nanars19h45.

Enfin calées dans leurs fauteuils de ciné, Lupouffe et ses copines attendent impatiemment l’arrivée de la troupe de danse qu’elles sont venues soutenir, lors de l’avant-première du film TOI, MOI, LES AUTRES .
En effet avant projection, puis débat avec la réalisatrice et les acteurs, un concours de danse est organisé : la troupe qui recevra le plus de votes sur Facebook à travers les cinémas dans lesquels sont projetées les avant-premières du film aura le privilège de danser à Bercy.
Lupouffe est excitée car c’est la première fois qu’elle assiste à une avant-première ^^ .

Lupouffe est dubitative, aussi.
Pas tant pour la première partie où elle va s’époumoner pour encourager la petite troupe de jeunes danseuses, mais surtout pour le film qui sera projeté ensuite.
Faut dire qu’elle a maté la bande-annonce sur Allociné la veille au soir et a failli s’étrangler en lisant la ligne « Genre »  : Comédie musicale, gasp !
Les comédies musicales, c’est pas qu’elle aime pas ça, Lupouffe. Non non. Elle avait adoré le ROMEO+JULIET à la sauce Baz Luhrmann, complètement déjanté mais fidèle dans ses textes à la pièce shakespearienne, et avait couiné comme pas possible devant les performances vocales éblouissantes d’une Nicole Kidman et d’un Ewan Mac Gregor très en forme dans l’inoubliable MOULIN ROUGE.

Mais au ciné c’est nouveau. Lupouffe n’aurait jamais eu l’idée de claquer une dizaine d’euros pour aller voir chanter et danser des acteurs sur écran plat . Autant les voir se dandiner ( et pourquoi pas se viander ) sur scène.

Mais Lupouffe est une copine loyale et c’est sans broncher qu’elle a malgré tout prix son ticket.

Bref, il est 19h45 et la représentation de danse commence.

19h50.
«Bon on se casse?»

Là j’aurais dû prendre l’interrogation de Jo pour ce qu’elle est ( une question qui requiert une réponse ) plutôt que de me marrer.

Courir à toutes jambes, c’est certainement ce qu’on aurait fait de mieux pour vaquer à des choses intelligentes et/ou utiles. Même affreusement anodines, qu’importe, on n’aurait pas dû rester les fesses collées à nos sièges de ciné.

Toujours est-il qu’on s’est bidonnées pendant l’heure et demi de film.
Vous me direz ça va, y’a pire comme soirée. Sauf que rire du pathétisme, ça s’appelle se moquer et moi j’aime pas faire ma pute ( comment ça je suis pas crédible? )

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Ce film n’était pas sensé être drôle, c’était sensé être «un conte romantique, moderne et social», dixit la réalisatrice Audrey Estrougo juste après notre projection.
On s’est bien fendu la pêche nous quatre, parce que TOI, MOI, LES AUTRES , il faut bien le dire, est un grotesque navet pour adolescentes prépubères folles de Benjamin Siksou, un ancien gagnant de la Nouvelle Star . Autant dire qu’une vague de paillasses fardées à mort, short ras-le-persil et bouche en coeur s’était déplacée en banc ( de morues ) pour avoir le privilège d’une éventuelle oeillade avec le ( soi-disant ) ( wé bon là j’avoue je fais ma pute ) chanteur de téléréalité…

J’étais malgré tout prête à concéder un peu de qualités à cette production, mais l’intervention hallucinante de la réalisatrice suite à ma question lors du «débat» ( et j’insiste bien sur les guillemets ) post-projection n’a fait qu’enfoncer mon appréciation de ce film. J’avais maté GREENBERG avec Musclor l’année dernière, qui avait été notre Gronavet crû 2010.

Je vous présente aujourd’hui TOI , MOI , LES AUTRES , pour l’instant favori dans la catégorie Gronavet 2011 !
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Vous allez me dire : Lu, tu partais quand même avec de lourds apriori .

Mais pas du tout. Du tout du tout.
Après tout, je n’ai jamais de mémoire vu de comédie musicale au ciné, mais ça ne m’empêche pas de chanter à tue-tête à chaque visionnage de GREASE , de tenter le mambo devant le déhanché sensuel de Swayze dans DIRTY DANCING ( ouais bon d’accord c’est pas vraiment une comédie musicale…mais même ! ), d’avoir versé une grosse larme toute mouillée devant MOULIN ROUGE et j’en passe… Qui a dit que Lupouffe était une insensible?
Par contre j’avoue ma complète inexpérience en matière de comédies musicales récentes, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit ni plus ni moins, à mon sens, de monter un spectacle basé sur un scénario vu et revu des dizaines de fois dans l’intention toute conne mais compréhensible de faire du fric.
Et dans le cas de ce film, je ne vois AUCUN autre intérêt, sérieusement.

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Pourtant la première moitié du film n’était pas SI mauvaise . Je préviens d’avance que je ne spoile absolument pas dans la suite de cet avis, étant donné que l’intégralité de l’histoire se trouve dans la bande-annonce….. comme pour tout mauvais film en somme.

D’accord c’est archi-niais et planplan à souhait. Le coup de foudre entre un jeune bobo blindé de thunes promis à un somptueux mariage avec une bourgeoise et une jeune fille issue de l’immigration sans le sou s’occupant de son petit frère…hmmm mouais. Mais bon ça passe, mis à part qu’à chaque fois que Benjamin Siskou incarnant le Gabriel bobo ouvre la bouche, c’est pour chanter. Et nous les quatre copines de pouffer de rire à chaque fois.

Pourquoi? Parce que le mec renverse un môme dans la rue, sa grande soeur le ramasse et l’emmène à l’hôpital et là paf : en trente secondes, le gars te chante a capella « pour un flirt avec toi». Le genre de truc que même un gros dragueur de bas étage oserait pas faire même avec dix verres dans le pif.

Bref. Ca commence fort ce film.

On se marre bien.

Heureusement que Leïla Bekthi par son charme naturel et sa fraîcheur innée, rattrape le coup. Et confirme son talent d’actrice. Par contre la pauvrette semblait bien partie avec son personnage plein de répartie mais se retrouve vite enfermée dans un rôle cruche à souhait…

mougnoumougnoumougnou

mougnoumougnoumougnou

Donc pendant trois quarts d’heure, c’est le Roméo et Juliette à la mode d’aujourd’hui avec des phrases que Shakespeare n’aurait jamais osé prononcer en son temps… Déjà les gros clichés se pointent : le coiffeur gay maniéré comme pas possible, le mec qui veut te faire croire que c’est une racaille, une vraie de vraie des cités mais qui chiale comme un mouflet lorsque son amie d’enfance Leïla, revient de son tout premier rencard avec le bourgeois en lui disant « tu vas pu te marier avec moi, tu vas te marier avec lui c’est ça hein?». Bref, c’est pathétique au possible mais c’est pétri de bons sentiments gnangnans.
On se marre bien.
Je passe rapidement sur le passage absolument hilarant, encore une fois sorti de nulle part, où Benjamin cherche Leïla après leur première rencontre dans un quartier de Paris ( genre en 30 minutes tu retrouves une inconnue dans la Capitale…pour moi qui ai mis 10 trajets à paner où se trouvait mon restau jap’ fétiche, c’est un peu gros mais passons ) et atterrit dans un salon de coiffure en miaulant sur tous les toits « où est Leïla?» et que tout le monde se met à chanter Tout le monde il est beau de Zazie.

Absolument hilarant !

Quand soudain.

Soudain les filles et moi nous regardons toutes , cherchant probablement dans les yeux des copines la réponse à cette question toute bête : vache , c’est quoi ce bordel ?
Tout à coup la Police débarque dans le quartier où vit Leïla ,embarque une amie et sa fille assez violemment et les emmène directement par la case Prison ( sans toucher les 20.000 €. Désolée j’étais presque obligée ) .
Bon dès le départ, on avait compris que cette femme était en cours de régularisation puisque Leïla s’occupait de régler sa paperasse pour la Pref’.
Mais bref ça débarque comme un cheveu sur la soupe et on change radicalement de registre pour entrer dans une espèce de prise d’otage où le spectateur assiste , impuissant , au passage radical d’une comédie musicale niaise certes , mais enjouée , à une espèce de satire sociale traitée de manière très légère alors que le sujet ( l’immigration et les reconduites aux frontières )mériterait d’être élevé intellectuellement . Le film est clairement militant, il n’y a pas de doute.

Et même si ( n’en déplaise à la réalisatrice , je vous en parle plus tard dans l’avis ), je partage son opinion sur ce traitement inhumain que le gouvernement réserve à des travailleurs immigrés payant leurs impôts et ne demandant rien d’autre que de vivre normalement dans une société qu’ils contribuent à bâtir, je me suis sentie prise au piège. Là, le cul au fond de mon siège ( ouais ça m’arrive de faire des rimes aussi ). Un bon traquenard quoi.

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Je ne m’attendais pas d’une part à ce que le sujet soit abordé dans une comédie musicale mais bon soit, je peux faire avec. Mais surtout à cette prise de position très fleur bleue et Bisounours, remplie de clichés à tout-va ( les gens de la préfecture c’est des méchants qui prennent les gens pour des numéros, les flics c’est des méchants qui usent de la force pour immobiliser une femme sans défense et qui ont des têtes de pas-gentils, pis le préfet c’est un gros facho méchant qui pensent que tous les étrangers seraient bien mieux dans leur patrie d’origine ).

C’est une vision simpliste au possible qui peut se révéler dangereuse dans le cas de personnes influençables qui visualiseraient ce film ( oui «visualiser» et pas «visionner», je trouve que le concept de «regarder sans réfléchir» s’applique très bien dans ce cas précis ) et au vu des remarques qu’ont formulé les spectateurs à l’encontre de la réalisatrice en fin de projection, on est en droit de se demander si les gens ne commencent pas à avoir le ciboulot en mode «auto-désintégration». Je le répète : pour moi le sujet de l’immigration en France, et ça tout le monde le sait quelque soit son bord politique ou son rang social est un sujet au coeur des débats qui ne mérite pas du tout un traitement si léger et un parti pris aussi grossier.

Car après tout, le fait de glisser des différences sociales entre les deux tourtereaux d’une comédie musicale n’a rien de nouveau, et il arrive souvent que ça fasse mouche dans les canaux lacrymaux des spectateurs.

Dans TOI, MOI, LES AUTRES tout est gros, il n’y a aucune subtilité et aucun débat n’est rendu possible. La séquence la plus hors de propos et la plus choquante selon moi a été la coupe nette du film pendant quelques secondes où les spectateurs se retrouvent face à des séquences d’archives de manifestations où le peuple s’en prend plein la tronche et défile pour réclamer leur droit à la liberté. ( La réalisatrice me prouvera lors du «débat» qu’on peut défiler pour réclamer sa liberté mais que la liberté d’expression ne semble pas être son domaine de prédilection ).

Certes dans le contexte social international actuel, on est carrément dans le sujet.

Mais purée qu’est-ce que ça vient faire là?
Juste après une séquence où les protagonistes chantent dans l’avion où sont entravés la femme et sa fille sur le point d’être déportées ( oui j’ose ) et le pilote sort du cockpit au milieu des gens qui miaulent pour dire « ah ben moi je ne décolle pas dans ses conditions hein».
Et là comme par miracle, l’avion reste à Roissy et tout va bien dans le meilleur des mondes puisqu’il a suffi que les gens chantent pour que les sans-papiers ne soient pas reconduits aux frontières. Amen.
Absolument pathétique.
Et là on a arrêté de se marrer.
Parce qu’on s’est vraiment demandées ce qu’on foutait là.

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Passe encore qu’il y ait de mauvais acteurs au casting ( je ne citerais pas de noms , leurs performances se suffisent à elles-même ), que l’un ait la tête et les yeux qui gonflent quand il chante façon grenouille aérophagique, que les chansons débarquent comme un cheveu sur la soupe sans forcément de rapport avec le reste , que le scénario soit plat , mais là nous servir un discours socialo-politique bâclé au beau milieu d’une histoire cul-cul la praline, c’est étouffant et maladroit au possible.
Pas pour tout le monde apparemment puisque dans un moment où je pense que la réalisatrice a voulu titiller la corde sensible du spectateur, la nana juste devant moi n’a pas su retenir un énorme sanglot. Nous on s’est regardées, on n’a pas compris pourquoi elle chialait vu qu’on était parfaitement stoïques devant ce moment sensé être émouvant, et on a pouffé….encore.
Heureusement certains acteurs bonifie ce navet de leur présence ( Leïla en tête avec Cécile Cassel ,les enfants suivent de près ), et certaines chorégraphies valent le coup d’oeil.

Pour sûr , il ne doit pas être aisé de diriger des dizaines de danseurs pour en faire un joli ballet de couleurs. Je fais un peu de danse donc je sais quel bordel ça peut être souvent ( autrement dit tout le temps ^^) de coordonner tout ce beau monde qui gesticule. Et il faut avouer que certains passages chorégraphiés ne sont pas du tout désagréables pour l’oeil du profane. Ce sont sans doute les moments que j’ai préférés d’ailleurs !

Quand les lumières se sont rallumées 90 minutes après leur extinction , mon premier réflexe a été de soupirer , réflexe assorti d’un juron qui signifiait en gros , que j’étais absolument ravie que ce film soit enfin terminé.

J’ai rarement eu cette impression au cinéma qu’on prenne les spectateurs pour de jeunes truites dépourvues d’encéphale .
Avec TOI, MOI, LES AUTRES, le pari est réussi.

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Juste après la scène finaleles gens ont applaudiPas nous !
Puis l’animateur qui avait fait son petit speech en arrivant dans la salle deux heures avant est apparu avec son micro puis a accueilli à nouveau les acteurs. Tous n’étaient pas présents d’ailleurs je regrette fortement l’absence de Leïla , finalement la seule que j’aurais apprécié voir …
Bref le gars lance les hostilités. Enfin les hostilités, façon de parler. En réalité et en lieu et place de débat , nous avons assisté ,complètement interloquéesà un cirage de pompes en bonne et dûe forme.
Les spectateurs qui s’exprimaient étaient tour à tour «touchés»ou «ravis» puis ils «encourageaient fortement la réalisatrice à continuer dans cette voie» , applaudissaient la «rareté du thème et la façon dont l’ensemble est traité». On a aussi eu droit à quelques commentaires encore plus niaiseux et lèche-bouleux du style « tout était formidable, et les acteurs étaient supers».
Là je me suis demandée si j’avais vu le même film qu’eux.

Un type a même osé prendre la parole pour dire « moi effectivement je travaille dans le milieu de la régularisation des sans-papiers, et c’est vrai que c’est dur». C’est pas un peu inutile comme commentaire ça? On le sait tous non que les conditions sont dures si on s’intéresse un tant soit peu à l’actualité….Enfin j’dis ça j’dis rien.
Bref plus les gens crachaient leurs flatteries dégoûlinantes de niaiserie, plus la moutarde me montait au pif. Là ma pote Jo me dit « bah t’as qu’à prendre le micro et poser une question».
C’est alors que quand elle m’a vu réclamer le micro, elle n’a fait qu’un avec son siège en sifflant «putaaaaaing Lucie, noooooon tu vas pas faire ça?».

Beh si j’ai osé.
J’ai pris le micro, j’ai regardé la réalisatrice et je lui ai tenu à peu près ce langage :

«Bonsoir ! Alors moi contrairement à tous les gens qui viennent de s’exprimer, je n’ai pas vraiment apprécié votre film ( soupirs de mépris dans la salle , le visage des acteurs et de la réalisatrice expriment un profond étonnement ). Attention! Je n’ai pas dit que je le trouvais mauvais ( ce que je peux être diplomate à mes heures quand même … bon en fait j’avais peur de me prendre des oeufs pourris dans la tête à la sortie ) mais je me demandais si vous aviez sciemment intégré autant d’énormes clichés dans votre film?»
La réalisatrice est alors montée au créneau. Et même sur ses grands chevaux puisqu’elle est entrée dans une diatribe à mon encontre où elle s’est un peu emmêlée les pinceaux : à vouloir encenser le courage qu’elle a eu de faire un film sur le sujet de la régularisation des sans-papiers qui selon elle est un problème grave en France ( et je suis bien d’accord avec elle sur ce point ) mais en appuyant en même temps la légèreté de sa comédie musicale qui aurait été bien trop sombre si elle avait traité un tel sujet et sa gravité, elle s’enlise.
Puis elle dit que toutes les comédies musicales sont bourrées de clichés. Là je suis d’accord, mais il s’agit très souvent des clichés liés aux parades amoureuses et aux différences hommes/femmes. Rarement sur un sujet aussi grave et houleux que les reconduites aux frontières !

Elle ose même avouer qu’au départ, elle voulait réaliser un documentaire sur le sujet mais que les producteurs lui ont réclamé une comédie musicale.
Alors elle a fait une comédie musicale.
A mon sens , céder à des «caprices» de producteurs démérite complètement la cause qu’on veut défendre , surtout quand le thème est incompatible avec le genre . Et dans ce film cette incompatibilité est flagrante, grotesque, burlesque même.
Bref suite à cet auto-enlisementla réalisatrice a eu une phrase malheureuse qui ressemble à peu près à ceci : ceux qui n’adhèrent pas au propos du film ne considèrent pas que le racisme est un problème grave. Avec un regard noir très lourd de sous-entendus.

Là je dois avouer que je suis restée scotchée !
Cette femme me taxait donc, parce que je n’avais pas apprécié son film, de raciste?? WTF ?!
Selon Audrey Estrougo, il est donc IMPENSABLE qu’une personne lambda, citoyenne, qui paye ses impôts et qui ne trouve rien à redire à la mixité sociale et culturelle de notre pays n’aime pas son film?
J’étais vraiment sur le cul. C’est quoi ce monologue intolérant vis-à-vis de MES goûts? Je viens de me coltiner 90 minutes de niaiseries, j’ai toléré et suis restée bien sage au fond de mon siège ( à me bidonner d’accord…mais même ) et cette femme ose m’incendier devant deux cent personnes?
Car OUI je considère qu’Audrey Estrougo a ici fait preuve d’une intolérance et pour quelqu’un qui vante les principes de tolérance via son film, je trouve ça invraisemblable !
Suis-je la seule à ne pas avoir aimé ce film? Non, nous étions au moins quatre.
Un DEBAT dans mon langage signifie «prise de positions différentes», pas pour vous?

Je n’avais pas imaginé qu’une avant-première et la rencontre avec les acteurs signifiait juste jeter des fleurs à n’en plus finir pour ne jamais parler de véritables sujets, comme ici la profusion de clichés grossiers.

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Je suis écoeurée. Devant la réaction venimeuse de la réalisatrice, mon seul et unique réflexe a été de prendre le micro…pour m’en débarrasser au plus vite. J’ai alors articulé un « oui chuis d’accord, merci» afin de me défaire de ce flot de paroles ineptes à mon encontre ( me taxer de raciste est la pire et la plus infondée des INSULTES à mes yeux et j’ai regardé mes amies sans comprendre. Ou plutôt en ayant bien peur d’avoir compris la pensée de Madame Estrougo.

Tant d’ étroitesse d’esprit me laisse sans voix. Ce serait comme dire du mec qui n’a pas apprécié AMERICAN HISTORY X qu’il est un nazi ! Quoique non, comparons ce qui est comparable : TOI MOI LES AUTRES n’est pas du tout du même acabit et il serait vraiment peu flatteur pour Tony Kaye de voir son oeuvre comparée à ce bon navet des familles.
Une réalisatrice qui n’accepte pas la critique aura sans doute beaucoup de mal à percer dans le milieu. Après tout, même les grands de ce Monde doivent se frotter à de cuisants échecs de la part d’un public seulement à moitié conquis. J’en veux pour preuve le dernier bébé de Clint Eastwood : AU-DELA est très loin d’avoir fait l’unanimité mais pour autant, le réalisateur a toujours été courtois en interview devant des journalistes parfois incisifs.

J’espère pour ma part avoir été plus «mordante» dans cet article que je ne l’ai été lors de l’avant-première ( j’avais déjà collé la honte aux copines en chopant le micro, j’allais pas non plus me mettre à gueuler sur la réalisatrice…d’ailleurs tout le monde sait qu’il n’est pas dans ma nature de conclure un débat par un minable «ouais chuis d’accord merci», mdr )

Si vous parcourez le Net, vous vous apercevrez quTOI MOI LES AUTRES a eu des effets émétiques sur certains des spectateurs ^^ . Et bien moi j’aimerais que ces gens osent l’ouvrir lors des avant-premières entre deux «hiiii votre film c’était trop de la boulette» pour enfin dire que non, tous les goûts sont dans la nature et qu’il est parfaitement possible de déprécier un film en adhérant toutefois aux causes qu’il soutient.

Et paf !

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En résumési vous avez 90 minutes à perdre pour visionner une comédie musicale pas banaleen ce sens qu’elle propose ET un spectacle de danse ( plutôt bien ) et de chant ( qui vaut ce qu’il vaut, lol ) en même temps qu’elle insère TRES grossièrement via de bien piètres clichés , un discours socialo et démagovous pouvez y aller.

Personnellement j’ai juste pouffé de rire devant le pathétisme des trois quarts des scènes et je suis restée bouche bée devant le quart restant .
Une histoire d’amour banale menée par des acteurs aux talents trèèèès inégaux , relevée par un évènement sorti de nulle part traité niaisement , moi j’adhère pas.

La réaction extrême et cynique de la réalisatrice me pousse quant à elle, à bouder purement et simplement ses futures réalisations.

Par contre une question me turlupine : en la présence de l’équipe du film lors d’une avant-première, l’exercice consiste simplement en une caresse dans le sens du poil en fin de projection ou bien?… Juste histoire de savoir si la prochaine fois, on doit me bâillonner ?

Satisfaction : 0 / 10

PS : Soulignons aussi la grande inspiration côté Titre du film et scénario puisque le premier ressemble étrangement à une comédie américaine sortie en 2OO4 ( MOI TOI ET TOUS LES AUTRES ) et le second emprunterait la fin d’un film franco-belge sorti l’année dernière au cinéma ( ILLEGAL ).

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Tu aimes ? Fais-en profiter les copains !
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