Ecrire une bonne critique d’un film de Tarantino, c’est un peu comme demander à Madonna de chanter a-capella. Ou demander à Michael Jackson de revenir car la plaisanterie a assez duré.
C’est pas possible.

Néanmoins, devant la petite bombe cinématographique que je me suis prise en pleine face, je ne pouvais pas rester muette du clavier. Il faut que je vous donne envie de voir DJANGO UNCHAINED dès qu’il sortira en DVD ( oui parce qu’il a disparu des cinoches )
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Alors si tu t’attends à retrouver toute la filmographie du réalisateur de génie ( oui oui, il est officiellement dans le classement des 100 génies du siècle ) tu peux immédiatement cliquer sur la charmante croix en haut de cette page pour la fermer ( la page, pas ta bouche ). Je ne la donnerais pas, la biographie. Et pour cause : je n’ai vu que le génialissime et cultissime Pulp Fiction que je connais presque par coeur et qui offre sans doute les plus belles répliques du Cinéma , et les deux volets de Kill Bill . Non, je n’ai pas encore vu Inglorious Basterds ni Reservoir Dogs et mon DVD de Boulevard de la Mort attend sagement d’être visionné. Mais si tu veux une chouette et courte biographie, je te donne rendez-vous sur Wikipédia .

Si je suis allée voir DJANGO UNCHAINED au cinéma, c’est parce que Musclor tenait à tout prix à le voir.
Moi, quand il m’a dit le titre, j’ai dit « Dumbo quoi? »  ( Oui je suis trop formatée Disney comme gonzesse )
Puis je suis allée voir l’affiche du film sur Allociné et j’ai vu des hommes en noir et blanc et des flingues.
Mouais.
Mais quand Musclor m’a dit « Tarantino » , ça a été le mot magique ( un peu comme quand le tigre des sables ouvre sa gueule devant Aladdin ). On a foncé au cinoche.

Django unchained

 

Je trouverais obscène de vous filer un synopsis de trente lignes de long tant ce film mérite qu’on le découvre par soi-même. Mais je vais toutefois faire un effort car toute oeuvre doit faire l’objet d’un petit résumé, aussi ridicule soit-il en terme de nombres de mots :

Quelque part au Texas.

Deux ans avant la Guerre de Sécession.
Alors que 5 esclaves viennent d’être achetés à Greenville par deux négriers , un homme se prétendant dentiste arrête le convoi et propose à Django , l’un des esclaves noirs , de le suivre car seul lui pourra reconnaître les 3 hommes qu’il recherche…

 

Pour ne pas péter le suspense et car je n’ai surtout pas envie de vous révéler la véritable identité du dentiste incarné par le sublime Christoph Waltz, je m’arrête donc là dans le résumé, vous n’avez pas besoin d’en savoir plus pour savourer ce film comme il se doit.

Avant de dégueuler d’éloges au sujet de ce petit bijou, je tenais à souligner la performance incroyable des acteurs de ce film :

  • Jamie FOXX est Django : tour à tour implacable, sensible et torturé, l’acteur est pour moi une véritable révélation dans ce film tant son jeu sonne juste. Il faut dire que la dernière fois que je l’avais vu à l’écran, c’était dans HORRIBLE BOSSES et son rôle était beaucoup plus comique.
  • Christoph WALTZ est le Docteur King Schultz , le dentiste qui a arrêté sa profession 5 ans auparavant pour s’adonner à une autre activité lucrative et qui fait voir du pays… C’est certainement le personnage le plus marquant du film tant son dandysme mêlé à un professionnalisme hors pair le rendent drôle et attachant. Je ne connaissais pas cet acteur mais après ce rôle, je peux vous dire que je me souviendrais de son nom !
  • Leonardo DI CAPRIO est Calvin Candie , un riche négrier un peu barré assoiffé de violence mais au sens des affaires redoutable ( et aiguisé ). L’acteur est vraiment transformé et transcendé dans ce film. On sent qu’il a dû prendre un pied monstre à jouer un personnage pareil. Complètement à contre-emploi avec sa belle gueule, il signe ici une performance vraiment remarquable tant il est méconnaissable dans ce rôle.
  • Samuel L.JACKSON est Stephen , le « chef des esclaves » ou plutôt « escalve en chef » chez Calvin Candie qui se soumet complètement à son maître. Celui-ci lui fait d’ailleurs une confiance aveugle que jamais Stephen ne trahira malgré son statut d’esclave. Même s’il a le don de m’avoir transmis beaucoup d’inquiétude ( mais pas autant que son maître ) , je l’ai trouvé un poil en-dessous des autres acteurs, j’ignore toujours pourquoi. Même s’il fiche la frousse et qu’il a une sale tronche.
  • Kerry WASHINGTON est Broomhilda, la femme de Django et esclave de par sa couleur de peau. En femme apeurée et blessée, elle est parfaite même si son rôle est plus discret et moins « moteur » de l’action que ses collègues masculins.

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J’ai vraiment été bluffée par l’incarnation de ces personnages hauts en couleur ( ceci est une boutade ) à l’écran. Au tout début du film, j’ai susurré à l’oreille de Musclor que dans le rôle du dentiste, j’aurais bien vu Robert De Niro. Comme j’avais tort ! J’ignorais à ce moment-là que ce personnage était vraiment la clé de voûte de cette histoire et que sans lui, sans ce Christoph Waltz distingué et légèrement décalé, l’histoire n’aurait plus du tout eu la même saveur.

 

DJANGO1

 

Ce qui me permet d’enchaîner élégamment sur le scénario. D’aucun le diront peut-être un peu pauvre, moi je le trouve à l’image de Tarantino : L’intrigue est simple, les « actes » s’enchaînent et s’imbriquent comme une pièce de théâtre rythmée. Et le réalisateur de génie parvient à mêler Histoire, Western et comédie . Sachez que ce film dénonce avant tout l’esclavagisme et la traite des Noirs , à une période que les Etats-Unis préfèreraient certainement oublier. Mais il ne dénonce pas comme pourrait grossièrement le faire 90% des scénaristes en ce bas-monde. Non. C’est beaucoup plus musclé ( et plus rusé ) que ça.

Si j’avais toutefois un seul petit reproche à faire au film, c’est que toute la première partie est très rythmée et marquée par un humour cinglant, cynique et noir ( je m’aime ! ) alors qu’en milieu de film, j’ai esquissé quelques clignements de paupières annonciateurs de sieste. Car le film est long : deux heures et cinquante minutes qu’on ne voit quasiment pas passer, sauf pendant cet « entre-deux actes » qui m’a un peu anesthésiée du bulbe.
Heureusement l’action repart et aboutit sur un acte final très….sanguinolant.

Car oui, chez Tarantino, on se démarque d’une part avec un humour pince-sans-rire bien particulier mais aussi par des scènes violentes où les poches d’hémoglobine pètent à tout-va. Moi qui ne suis pas friande de ce genre de choses d’habitude, j’ai pris un immense pied avec DJANGO UNCHAINED : je ne saurais dire si c’est l’esthétisme de l’ensemble , la poésie mêlée à la violence , le sang mêlé à la sueur, mais c’est foutrement beau . On sait que c’est du cinéma, mais c’est du cinéma de haute-voltige.

Soulignons au passage le brio avec lequel Tarantino parvient à insuffler un humour génialement décalé dans une scène qui restera certainement dans les annales : l’apparition d’un groupe d’hommes à cheval venu chasser un Noir, qui portent des sacs blancs à trou sur la tête. Vous trouvez cela de mauvais goût, de rire d’une telle chose? Alors regardez cette scène dans son contexte et on en reparle ^-^

 

DJANGO9
De l’action, des dialogues truculents qui ne durent pas des plombes mais sont absolument jouissifs, des rebondissements à la chaîne et des personnages vraiment au sommet de leur Art. Si en plus de tout ceci on ajoute des paysages magnifiques, des ambiances absolument magiques ( même si parfois inquiétantes ) bien retransmises à l’écran , un petit clin d’oeil avec une scène comportant un miroir ( les fans sauront de quoi je parle ), l’apparition dans un rôle « long » de Tarantino lui-même , et une photographie exceptionnelle, ça donne ce petit chef d’oeuvre.

Et bien sûr n’oublions pas la bande-son . La musique a toujours été un personnage des histoires de Tarantino et dans DJANGO UNCHAINED, il ne déroge pas à la règle. J’ai vraiment adoré les thèmes et trouvé qu’ils collaient parfaitement aux scènes. J’ai même encore les airs en mémoire, signe que vraiment, cette BO vaut le coup d’oreille. Soulignons qu’évidemment, un bon film aux accents westerniens se devait de laisser une place de choix à Ennio Morricone , et c’est évidemment chose faite !

DJANGO1

 

Vous aimez les films de Quentin Tarantino ? Alors foncez découvrir DJANGO UNCHAINED !
Vous ne connaissez pas encore ses réalisations? Alors foncez découvrir DJANGO UNCHAINED !
Vous l’aurez compris : je  veux pas que vous découvriiez ces 170 minutes de génie dès qu’elles apparaîtront en DVD . Comme j’aurais adoré voir Pulp Fiction sur grand écran mais que ça m’était impossible ( faut dire que j’avais 9 ans hein ) je me devais d’aller découvrir cette nouvelle réalisation mêlant poésie et esthétisme, sang et torture, folie douce et dure réalité ( la Traite des Noirs ) .

J’ai trouvé cette oeuvre d’une beauté incroyable et même si l’interdiction au moins de 12 ans est parfaitement justifiée , je ne peux que vous enjoindre à aller admirer ce futur film culte américain tant les performances des acteurs sont remarquables et tant la photographie et la réalisation sont soignées . Même si on peut déplorer certaines longueurs en milieu de film, assurément vous ne pourrez pas vous endormir tant vous ne voudrez pas en perdre une seule miette !

 

Projetez-vous de le voir ? Si c’est déjà fait, qu’en avez-vous pensé ?

http://lalutotale.com/wp-content/uploads/2013/03/django4.jpghttp://lalutotale.com/wp-content/uploads/2013/03/django4-150x150.jpgLalutotaleCinéchristoph waltz,cinéma,critique,django,tarantino,unchained
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