estherSi certains d’entre nous apprécient particulièrement les effusions de sang au cinéma, les haches qui hachent, les filles qui hurlent façon fillette et les tronçonneuses qui tronçonnent, moi je n’ai jamais été attirée par ce type de films.
Je fais parti de ce qu’on appelle les impressionnablesles trouillardes ou plus simplement les lopettes.

Et ceci pour une bonne raison : j’ai vite compris à mes battements cardiaques quand j’étais jeune qu’une bonne projection du SILENCE DES AGNEAUX ou de L’ EXORCISTE suffisaient à me coller  des cauchemars pour la décennie suivante.
Le seul film «récent» qui m’ait collé les miquettes, c’est REQUIEM FOR A DREAM , c’est dire.
J’aime quand les histoires paraissent réelles et prennent aux tripes, les miennes de tripes et pas celles des personnages.
J’aime avoir une petite dose d’adrénaline qui vient me piquer la vessie dans les moments les plus flippants.
Bref, je surkiffe les thrillers psychologiques.
Par contre, le gore et l’horreur, je dis stop.
Quand j’ai découvert la bande-annonce d’ ESTHER sorti au cinéma le 30 décembre 2009, j’ai songé que pour une fois OUI j’allais oser voir sur grand écran un film qui fout les jetons.
Aucun giclement sanguinolant à déplorer dans la minute 42 de présentation ( qui en révèle trop selon moi ) j’ai donc argumenté 7 jours auprès de ma génitrice pour qu’on se déplace en salles obscures, à base de «Non, y a pas de sang», «Non, tu vas pas faire une attaque», « Par précaution, tu videras ta vessie avant..».
J’ étais également très excitée de découvrir un film dont le psychopathe porte le même prénom que mon ancienne chef ^o^

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Si j’ai pris la peine de me payer une place de ciné, ce n’est certainement pas pour le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra puisque rares sont les personnes à le connaître sauf ceux ayant visionné sa daubesque MAISON DE CIRE où apparaissait Paris Hilton. C’est dire si le film était bon.

Collet-Serra signe ici une réalisation simple mais efficace : des plans fixes et une bande-son inquiétante confirment qu’on est bien devant un thriller angoissant. Une musique qui fait flipper sur l’image d’une ombre mouvante et hop, c’est toute une salle de cinéphiles qui sursaute ( alors qu’il a quedalle évidemment ).

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Et à ma très bonne surprise, cette réalisation sans chichis basée sur une histoire bête comme chou qui reprend sans complexe des clichés du genre ( une maison isolée, les bois, action finale nocturne etc.. ) est diablement prenante.
On ne voit absolument pas défiler les 123 minutes qui nous séparent de la reprise de souffle tant l’angoisse est constante pour monter crescendo dans la dernière demi-heure.

L’histoire tient quasiment dans la bande-annonce : un couple typique ( même si ils possèdent une maison d’une grandeur pas typique du tout ) souffre de la disparition prématurée de leur dernière-née. Avec leurs deux enfants, ils décident d’agrandir la famille en adoptant un nouveau bambin. Et c’est dans une maison pour jeunes filles qu’ils se lient avec Esther, petite brunette sapée comme Mary Ingalls qui semble trouver dans l’Art un refuge pour s’exprimer. Elle ne joue pas trop avec les autres certes, elle est déjà grande pour une enfant adoptée d’accord, mais le couple de parents la trouvent attachante et mature : c’est décidé, elle fait parti de la famille.Ils ramènent donc l’angélique Esther à la maisonet c’est là que le bordel commence.

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Ma résolution numéro 1 m’interdisant de spoiler, je n’en dirais pas plus pour vous inviter à découvrir par vous-même ce que va faire endurer la gamine au foyer. Et surtout comment ce beau monde va s’en dépatouiller.Mais je pense ne pas trop en dire en conseillant d’ aller voir ce film interdit aux moins de 12 ans entre potes ou avec votre chéri pour partager vos grosses trouilles. Parce qu’il y en aura forcément. Mes voisins de derrière m’ont généreusement labouré le dos à chaque sursaut et j’étais contente de ne pas être assise à côté de Maman, que je devinais complètement mortifiée.

Cet état de stress permanenton le doit clairement aux acteurs qui incarnent à merveille leurs personnages torturés psychologiquement :

  • Vera Farmiga, vue dans LES INFILTRES en 2006 en mère rongée par la culpabilité est sublime ( pétasse! ) ;
  • Isabelle Fuhrman en Esther machiavélique et manipulatrice vous fera regarder les gamines à couettes d’un autre oeil tant son jeu est juste et sa bouille indéfinissable ( son premier film mais je pense que ça ne sera pas le dernier ) ;
  • Peter Sarsgaad ( vu dans JARHEAD entre autres ) en papa aimant vous confirmera que les mecs sont tous des nuls ;
  • Quant aux deux mômes, ils sont remarquables. J’en retiens surtout la toute petite Aryana Engineer, sourde et muette dans la vie et donc dans le film, une vraie gueule d’ange qui m’a convaincue de faire un jour des lardons ( c’est dire si elle est choupinette ).

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Les seconds rôles sont tout aussi importants pour l’histoire, et tous crédibles dans leur jeu. Un véritable exploit dans cette catégorie de films !

Je ne suis pas une aficionados du genre mais si j’ai réussi à le regarder sans détourner les yeux une seconde, ça prouve certainement qu’ ESTHER est un thriller psychologique et angoissant mais pas un film d’horreur.
Si vous cherchez le frisson, les palpitations et le pipi dans la culotte, alors ruez-vous en salles obscures découvrir cette histoire haletante et macabre servie par un casting sans faille. Les explications des troubles de la gamine ne rassurent pas le moins du monde le spectateur en haleine, sonné par une fin abrupte ( pas de « 10 ans après » et gnagnagna ).

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Pour conclure et malgré certains moments «durs» quand les enfants sont en jeu, j’ai tout de suite pensé que je n’aurais pas trop besoin de dépenser de salive pour le faire visionner à Musclor en DVD ( puisque Maman n’est plus parmi nous.. ) et j’avais raison : il a adoré lui aussi !

Satisfaction : 9,5 / 10

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Si certains d’entre nous apprécient particulièrement les effusions de sang au cinéma, les haches qui hachent, les filles qui hurlent façon fillette et les tronçonneuses qui tronçonnent, moi je n’ai jamais été attirée par ce type de films. Je fais parti de ce qu’on appelle les impressionnables, les trouillardes ou plus...
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