : Jack L’Eventreur.

Satisfaction : 7 / 10

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Vous avez sans doute entendu parler récemment de la romancière britannique P.D James qui affirma avoir élucidé un crime commis en 1931 à force de travail acharné. Avant elle, Patricia Cornwell a également travaillé sur une série d'assassinats commis en 1888 à Londres par le tristement et dégueulassement célèbre Jack...
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