bébéA mes yeux, il existe deux catégories de productions cinématographiques : celles dont on entend à peine parler lors de leur sortie en salle alors qu’elles mériteraient une bien large diffusion tant elles sont réussies, et d’autres qui profitent d’un budget colossal et d’une flopée d’acteurs hype alors que le scénario et la réalisation les classent souvent dans la caste VIP des grosses daubes.

BEBES se classe indéniablement dans la première catégorie : Momon avait par hasard découvert la bande-annonce à la téloche, me tannant le soir-même pour ne pas louper ce film-documentaire prévu pour le 16 juin 2010. Celle-ci ayant rarement de tels coups de coeur, je me suis empressée de découvrir la bande-annonce sur Allociné. Et c’est sans l’ombre d’un doute que j’ai assuré à Momon qu’on irait le voir ce weekend.

Et non seulement j’ai surkiffé ces 90 minutes de douceur dans un monde de brutes, mais je peux maintenant me la péter en affirmant que moi aussi, un jour, je suis allée voir un docu au ciné. La classe.
Jason Bourne peut aller se rhabiller. Il faut oublier de suite les scénarios compliqués au possible mais plutôt se remémorer les jolies surprises qu’on été NEW YORK I LOVE YOU ou encore LOVE ACTUALLY, films pour lesquels plusieurs histoires ordinaires se mêlent pour former un tout succulent, plein d’amour et de beaux sentiments gnangnan.
Dans le cas de BEBES, c’est encore plus simple : pas de scénario et pas d’acteurs connus comme dans tout film-docu . Le film propose de manière jolie et pudique de nous faire découvrir la vie de quatre bébés nés dans quatre coins du Monde différentsDe leur naissance à leurs premiers pas hésitants , on assiste à l’évolution surprenante des capacités de ces petits bouts de chou,évolution et éveil conditionnés par leur éducation et leur environnement.
Car évidemment, on n’est pas entouré des mêmes objets, des mêmes animaux, des mêmes habitats selon qu’on naisse en Afrique, en Mongolie, au Japon ou aux Etats-Unis. Néanmoins, les bébés suivent invariablement le même fil conducteur : de la découverte ébahie à l’observation attentive, des premiers gazouillis au premier sprint à quatre pattes, tous vont connaître plus ou moins les mêmes évènements liés à l’évolution mais pas forcément à la même vitesse et certainement pas dans les mêmes conditions.

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Et croyez-moi, que l’on prévoit d’enfanter prochainement ou nonqu’on soit grand-père ou vieille fille solitaireon reste littéralement scotché pendant l’heure et demie de bobine avec un profond sentiment d’humilité devant ces petits bouts qui ne connaissent rien à la Vie mais pourtant en les observant de très très près, ils ont tout des grands… D’ailleurs, l’affiche est à l’image des touts-petits : magnifiquement colorée.

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Comme vous l’aurez compris, dans BEBES nous n’avons pas affaire à des acteurs mais à des personnes.

C’est un vrai documentaire qui prend en toile de fond la Vie, la vraie et ce, sur une idée originale d’ Alain Chabat, producteur de cette petite perle cinématographique.
Le film commence sur les accouchements assez différents de quatre mamans et nous découvrons en même temps qu’elles, ébahis et attendris les bouilles de leurs progénitures :

  • PONIJAO ( Namibie ), trop mignonne et hyper drôle lorsqu’elle découvre que, non nono, elle n’ a pas une zigounette comme ses frangins
  • BAYARJARGAL ( Mongolie ) absolument hilarant lorsqu’il découvre toutes les bestioles qui l’entourent.
  • MARI ( Japon ) , la charmante poupée brune kawaï qui pique des colères énormes ^^
  • HATTIE ( USA ), celle dont je fus étonnée d’apprendre en toute fin de projection qu’il s’agissait d’une fille a un regard hyper expressif et une bouille absolument à croquer

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C’est sans aucune fioriture ni aucun plan inutile que le réalisateur Thomas Balmes offre au spectateur lambda un véritable spectacle, un ballet de sentiments capable de remuer la plus rigide des pouffes.
Assurément on sent que celui-ci se plaît à faire vibrer la corde sensible en se contentant de filmer la réalité brute, épiant de loin les bouilles innocentes de ces chères têtes blondes même quand elle font des conneries sous l’oeil statique mais attentif de la caméra.

Les images sont léchées. Sublimes mêmes. Les paysages aussi différents soient-ils, du fourmillement de la capitale japonaise au doux soleil africain éclairant la brousse, en passant par les montagnes mongoles caressées par les vents ou la plage baignée de lumière jouxtant le Golden Gate Bridge de San Francisco, sont tous d’une simplicité et d’une beauté renversante….
Comme ils sont magiques ces plans d’un bébé dans les bras de sa mère, ébahi devant la vitesse à laquelle défilent les buildings qui se profilent à l’horizon, du haut de leur ascenseur de verre !
Comme c’est étonnant ce berceau perché au-dessus des lumières de la Ville ! Comme c’est diablement attendrissant cette maman africaine qui guide ses enfants vers ses seins ( légèrement pendouillants, le seul truc qui m’ait bien fait flipper ) ( euh le tire-lait aussi en fait ^^ ).
Comme c’est rigolo de voir de ses propres yeux que la jalousie au sein d’une même fratrie est une notion universelle !
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Force est de constater qu’avec BEBESj’ai viré tous les a-priori de pré-trentenaire que je couvais .
On n’assiste pas à quatre-vingt dix minutes de braillements incessants qui perçent les tympans.
On ne fait pas de gros plans sur un filet de bave qui coule.
On se contente de filmer ces petites créatures telles qu’elles sont à savoir drôles, émouvantes et attendrissantes.
Comme quatre films de famille imbriqués les uns dans les autreson switche d’un bébé à un autred’un pays à un autred’une éducation à une autre sans que la compréhension globale du documentaire en pâtisse.
C’est ainsi que nous observons les âneries que commettent les uns, pendant que d’autres découvrent leurs kikis. On sourit puis on rit tour à tour, sans jamais se lasser de voir ces petits êtres se mouvoir ( ou TENTER de se mouvoir ) en comprenant que quelque soit l’éducation donnée à ces êtres chers, ils finissent tous par intégrer les mêmes notions.
Les pédopsychiatres doivent sans doute applaudir ce documentaire fort de symboles : on peut être effaré devant la liberté accordée à des enfants africains ou mongoles qui parfois risquent certainement des intoxications alimentaires, mais on peut tout aussi bien être effrayé par l’individualisme dans lequel se trouvent plongés dès leur naissance les bébés nippons ou américains. J’ai d’ailleurs ressenti devant ces images poignantes toute la force de mes cours de philosophie relou de lycée : un enfant est à l’image de l’éducation qu’on lui donne et de l’environnement dans lequel il vit .
Ainsi on ressent une très forte solidarité, un esprit de cohésion absolument sans pareil dans les fratries qui n’ont que très peu de moyens matériels car souvent ce sont les enfants qui s’éduquent entre eux. Tandis qu’à l’inverse, on ressent que les enfants qui grandissent dans des pays développés sont beaucoup moins indépendants car trop couvés par leurs parents . Du coup, ils développent leurs caractères capricieux plus vite ^^

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Et évidemment au-delà de la différence culturelle, le clivage économique saute aux yeux : la Maman namibienne a confessé n’avoir jamais entendu parler de tire-lait, accessoire utilisé par la Maman californienne, tandis que cette dernière était effarée par les conditions d’hygiène sommaires offertes aux enfants africains…Un moyen de redécouvrir aussi que l’amour maternel parle toutes les langues, quelles que soient ses conditions de vie…
Sans jamais pointer du doigt et sans jugersimplement en observant ces quatre petits Êtres à l’aube de leur vie , Thomas Balmes nous régale de ce qui serait injustement taxé de «ciné-réalité».

C’est sain et pas voyeur pour un souça ne dégueule pas de beaux sentiments , c’est la réalité toute nue . Une réalité qui donne même envie à la pouffette que je suis d’accueillir un jour moi aussi une petite tête blonde, c’est dire si ce film est renversant.

Pour finir, sachez que s’agissant d’un documentaireil n’y a AUCUN dialogue . On entend juste les gens susurrer des mots dans leurs langues maternelles respectives donc on n’entrave absolument rien, mais ce n’est pas le but. L’objectif c’est vraiment d’observer les lardons en restant à leur niveau et c’est tout bonnement réussi.

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Bon, cette conclusion, t’accouches ?!

Un film-documentaire naturelintimiste , touchant , attendrissant , drôle… Les adjectifs me manquent tant ces BEBES m’ont émue de la plus jolie et inattendue des manières ! 
Un documentaire qui se contente de filmer les éducations reçues par nos bambins aujourd’hui dans différents coins de la Planète sans émettre la moindre opinionc’est juste un exemple d’impartialité et de justesseEt surtout un film bourré d’ Amourun sentiment universel.

Sachez enfin que je déteste me rendre au cinoche quand la salle est bondée de marmots hurlants ( comme ce fut le cas pour l’ AGE DE GLACE 3 ) et que malgré la concentration de gosses , d’hommes et de grands-mères , je n’ai de mémoire jamais vu de public plus absorbé par son visionnageplus silencieux et surtout très réceptif aux émotions véhiculées par ces quatre petits bouts d’HommeLe sourire était d’ailleurs sur toutes les lèvres dès la fin du générique – qu’il faut absolument regarder pour découvrir des scènes coupées !

En bref une vraie petite perle cinématographique.

Satisfaction : 10 / 10

Je dédicace tout ce billet à ma Momon chérie qui aurait rêvé d’être grand-mère

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A mes yeux, il existe deux catégories de productions cinématographiques : celles dont on entend à peine parler lors de leur sortie en salle alors qu’elles mériteraient une bien large diffusion tant elles sont réussies, et d’autres qui profitent d’un budget colossal et d’une flopée d’acteurs hype alors que...
Tu aimes ? Fais-en profiter les copains !
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